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N° 297 Avril 2021

La puissance de la lumière

Par Philippe Fonjallaz

Tout au long de la Bible, le contraste entre ténèbres et lumière est abordé. 
La lumière est identifiée à Dieu lui-même :
« Dieu est lumière et il n’y a aucune trace de ténèbres en lui » (1 Jean 1.5).
La Bonne Nouvelle de Jésus Christ est la manifestation d’une lumière qui transforme la vie des êtres humains. Dans le livre d’Esaïe, au chapitre 9, la venue de Jésus est annoncée en des termes très forts :
« Le peuple qui marchait dans les ténèbres verra briller une grande lumière : elle resplendira sur ceux qui habitaient le pays dominé par d’épaisses ténèbres. »

Le symbole de la lumière est enfin utilisé pour exprimer comment les croyants doivent être témoins dans le monde :
« Vous êtes la lumière du monde. Une ville au sommet d’une colline n’échappe pas aux regards. Il en est de même d’une lampe : si on l’allume, ce n’est pas pour la mettre sous une mesure à grains : au contraire, on la fixe sur un pied de lampe pour qu’elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. C’est ainsi que votre lumière doit briller devant tous les hommes, pour qu’ils voient le bien que vous faites et qu’ils en attribuent la gloire à votre Père céleste. » Matthieu 5.14-16.
Les chrétiens persécutés se trouvent au cœur du combat entre ténèbres et lumière. Ils sont au front, là où les ténèbres essayent d’éteindre la lumière de l’Évangile. 
Ce choc entre lumière et ténèbres est annoncé par Jésus lui-même, comme une évidence. Les croyants, par le fait même de leur foi en Christ, seront confrontés à la persécution (Jean 15.18-21).
Il ne s’agit pas d’un combat entre des êtres humains, mais d’une bataille entre Dieu et l’emprise de Satan sur ce monde. La lumière de l’Évangile met en relief l’œuvre des ténèbres. Il en résulte une résistance farouche contre les chrétiens dans une grande partie du monde, car ils représentent cette lumière.
Dans l’épître aux Éphésiens (5.8-14), Paul appelle les croyants à se distinguer par un comportement intègre. Ce témoignage ne manque pas d'attirer l'attention. Le monde est alors confronté à un choix : accepter ou rejeter la Bonne Nouvelle. C’est un sujet de bénédiction pour ceux qui acceptent Jésus dans leur vie, mais cela engendre la colère chez ceux qui le rejettent, d’où la persécution envers les croyants. 
Pourquoi les chrétiens ne se taisent-ils pas et n’arrêtent-ils pas de témoigner autour d’eux pour éviter la persécution ? C’est parce qu’ils ont découvert un tel trésor qu’ils ne peuvent pas le cacher. Une lumière qui ne peut se cacher « sous un seau ».
C’est lorsque les ténèbres sont les plus profondes que la lumière de la bougie resplendit le plus vivement. 

Des exemples de rayonnement
J’aimerais vous laisser deux témoignages qui montrent comment des chrétiens tiennent bon au cœur des ténèbres de la persécution, grâce à la lumière du Christ dans leur vie.
Le premier est celui de Mojtaba, chrétien iranien emprisonné plusieurs années à cause de sa foi : 
« J’ai grandi dans une maison remplie de violence. C’était surtout mon frère drogué qui dictait l’ambiance. Quand il a trouvé Jésus, tout a changé. C’est aussi par lui que je suis venu à Christ. C’était comme si une lumière avait été allumée dans notre maison.
Il en était de même dans mon cœur. Il y faisait noir, mais Jésus l’a rempli de paix. Jésus est né dans mon cœur. C’est mon Noël personnel. J’ai commencé à fréquenter une église de maison. À Noël, j’ai toujours célébré la venue de Jésus dans mon cœur. Pour nous, c’était une fête intérieure qui nous remplissait de joie. »
 
En Iran, Noël ne peut se fêter ouvertement. « Nous décorions un peu la pièce, mais pas dans le style de Noël. En cas de descente de police – chose très fréquente dans cette période de l’année – nous pouvions toujours dire que nous fêtions un anniversaire.
 
« Notre église a grandi et j’en suis devenu un responsable. Un jour, la police a fait irruption. Les autres responsables et moi avons été emmenés en prison. J’y suis resté trois ans et j’y ai passé trois Noëls. Comme j’avais toujours célébré Noël intérieurement, je pouvais le faire aussi en prison. J’ai senti la joie de la libération dans mon cœur. 
Ce sentiment était en total contraste avec ma situation. Nous étions entassés dans une cellule avec des hommes qui avaient commis des crimes terribles. Il y avait souvent des interrogatoires et l’incertitude sur ce qui allait nous arriver. En prison plus qu’ailleurs, j’ai appris que ce contraste fait partie de notre foi. Cela ne fait que nous rapprocher de notre Seigneur Jésus. »

Le deuxième témoignage est celui de Hee-Yol*. Elle a fui la Corée du Nord à cause de la Grande Famine des années 90. Elle a entendu parler de Jésus en Chine, mais après avoir été arrêtée, elle a été renvoyée en Corée du Nord et condamnée à quatre ans de prison.

« Je suis entrée dans la cellule de la prison et j'ai crié de toutes mes forces contre Dieu en lui faisant des reproches. Puis je lui ai dit : « Sauve-moi de cette situation ». Lors d’un moment où nous pouvions faire des exercices, j'ai commencé à danser en adorant : 
« Il n'y a pas de condamnation pour moi en Jésus. L'Esprit de vie m'a libéré. »
Je ne pouvais pas réellement chanter. Alors j'ai juste fait les mouvements. Des prisonniers m'ont demandé : « Que fais-tu ? » J'ai répondu que j'avais appris des mouvements de yoga en Chine. Les prisonniers les trouvaient étranges.
Ces chants que j'avais appris en Chine m'ont encouragée. Je les chantais dans ma tête. C’est seulement cela qui m’a permis de m’accrocher à Dieu.
La vie dans la prison était très difficile. Les prisonniers étaient entassés à 9 dans une petite cellule et la nourriture à peine adaptée pour des animaux. La faim était permanente. »
Un jour, Hee-Yol était malade et on lui a permis de rester dans sa cellule. Une autre femme, Lydia, était là, tremblant sous une couverture. Hee-Yol a compris qu'elle priait en langues.
« J'ai approché sœur Lydia. Je lui ai tenu les mains et lui ai murmuré : « Au nom de Jésus, nous prions, Amen ». Elle a sursauté et m'a regardé dans les yeux. Ses yeux étaient écarquillés, comme pour dire : « Comment sais-tu que je suis croyante ? » Nous nous sommes tenues par la main et avons récité ensemble la prière du Seigneur.
Pendant ce séjour en prison, j'ai pu survivre uniquement grâce à cette rencontre avec Lydia et parce qu’elle m’a raconté beaucoup d'histoires de la Bible. Je me suis beaucoup appuyée sur elle. »
Au bout de 2 ans, Hee-Yol a été libérée et elle en remercie Dieu. De son côté, Lydia a été accusée d'être une espionne chrétienne et a été envoyée dans un camp politique. 
Hee-Yol vit maintenant en Corée du Sud. En repensant à sa vie, elle dit : « Dans la période la plus difficile de ma vie, j'ai trouvé Dieu à travers la souffrance. Je considère que nos souffrances actuelles ne sont pas dignes de comparaison avec la gloire qui sera révélée en nous. 
Je loue et j'adore notre Dieu qui se révèle dans la souffrance (Romains 8.18). »

* Prénom d’emprunt


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