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N° 283 Octobre 2017

Le Pays des Promesses

Par Peter Höhn


La vie chrétienne est comme un vaste pays fertile que Dieu nous demande de conquérir et de cultiver. Notre mission consiste à conquérir ce pays par la foi, parcelle après parcelle, et à le cultiver pour en vivre, en fonction de la vocation (ou de l’appel) spécifique que Dieu nous adresse. Ce faisant, il nous faut cependant tenir compte de certains points.

Accepter la mission

L’histoire du « Pays promis » constitue un fil rouge qui traverse tout l’Ancien Testament : Dieu promit de donner à Abraham et à ses descendants, le peuple d’Israël, un vaste pays fertile. Les israélites, après des années d’esclavage en Égypte et une longue traversée du désert, purent finalement le conquérir et l’habiter. Lorsque le peuple d’Israël arriva au seuil du « Pays promis », Dieu déclara à Josué : « C’est toi qui feras entrer ce peuple en possession du pays que j’ai promis par serment à leurs ancêtres de leur donner » (Josué 1.6). Josué exécuta l’ordre de telle manière que chaque tribu, chaque famille et chaque individu entre en possession de sa portion de territoire.

Ces événements constituaient des signes. Ainsi, lorsque nous parvenons à la foi en Jésus-Christ, nous nous trouvons – à l’instar des israélites sous la direction de Josué – au seuil d’un nouveau pays que nous sommes appelés à conquérir. Ce territoire fertile est plein de promesses, de vérités spirituelles et de bénédictions qu’il faut nous approprier. Jésus, par sa mort et sa résurrection, a fait de nous des « cohéritiers » et « copropriétaires ». Il nous appelle à entrer dans le « Pays des promesses » pour prendre notre héritage. Ces richesses sont comme les « pièces » d’un puzzle qu’il nous faut assembler et conquérir petit à petit au cours de notre vie par notre consécration, notre foi et la prière sous la direction de l’Esprit de Dieu (cf. Hébreux 6.12). Ainsi nous accomplirons pleinement notre vocation.

Trouver l’entrée

La première étape pour entrer dans le « Pays des promesses » est de nous approprier un premier lot de promesses. Parmi elles, celles données dans Jean 1.12 : « Mais à tous ceux qui l’ont acceptée (Jésus-Christ, la lumière venue dans le monde), à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu. » Ce n’est que lorsque nous intégrons de telles promesses dans notre vie, qu’elles deviennent réelles. Romains 10.9 souligne l’importance de les exprimer à haute voix et avec foi : « Si tu reconnais publiquement de ta bouche que Jésus est le Seigneur et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité, tu seras sauvé. » Nous pouvons ainsi exprimer cette courte prière : « Jésus, oui, par la foi je t’accepte dans ma vie comme le médiateur, comme mon Sauveur et mon Seigneur, afin de devenir enfant de Dieu. » Un grand nombre d’entre nous ont prononcé une prière analogue et sont ainsi entrés dans une relation vivante avec Jésus et en possession d’une première parcelle importante située à l’entrée du « Pays des promesses ».

Une promesse après l’autre

Dans notre cheminement de foi, nous allons découvrir rapidement que nous devons nous approprier une autre « parcelle de promesses ». Elle concerne le Saint-Esprit et la certitude de la foi que souligne Romains 8.16 : « L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Cette confirmation intérieure, qui s’accompagne de joie et de paix, s’expérimente souvent après avoir prié spécifiquement pour recevoir le Saint-Esprit – ou avoir demandé à d’autres de prier pour nous à ce sujet. Nous ferons par la suite l’expérience concrète de bien d’autres promesses en relation avec le Saint-Esprit, mais il se peut que Jésus nous dirige d’abord vers la une parcelle appelée « bénédictions découlant du pardon ». Pour nous approprier cette promesse, nous avons à nous « décharger » en pardonnant volontairement à des personnes qui nous ont fait du tort ou en déposant par la prière, au pied de la croix de Jésus, notre culpabilité et nos fautes (Matthieu 6.14-15, 1 Jean 1.9). D’autres « parcelles de promesses » en lien avec la prière sont encore à conquérir (Psaumes 50.23 ; Philippiens 4.6 et bien d’autres). Nous pouvons également faire l’expérience des effets bénéfiques de notre reconnaissance envers Dieu, du fait de renoncer à nous faire du souci, de la puissance dans le fait d’intercéder ou de bénir les autres. De cette manière nous apprendrons à nous approprier une « parcelle de promesses » après l’autre en vue de progressivement connaître l’étendue du « Pays » que Dieu désire nous donner (cf. Jean 1.16).

Reconnaître les obstacles

Dans le livre de Josué, nous voyons que le peuple d’Israël n’a cessé de rencontrer de nouveaux obstacles au cours de sa conquête du « Pays promis ». Par exemple, les israélites ont dû faire face à des villes fortifiées, à des géants, à la ruse de leurs ennemis… À ces choses se sont également ajoutés leurs mauvais comportements, leurs négligences ou l’inattention. Pour réussir leur mission, ils ont dû apprendre à se laisser diriger par Dieu, à être attentifs à ses indications et à la stratégie à utiliser pour conquérir de nouveaux territoires. Il en va de même en ce qui concerne notre vie spirituelle.

En effet, dans notre vie, certaines promesses s’accomplissent facilement alors que d’autres promesses nécessitent beaucoup de persévérance dans la prière – à l’instar des israélites qui ont dû faire le tour de la ville de Jéricho plusieurs jours d’affilée. Pour d’autres promesses encore, nous devons d’abord clarifier, mettre en ordre et faire certaines choses avant de les voir s’accomplir. Des « forteresses » ou des « géants » tels que : la peur, l’apitoiement, le sentiment d’infériorité, la susceptibilité, les jalousies ou de profondes amertumes empêchent parfois que nous progressions dans la conquête du « Pays ». Face à ces défis, nous avons peut-être besoin de l’assistance de combattants chevronnés pour nous aider à : raser des « forteresses » intérieures, expulser des « géants » de notre vie et rétablir la vérité des promesses de Dieu. Il se peut par exemple que le géant « rejet » occupe une place dans notre « part d’héritage » et que nous devions l’écarter en proclamant à haute voix et par la foi la promesse que « Dieu nous aime » et que « nous avons de la valeur à ses yeux » (voir notamment 1 Jean 3.1-2 ; Romains 5.5 ; 8.38).

Conquérir des parcelles intermédiaires

En nous basant sur les promesses de Dieu, nous sommes parfois convaincus que certaines choses vont se produire rapidement et de telle manière. Pourtant rien de tel ne se produit et nous avons alors l’impression d’être dans une impasse. Dans une telle situation, il est bon de lâcher prise et de nous confier à Jésus : « Tu es le Seigneur et c’est toi qui me dirige. Permets que je reconnaisse quel domaine ou quelle parcelle du “Pays des promesses” sont importants pour moi maintenant, afin que je ne reste pas prisonnier de mes propres pensées. »

En ce qui me concerne, j’ai fait l’expérience que Jésus nous demande de patienter jusqu’à ce qu’une autre promesse se réalise. Dans le passé, les promesses du Psaume 118,6 et du Psaume 16 ont été pour moi des parcelles intermédiaires à conquérir. Ces promesses-là, je les ai proclamées dans la prière et je les ai revendiquées pour moi-même. Les « géants » « douter de moi-même » et « faux idéaux » ont dû quitter la place et alors, dans ma vocation, une parcelle nouvelle et vaste s’est ouverte devant moi. Un bel effet secondaire est que dans ces « impasses » nous apprenons à connaître Dieu plus profondément. Nous discernons mieux ses souhaits pour notre vie et cela nous donne le courage d’avancer avec plus d’assurance sur la voie de notre vocation. Avec le recul nous réalisons avec étonnement que la « part d’héritage » que le Seigneur nous a attribuée dans le « Pays des promesses » est pleine de charmes. Cela nous permet de mieux discerner les bonnes frontières que le Seigneur a fixées à notre vie (voir Psaume 16,5 et Romains 12,3-8).

Conquérir le pays tout entier

Le livre de Josué présente différentes tentations auxquelles ont été confrontés les israélites. L’exemple d’Acan nous avertit que les choses peuvent mal tourner si le but de notre conquête est de nous enrichir personnellement – par exemple en exploitant de manière abusive les personnes ou les ressources que Dieu nous a confiées (Josué 7). L’exemple des Gabaonites nous rappelle qu’il ne faut jamais œuvrer indépendamment de Dieu (Josué 9). La négligence ou l’inertie sont aussi l’une des tentations (Josué 18.3). Dans notre conquête spirituelle du « Pays promis »,  cela se produit quand nous nous contentons d’être entrés en possession de quelques petites parcelles, que ce soit par fausse modestie ou en étant peu exigeant envers nous-mêmes. Cela peut aussi arriver à cause des blessures que nous avons subies au cours de la conquête et qui nous ont rendus amers ou cyniques, ou encore parce que certaines peurs nous paralysent et nous immobilisent.

Il est dit dans Hébreux 6.11-12 : « 
Nous désirons que chacun de vous fasse preuve du même zèle pour conserver jusqu’à la fin une pleine espérance. Ainsi vous ne vous relâcherez pas, mais vous imiterez ceux qui, par la foi et la patience, reçoivent l’héritage promis. » Une promesse que nous pouvons nous approprier est liée au désir de conquérir notre « part d’héritage ». Ainsi, Dieu veut nous donner les yeux et l’esprit ouverts de la foi, la persévérance, le courage et sa grâce. Que cela nous motive à nous plonger régulièrement et plus profondément encore dans la Bible et ses promesses, afin de « bénéficier de sa vie et de sa puissance » et que tous les fruits que Jésus nous a appelés à porter croissent, mûrissent et se multiplient dans notre vie.


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