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N° 295 Décembre 2020

Le Livre de vie

Par Jacques-Daniel Rochat

« Et je vis les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône. Des livres furent ouverts et un autre livre fut ouvert, celui qui est le Livre de vie. Et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres » (Apocalypse 20.12).

Garder une trace

L’écriture est un moyen précieux de garder une trace du passé, de rendre compte du présent ou d’organiser le futur. Pour cela, les hommes ont gravé des pierres, utilisé des feuilles de papyrus, de parchemin ou de papier. Cette mise en mémoire a joué un rôle considérable en permettant aux civilisations d’accumuler les savoirs scientifiques, d’archiver des éléments historiques, etc. La Bible, avec ses divines paroles, est un extraordinaire exemple de la valeur que peuvent avoir les livres.
Aujourd’hui, avec les smartphones et les ordinateurs, nous pouvons écrire des données sur de minuscules composants électroniques. Grâce à ces prouesses techniques, les « mots » peuvent même servir à envoyer des ordres pour faire fonctionner des logiciels. De fait, toutes les technologies modernes reposent sur cette faculté d’inscrire et de publier des informations.

Une importante liste

Comme le soulignent les révélations de l’Apocalypse , l’écriture ne se limite pas à notre monde terrestre et il existe des livres de nature divine. L’ouvrage le plus important est évidemment le célèbre Livre de la Vie que mentionnent plusieurs autres textes de la Bible.
Moïse, par exemple, intercède ardemment pour que Dieu pardonne à son peuple. Par amour et solidarité, il va jusqu’à mettre son salut dans la balance !

« Pardonne maintenant leur péché ! Sinon, efface-moi de ton livre que tu as écrit. L’Éternel dit à Moïse : C’est celui qui a péché contre moi que j’effacerai de mon livre »
(Exode 32.32).

Dans les psaumes, certains auteurs, scandalisés par la méchanceté des hommes, font une prière inverse :

« Qu’ils soient effacés du Livre de vie, et qu’ils ne soient point inscrits avec les justes ! »
(Psaume 69.29).

Plus tard, dans les Évangiles, le Christ souligne le rôle crucial de ce Livre. Ainsi, lorsque les apôtres se félicitent d’avoir fait des miracles et d’avoir chassé des démons, Jésus les ramène à l’essentiel ; l’important n’est pas ce que vous faites, votre pouvoir ou l’ampleur de votre ministère, l’enjeu véritable, c’est votre place dans le Royaume de Dieu.

« Ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis ; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux »
(Luc 10.20).

Une écriture divine

Comme le montre le train de ce monde, la plupart des personnes sont préoccupées par le fait d’être citées dans les médias et les réseaux sociaux. Le summum étant d’atteindre la célébrité et d’avoir son nom dans les dictionnaires.
Cette mémoire d’une vie, imprimée sur des supports matériels, est toutefois bien fragile, car avec la mort tout finit par se dissoudre dans l’oubli et disparaître.

« L’herbe sèche, la fleur tombe... »
(Esaïe 40.7).

Impossible de survivre à cette chute, sans disposer d’un support solide et éternel.
Une telle mémoire n’est évidemment pas électronique ou faite de papier et déjà dans l’Ancien Testament Dieu s’emploie à révéler l’endroit où sont écrites les personnes sauvées.
Pour le comprendre, et après la sortie d’Égypte, les douze tribus d’Israël seront invitées à écrire leur nom sur des pierres précieuses. Chacun de ces joyaux sera alors placé sur le pectoral et les épaules du Souverain sacrificateur  .
Lors de la fête du Grand Pardon, c’est donc placés en lui qu’ils pouvaient accéder au Lieu très saint. Ces éléments du judaïsme nous révèlent à l’avance le rôle du Christ . Il est le Souverain sacrificateur éternel et véritable chargé de porter les « noms » des hommes sur son cœur. Par son chemin à la croix, il nous fait traverser les barrières du jugement, et nous amène dans la présence du Père.
Tous ces aspects nous donnent un merveilleux éclairage sur le « Livre de vie ». Il est à l’intérieur du cœur du Christ et si nous sommes fidèles, c’est lui qui nous fera sortir de la mort pour entrer dans le Royaume à venir.

« Je n’effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges » (Apocalypse 3.5).

Le livre de notre vie

« Des livres furent ouverts [...] et les morts furent jugés selon leurs œuvres, d’après ce qui était écrit dans ces livres » (Apocalypse 20.12).

Ce verset de l’Apocalypse indique que le jugement ne se limitera pas à la lecture du seul Livre de vie, d’autres ouvrages seront lus. Qu’est-ce que cela signifie ?
Beaucoup de personnes ayant passé près de la mort racontent qu’elles ont vu leur vie défiler comme dans un film. Ces expériences nous rappellent que notre cerveau est un fabuleux système de mémorisation et que de complexes processus biologiques nous permettent d’accumuler des connaissances et de garder des traces du passé.
Toutefois, et comme la Bible le mentionne, notre cerveau n’est pas le seul à enregistrer des données…
En effet, tout ce que nous faisons (ou ne faisons pas) a des conséquences sur notre entourage. Nos paroles, nos activités, le travail, nos relations, le fait d’avoir des enfants... Toutes ces choses vont impacter le présent et modifier le futur.
Le contenu de ce que nous « rédigeons » dépend évidemment de notre comportement ; car si je méprise, vole, ou frappe... cette haine s’écrira en valeurs négatives. Par contre, si j’encourage, partage, aide ou réconforte... l’amour s’inscrira de manière positive.
De fait, par mes pensées, mes attitudes et mes actions, j’écris ma biographie. Comme l’Esprit dispose d’une connaissance absolue de ce qui se passe, ces archives seront déballées lors du grand jugement.

« Voici, je viens bientôt, et ma récompense est avec moi, pour rendre à chacun selon que sera son œuvre »
(Apocalypse 22.12).

À la fin de l’Évangile de Matthieu, Jésus parle de la lumière qui exposera « le film » de la vie des hommes. La mesure de cette évaluation suprême, c’est l’Amour.

« j’ai eu faim, j’ai eu soif, j’étais étranger, nu, malade, en prison, et vous... »
(Matthieu 25.31-46, extraits).

Ce jour-là, le meurtrier, celui qui méprisait, qui volait ou qui frappait se retrouvera face à ses victimes. Lors de son audience, il ne pourra fuir la flamme brûlante qui viendra consumer les pages de sa méchanceté.
Ce jour-là, le juste verra la foule de ceux qu’il a accueillis, honorés et servis. Pour chaque geste conforme au cœur de Dieu, il recevra son approbation. Insignifiant et méprisé sur la terre, c’est une gloire infinie qui descendra sur sa tête .


Des écrits célestes essentiels

Le fait de devoir répondre de ce que nous « écrivons » chaque jour sur les pages de notre vie devrait nous rendre très attentifs à notre manière d’agir.
Comme pour le brigand crucifié à côté du Christ, la prise de conscience de nos fautes doit nous amener à demander au Christ qu’il nous porte sur son cœur et nous fasse grâce. À cette « écriture » salutaire s’ajoute notre devoir de veiller à notre manière de traiter nos voisins, notre conjoint, les membres de nos familles et de nos communautés et même ceux qui nous font du mal .

Une exigence pour l’Église

Dans ses épîtres, Paul nous invite à considérer la qualité de l’œuvre accomplie par le Christ. Pour construire les bases de l’Église, Jésus a accompli un service parfait envers tous les hommes. Il ne jugeait pas, il pardonnait, il guérissait, il encourageait... Bref, par amour, il se donnait !
Est-ce que notre manière d’exercer un ministère ou de servir dans l’Église utilise les mêmes matériaux ? Ou alors, utilisons-nous des choses futiles qui seront jugées sans valeur ?

« Si l’œuvre bâtie par quelqu’un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. Si l’œuvre de quelqu’un est consumée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu »
(1 Corinthiens 3.12-15).

Car ne l’oublions pas, le fait d’être sauvés par la grâce de Dieu ne nous évitera pas d’être éprouvés par le « feu » des critères de Dieu.
C’est en raison de cette évaluation à venir que Pierre invite les ministères à se dépouiller de la cupidité pour prendre soin de ceux qui leur sont confiés.

« Paissez le troupeau de Dieu qui est sous votre garde, non par contrainte, mais volontairement, selon Dieu ; non pour un gain sordide, mais avec dévouement ; non comme dominant sur ceux qui vous sont échus en partage, mais en étant les modèles du troupeau. Et lorsque le souverain berger paraîtra, vous obtiendrez la couronne incorruptible de la gloire » (1 Pierre 5.2-4).

Conclusion

Par notre manière d’être avec Dieu et les autres, nous écrivons un livre unique.
Au vu de la courte durée d’une vie humaine, la lecture et « l’examen » de notre ouvrage sont très proches.

« C’est ce qui paraîtra au jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes » (Romains 2.16).

Comme nous ne pourrons rien en effacer, il est primordial d’écrire notre histoire en utilisant l’encre divine de l’Amour. Ainsi, et en invoquant humblement la grâce et l’aide du Saint-Esprit, nous aurons l’assurance de n’avoir pas (trop) à rougir de notre passage sur terre.

Questions-Réflexions

Est-ce que j’ai de la reconnaissance et de la joie de savoir que mon nom est écrit sur le cœur du Christ ?

Ai-je conscience d’écrire quelque chose avec ce que je fais jour après jour ? Est-ce que cela change ma manière de vivre ?

Comment puis-je concrètement « rédiger » un contenu de qualité à travers ma communion avec Dieu et mes relations avec les autres ?

Notes:
1. Six passages de l’Apocalypse parlent du Livre de vie : 3.5, 13.8, 17.8, 20.12-15, 21.27, 22.19. Voir aussi Philippiens 4.2.
2. Voir Exode 28.6-30, 38.8-17.
3. Hébreux 4.14, 7. 22-28, 8.1-6.
4.1 Corinthiens 9.24-27; Philippiens 3.8-14 ; 2 Timothée 2.3-6.
5. Matthieu 5.44 ; Luc 6.28 ; Romain 12.14 ;1 Pierre 3.9.

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