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N° 184 Janvier 1993

Allez, guérissez

Par Georges Martin

Si beaucoup de gens ont recours à des guérisseurs et se placent ainsi sous l’influence de puissances diaboliques sans le savoir, c’est souvent parce que l’Église ne remplit pas le ministère que Jésus a confié à ses disciples: Allez, guérissez… (Matthieu 10:7-8)

Pour parler de la guérison, et en particulier de la guérison par la foi, il faut voir quelle est la place de la maladie dans la vie. La vie normale suppose la santé. Elle est un cadeau de Dieu. En contrepartie, il ne faudrait pas en conclure que la maladie est toujours mauvaise.

Depuis qu’Adam et Eve ont été chassés du Jardin d’Eden, ils ont été privés de l’accès à l’arbre de vie. Dès lors, l’organisme de l’homme est voué à l’usure qui engendre diverses maladies.
 
Maladie et péché.
Il n’en reste pas moins vrai que les mots maladie et mal ont la même racine. En outre, nous associons naturellement mal et péché. Bien des maladies, il est vrai, sont la conséquence de désordres: manque de discipline dans notre manière de vivre et de nous nourrir, stress… ce n’est pas le lieu d’entrer dans le détail de ces questions complexes. En outre, Satan, le prince de ce monde, reste actif pour brouiller les cartes. Combien de victimes innocentes écrasées par les épreuves ou par la maladie! L’histoire de Job est là pour le rappeler.
 
Témoignage de l’Ancien Testament.
Dans l’Ancien Testament, nous voyons que la maladie peut être envoyée par Dieu comme un châtiment (Exode 15:26). Les Israélites en seront protégés s’ils se conforment à la volonté de Dieu. Mordus par les serpents venimeux par suite de leur révolte, c’est en regardant le serpent d’airain qu’ils seront guéris, c’est-à-dire en se tournant vers Dieu (Nombres 21:6-8). D’un autre côté, si Jacob est tombé malade et en est mort, c’est simplement que son corps était usé à cause de son grand âge (Genèse 48:1). C’est aussi le cas du prophète Élisée (2 Rois 13:14) dont Dieu s’est pourtant servi pour guérir Naaman de sa lèpre et ressusciter le fils de la Sunamite!

D’autre part, le roi Ezéchias fut frappé par la maladie alors qu’il avait tout fait pour redonner à Dieu la première place dans son royaume. Guéri par Dieu, c’est alors qu’il a commis l’erreur de faire confiance aux envoyés de Babylone.

Nous voyons donc qu’il n’y a pas toujours relation de cause à effet entre mal et maladie, santé et sainteté.
 
Nouveau Testament: Jésus guérit.
Lorsque Jésus commence son ministère, il se présente comme le Messie annoncé par le prophète Esaïe (61:1-3; 53:4-5)

La bonne nouvelle que Jésus proclame est attestée par la guérison des malades et par d’autres miracles qui sont des signes du Royaume qui vient. Pour lui, pardon et guérison vont de pair. Il vient restaurer l’homme tout entier et le replacer dans une juste relation avec Dieu. C’est pourquoi il dit au paralytique: "Afin qu’ils sachent que le Fils de Dieu a sur la terre le pouvoir de pardonner les péchés: lève-toi, prends ton lit et va dans ta maison". (Matthieu 9:6)

Lorsqu’il envoie ses disciples prêcher dans les villes et les villages, il leur donne le pouvoir de guérir les malades et de chasser les démons.
 
Évangélisation et guérison (Matthieu 10:8-10; Marc 16:17-18)
Ces deux ministères sont liés. C’est vrai encore aujourd’hui. Mais pourquoi y a-t-il davantage de guérisons lorsque l’évangile est prêché dans des pays non christianisés qu’en Europe? D’abord parce que le message est nouveau, tandis que chez nous les gens croient le connaître alors que ce n’est pas le cas. Nous voulons tout soumettre à la raison. Nous avons divinisé la science, qu’elle soit médicale ou autre. Beaucoup sont comme les gens de Nazareth où Jésus ne put faire presque aucun miracle à cause de leur incrédulité. Un jour, j’ai proposé à une paroissienne de prier pour la guérison de son mari. Elle m’a répondu: "ça ne sert à rien puisque le docteur a dit qu’il est perdu".

En effet, Jésus fait appel à la foi de ceux qui s’adressent à Lui. Cependant, il n’y a pas d’automatisme. Dieu est souverain. Dans son amour, il sait ce qui est le meilleur pour nous. C’est ainsi qu’il a répondu à l’apôtre Paul: "Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse" (2 Corinthiens 12:9, traduction TOB).

Cela dépasse notre compréhension du moment. Mais en l’absence d’une telle réponse, pourquoi ne prierions-nous pas pour la guérison?
 
Le chrétien et la maladie (Texte de base, Jacques 5:13-18)
On entend souvent dire: "Quand on a la santé, on a tout". La santé est un merveilleux cadeau. Cependant, le souverain bien n’est pas la santé physique, mais la vie du Royaume avec Christ auprès de Dieu. Un jour, nous serons avec lui (1 Jean 3:mb1-3). En attendant ce jour glorieux, Dieu désire voir ses enfants en bonne santé. Nous pouvons le lui demander, car il est notre Père. "Tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous l’accordera." (Jean 16:23).

Cependant, la maladie peut être "l’amie" qui nous montre en quoi nous ne sommes pas à l’unisson e dans notre marche avec Dieu. Peut-être notre communion avec lui est-elle coupée par une désobéissance, une pratique d’occultisme, de l’amertume, un refus de pardonner, un excès de fatigue…

Suivons alors les conseils que nous donne l’apôtre Jacques (5:13-16). Il invite le malade à appeler les anciens de l’église, à confesser ce qui n’est pas en ordre, à demander pardon et réparer. Cela signifie que demander la guérison implique une nouvelle consécration de notre vie à Dieu.

Les anciens peuvent alors oindre le malade avec de l’huile et prier pour sa guérison. (L’huile était utilisée autrefois pour adoucir les plaies; elle était aussi symbole du Saint-Esprit, porteur de vie et de guérison). L’Évangile de Marc nous rapporte que lorsque Jésus envoya ses disciples pour prêcher le Royaume, ils oignaient d’huile beaucoup de malades et les guérissaient. (Marc 6:13)

Il n’y a pas que le malade qui doive se mettre en ordre avec Dieu, mais aussi ceux qui vont prier pour lui, précise Jacques (5:16): "Confessez donc vos péchés les uns aux autres". Dans la prière, Dieu peut montrer à tel ancien qu’il a aussi quelque chose à mettre en ordre. Tous, nous ne pouvons vivre que du pardon de Dieu que Jésus nous a acquis à la croix. Et DIEU SEUL GUÉRIT. Le geste d’oindre d’huile ou d’imposer les mains au Nom de Jésus ne peut être agréé par Dieu que dans la mesure où nous l’accomplissons dans l’humilité et la soumission à Sa Parole.
 
Responsabilité de l’Église.
Le texte de Jacques invite les églises à un examen de conscience face au ministère de guérison. Les miracles et les guérisons nous sont donnés comme des signes du Royaume qui vient et comme une attestation de la vérité de l’évangile qui est prêché. C’est ainsi qu’en Luc 4:18-19, Jésus cite Esaïe 61:1-3. Mais en même temps, c’est en Jésus qu’est la guérison; ce sont nos souffrances qu’il a portées à la croix (Esaïe 53:3-4).

Des paroles de Jacques, il ressort aussi que l’action du Saint-Esprit peut être paralysée par notre incrédulité et par les divisions qui existent entre les membres d’une même communauté.

Si rien ne se passe dans notre église, s’il n’y a pas de conversions ou de guérisons, demandons à Dieu de nous montrer ce qui bloque son action. Peut-être un interdit, une désobéissance comme celle qui a valu une défaite cuisante aux Israélites devant la petite ville d’Aï (Josué 7)? Si c’est le cas, il nous est demandé de nous humilier et de nous entraider dans une consécration renouvelée.
 
Conclusion
Le mandat confié par Jésus à ses disciples et renouvelé au moment de son ascension (Marc 16:15-20; Actes 1:8) concerne l’Église jusqu’au retour du Christ. L’Église est son corps. C’est par l’action du Saint-Esprit à travers elle qu’il veut poursuivre son ministère commencé alors qu’il était sur la terre (Jean 14:12-14).

Il a eu compassion de tous ceux qui souffrent moralement ou physiquement. Il s’est solidarisé avec eux pour les secourir. C’est dans la mesure où nous recevons de lui ce même amour qu’il peut nous utiliser. Il nous demande simplement de laisser nos peurs et de lui obéir dans la foi. Alors, il confirme Sa Parole par des miracles.

Aujourd’hui, certaines paroisses organisent des cultes au cours desquels on offre à ceux qui le désirent l’imposition des mains ou l’onction d’huile en vue d’un renouvellement, d’une guérison morale ou physique. Ce ministère incombe aussi naturellement aux cellules de prière. Là, plus qu’ailleurs, il est possible de l’exercer dans la dépendance du Saint-Esprit qui accordera les dons de discernement des esprits, de paroles de connaissance et tout ce que Dieu veut donner en vue de la guérison de ceux qui la demandent.

Quel privilège et quelle joie de pouvoir ainsi servir notre Seigneur et d’être témoins des signes annonciateurs de son Royaume.


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