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N° 296 Janvier 2021

Un culte qui fait corps avec toute la vie

Par Jean-Pierre Besse

« Offrez vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ce qui sera de votre part un culte conforme à la Parole  » (Romains 12.1).

« Quoi que vous fassiez en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant grâce par lui à Dieu le Père » (Colossiens 3.17, réalisé en Actes 2.41-47) !


Un culte vers la plénitude


Après la résurrection de Jésus et sur sa recommandation, environ 120 de ses disciples se rassemblent en un même lieu pour la Pentecôte ; voilà 10 jours qu’ils sont en prière (Actes 1.8, 13-15). Cette première communauté messianique reçoit à ce moment-là les prémisses de son plein héritage futur : chaque participant est immergé dans le Saint-Esprit et rendu capable d’exprimer les merveilles de Dieu en toutes langues (Actes 2). La communauté est dès lors remplie de louanges, de révélations et de puissance pour le témoignage et la proclamation du monde nouveau  ! Le premier culte selon l’Esprit est né !

Quelques caractères essentiels (en plus des 4 persévérances d’Actes 2.42 déjà traitées).


1)  Orienté vers un seul but, le Règne de Dieu

Lors de ces étapes décisives, Jésus et ses apprentis vivaient un culte agréable à Dieu (Hébreux 12.28), tout entier dirigé vers l’espérance de voir le Royaume des cieux se manifester sur la terre par l’avènement du Seigneur qui ressuscite les morts (1 Thessaloniciens 4.13) ! Dans l’Apocalypse, les visions finales de la nouvelle Jérusalem laissent entrevoir d’immenses assemblées de ressuscités de toutes races et de toutes langues adorant et glorifiant Dieu le Père et l’Agneau de Dieu (Apocalypse chap. 7, 19 et 21).


2.  Christ, le centre, permet que toute vie devienne culte

Dans la vie nouvelle, on peut dire que tout devient « culte », selon l’extraordinaire parole de Paul citée en tête : « Quoi que vous fassiez… faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant grâce… ». Donc tout est centré sur l’Homme qui est l’incarnation même de Dieu, source de tout bien et de toute vie. La séparation entre le sacré et le profane disparaît puisque Dieu règne sur tout, selon la parole du prophète Zacharie (Zacharie 14.20-21). Tout est rendu saint sous la couverture du Christ. Voilà le fondement du culte chrétien !

3) Une famille universelle

Des familles et des personnes seules vivent comme dans une immense « Famille », où l’on célèbre le Père qui est saint, amour, puissance et sagesse ; on y vit comme des frères et sœurs qui s’entendent bien, membres de Christ et membres les uns des autres, où l’on peut tout se dire dans l’amour et le partage ! (Actes 2.44-46 ; 4.32 ; 1 Corinthiens 12.27 ; Éphésiens 4.25)

4. La créativité est libérée tout en étant ordonnée

La liberté est toujours un risque (Galates 5.13). Un des rares versets qui nous parle de la communauté réunie pour célébrer le Seigneur se trouve en 1 Corinthiens 14, en particulier le verset 26. Et que voit-on ? La diversité des dons et fonctions : « Chacun a-t-il un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour la construction d’ensemble », construction ordonnée par l’Esprit Saint qui vit dans les croyants (la liste est loin d’être épuisée !)

Exemple d’un modèle pratiqué dans la durée !

Ce à quoi l’on ne pense presque jamais quand on évoque un culte qui fait corps avec la vie, c’est la communauté vécue par Jésus et ses disciples pendant trois ans sur le lac et les routes de Galilée et en Judée, dans des synagogues et dans la cour du Temple..! S’agissait-il vraiment d’un culte ? Je le crois. Par la présence de Jésus, il était « en Esprit et en Vérité », et même « en action et en Vérité » (1 Jean 3.18) !
Il y a dans cette formation reçue par les Douze des éléments qui sont transposables dans une vie d’église. Il suffit de comprendre que les échanges de vive voix entre les disciples et le Messie étaient ce que nous appelons « la prière ». Nous comprenons aussi que la présence physique de Jésus dans sa première venue est maintenant devenue sa « présence en esprit » dans nos cœurs. Jésus a dit que ce nouveau mode de présence nous serait « avantageux » parce que non limité dans l’espace ni dans le temps (Jean 16.7-8).
Ainsi tout comme les Douze, nous expérimentons la joie d’être avec le Maître, à l’écoute de sa voix dans nos consciences, en prise directe avec nos réalités ; nous apprenons à gérer les conflits comme Jésus l’a fait. Avec lui et ses apôtres nous partageons les souffrances et l’opposition du monde aujourd’hui comme alors, nous recevons la sagesse pour répondre aux questions-pièges ; comme les Douze, nous vivons aussi parfois des expéditions missionnaires à court terme avec mise en pratique des dons, de l’humilité et de l’audace... Lisez Esaie 58.6-12 : « voici le jeûne auquel je prends plaisir… » et remplacez le « jeûne » par le mot « culte » – transposition tout à fait légitime – et le culte devient très pratique et concret !


5.  Un culte en mouvement !

Tout cela est à la fois un culte et une formation de disciples. Un tel « culte » comprend une certaine « mobilité » du dedans vers le dehors. Par exemple l’intercession pour des peuples lointains ; de petites équipes parcourant, en priant, les lieux publics ; des visiteurs dans les quartiers de la localité porteurs de la bonne Nouvelle dans les maisons. Nous avons là un « culte mobile » ! J’ai connu l’expérience d’un bus avec une équipe qu’on pouvait déplacer d’un quartier à l’autre de la ville pour atteindre différents milieux avec l’Évangile, avec l’offre de la prière de guérison aux malades ou encore avec la louange musicale sur des places publiques. Avec de tels petits groupes mobiles, même dans une arrière-salle de bistrot ou dans des banlieues de misère, « là où deux ou trois sont unis en mon Nom, Je suis au milieu d’eux » ! Donc le culte est là parce que le Souffle du Fils de Dieu s’y manifeste !
Dans les temps de dures confrontations qui arrivent sur le monde, le culte ne peut plus être une routine sans surprise et à huis clos, mais il peut devenir une source jaillissante de vie divine avec des percées dans les rues !


Questions

  • Les prédications et les chants des églises que vous connaissez sont-ils orientés régulièrement vers l’espérance communautaire de la venue du Royaume de Dieu sur la terre ?

  • Voyez-vous des initiatives à prendre personnellement et en famille pour qu’il y ait toujours plus de ponts
    entre la vie pratique de la semaine et la sacralité des cultes du dimanche ?


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