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N° 215 Octobre 2000

Chercher, trouver et cultiver l’esprit de prière

Par Jean-Pierre Besse

"Pendant que Jésus priait, le Ciel s’ouvrit" (Luc 3:21)

"Nous ne savons pas ce qu’il convient de demander dans nos prières. Mais l’Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables" (Rom. 826)

"Priez en tout temps par l’Esprit… avec une entière persévérance; priez pour tous les saints (ceux et celles qui appartiennent à Dieu)" (Eph. 618 ; cf aussi Jude 20)

"Et ils étaient continuellement dans le Temple et bénissaient Dieu" (Luc 2453)

Le besoin le plus immédiat de l’Église de Jésus-Christ, c’est que ses membres entrent, chacun pour sa part, dans la prière de Jésus, celle qu’il veut lui-même produire en eux. Et le besoin le plus urgent du monde maintenant, ce sont des fils et des filles de Dieu, qui prennent à leur compte les soupirs de l’Esprit: ces chrétiens-là sont habités par la présence du Seigneur parce qu’eux-mêmes habitent chez Lui et s’accordent avec Lui. En conséquence, ils "
pourront faire les œuvres que Jésus fait" (Jean 14.12). Ils pourront apporter l’oxygène céleste de l’Évangile aux foules d’aujourd’hui, proches de l’asphyxie. Nous avons tous besoin de "revenir à notre premier amour": l’intimité avec notre Seigneur.

Passer du rail à la crémaillère.
Dans les pays de montagnes, en Europe, les trains qui doivent grimper en altitude sont aidés d’un rail supplémentaire, crénelé en dents de scie, appelé "crémaillère" sur lequel de robustes roues dentées viennent s’engrener. Ceci leur permet de monter en des hauteurs que les trains ordinaires ne peuvent atteindre. Nos prières ont besoin de devenir des prières à crémaillère.

Nos prières sont souvent non exaucées parce qu’elles partent de nous-mêmes, de l’homme, d’une habitude religieuse ou du sujet qui flotte sur le moment dans notre pensée; notre prière peut aussi jaillir de la pression d’une situation de détresse. Tout cela est évidemment légitime, mais ce n’est pas cette prière-là, à elle seule (prière de survie ou de tradition), qui ouvre le Ciel pour de nouvelles étapes de la mission mondiale, pour des prodiges, ni pour accéder à une qualité d’amour capable de triompher du mal. Pour atteindre de tels objectifs, une nouvelle dimension est requise. Déjà nombreux sont ceux qui discernent en eux cet appel, pour que nos pays francophones des cinq continents se mettent à bouger spirituellement parce que la Parole de Dieu les atteindra avec autorité.

C’est l’appel à "prier par l’Esprit", à recevoir et à développer ce que les hommes de réveil ont appelé l’esprit de prière. C’est lui qui produit, au bout d’un temps, la prière efficace. J’ai bien écrit au bout d’un temps, car avant d’expérimenter une telle prière, il nous faudra accepter le chemin du désert, dans lequel le Seigneur t’a peut-être déjà emmené ces derniers temps, mon frère, ma sœur, et que tu aurais tort de considérer négativement comme une défaite ou une "attaque du diable". En réalité, comme Dieu le dit par Osée à propos de l’infidèle Israël;

"Je vais l’attirer et la conduire au désert et là, je parlerai à son cœur… là, elle chantera comme au temps de sa jeunesse et comme au jour où elle remonta du pays d’Égypte; en ce jour-là tu m’appelleras mon mari et non plus mon maître." (=baal) (Osée 3:16-18)

Mais qu’est-ce que "l’esprit de prière"?
Tout simplement l’Esprit Saint lorsque non seulement Il nous pousse à prier, mais lorsqu’Il nous FAIT prier, dans l’abondance et la vérité qui est la sienne! Alors notre prière ouvre les trésors de Dieu car
"Celui qui sonde les cœurs sait quelle est la pensée de l’Esprit, parce que c’est SELON DIEU qu’Il intercède en faveur des saints." (Rom. 827)

Comment sommes-nous entrés pour la première fois en relation consciente et volontaire avec le Seigneur sinon par la prière? De même, nous progresserons dans la compréhension des voies de Dieu et dans la capacité d’être les acteurs de son Plan, par un niveau de prière plus élevé qui permet de "prier sans cesse". J’entends par là non la prière concentrée et formulée – pourtant bien nécessaire à certains moments de la journée – mais une vie baignée de plus en plus dans un repos de communion permanente avec le Seigneur. Comme le dit le Cantique des cantiques:

"Je dors, cependant mon cœur veille… C’est la voix de mon Bien-aimé qui frappe à la porte" (Cant. 52).

Le vieux Siméon et Anne la veuve (Luc 221-38) étaient de ceux qui ont pratiqué cette prière, ce qui leur permit d’être prophétiquement avertis de la venue au monde du Messie, alors que Jésus n’avait que 8 jours d’existence. Marie, de même, repassait les révélations reçues dans son cœur (Luc 2:19), alors que notre tendance naturelle serait de "passer à autre chose" et de reprendre un cœur partagé.

Elie et Elisée furent des serviteurs dont Dieu put particulièrement se servir parce que chacun d’eux pouvait dire: "l’Éternel devant qui je me tiens" (trad. littérale de 1 Rois 171 et 2 Rois 516). Cela signifie que ces hommes étaient en permanence à l’écoute du Seigneur. C’est la raison pour laquelle ils sont appelés "hommes de Dieu". Il en fut de même pour Jérémie et les autres prophètes, longtemps avant la venue de Jésus.

Un tel niveau de prière est à la portée de tout chrétien, puisque nous sommes au bénéfice d’une alliance meilleure: tout disciple de Jésus baptisé dans l’Esprit a reçu en lui cette source céleste qui ne s’arrête jamais. Ne nous contentons pas d’être sauvés, mais désirons aussi être baptisés et remplis de l’Esprit pour adresser des chants et des prières inspirés par Dieu (Eph. 518-19). C’est alors que nous avons l’Esprit de prière.

Comment se manifeste-t-il?
Quand l’Esprit relaie notre seule intelligence ou nos seules émotions, nous sommes saisis d’un tel désir de prier que les distractions qui nous plaisent habituellement perdent leur pouvoir attractif. Le Saint-Esprit exerce alors une attirance douce et forte qui supplante cassettophone, télévision et autres frénésies. L’Esprit de Dieu crée un besoin qui apporte une joie surnaturelle, parce que ce besoin ne vient pas de nous mais de Dieu. Il s’oriente immanquablement vers nos prochains blessés, liés et affamés! Dans cet état, il n’y a plus besoin de se creuser la tête pour savoir quoi dire et comment prier, ce qui entraîne un essoufflement rapide: c’est donné!

- Soit comme un flot ininterrompu d’adoration, un flot d’amour qui se répand en éloges intarissables envers Jésus et le Père bien-aimé (et cela peut dépasser les mots forgés par notre cerveau, 1 Cor. 142; la prière en langues est un don accessible et si précieux pour prier par l’Esprit!)

- Soit comme un "fardeau" d’intercession intense pour quelqu’un (qui se révélera avoir été en danger, par ex.) pour un groupe, une ville, une nation, pour le réveil d’une église, pour l’évangélisation, etc.

Quand Luc dit des disciples après l’Ascension, qu’ils étaient continuellement dans le Temple à bénir Dieu, il ne fait pas seulement allusion au Temple de Jérusalem comme édifice, il désigne aussi ce climat spirituel intense de prière communautaire.

Quelle plénitude de satisfaction alors, quel enthousiasme!.. Mais aussi quels gémissements d’enfantement! Jusqu’à l’exaucement.
"Ton Dieu ordonne que tu sois puissant. Donne de la puissance ô Dieu, à ce que Tu as fait pour nous!" (Ps. 6829); voilà ce que nous devons prier. Je peux attester, pour l’avoir expérimenté bien des fois, que je ne connais aucune joie plus grande. Mais je dois reconnaître que j’ai souvent perdu cet "esprit de prière" et parfois pour plusieurs mois. Non pas que je ne priais plus, mais plus de cette manière-là qui est un échange de pur amour entre le Père et son enfant, une collaboration bienheureuse entre le Seigneur et son ami. Quelle différence!

Pourquoi perd-on cette grâce?
Parce que nous attristons l’Esprit que Dieu a mis en nous (Eph.4:30):

- Peut-être en retournant à d’anciens péchés.

- Ou, si nous avons dépassé ce stade, en nous laissant bêtement distraire par le monde et ses "divertissements", mais aussi par nos propres motifs religieux qui peuvent être bons, mais qui ne sont pas ce que Dieu veut faire MAINTENANT pour nous: voyez Marthe et Marie (Luc 1041-42). Dans ce sens-là, "le bon est l’ennemi du meilleur"!

- En concentrant plus notre attention sur l’œuvre "pour le Seigneur" que sur le Seigneur de l’œuvre.

- En laissant le flot de nos pensées ou de nos émotions semer le doute sur ce que notre esprit a saisi comme étant la direction divine, un peu comme Simon Pierre alors qu’il marchait sur l’eau à l’appel de Jésus, et qui, effrayé, enfonça.

- Et surtout lorsque nous devenons satisfaits de nous-mêmes et du niveau atteint. La voie royale est d’oser nous "perdre" dans l’océan sans retour de la dépendance totale envers le Seigneur qui avance, sans égard à "la chair" qui nous tire en arrière, vers le connu.

Le Sauveur voudrait tant que tu restes "pauvre en esprit", conscient de ta vitale dépendance de Dieu, même quand tout va bien, même "quand ça baigne" et que tu as du succès! (Mat. 53; Apoc. 317-20).

Ceci implique de faire de la prière intime avec le Père et le Fils notre absolue priorité et de nous livrer à l’Esprit que nous avons demandé. Les sujets d’intercession se présenteront alors à nous, précis, pour des exaucements précis et certains. Et le travail à faire se présentera en bon ordre et allégé.

L’ennemi s’acharnera tant qu’il peut pour nous détourner de cette voie royale qui est la voie étroite. Il essaiera, mais n’aura aucun succès sur ceux qui persévèrent.

Ne tardons plus!
La prière par l’Esprit, quand elle est nourrie de la Parole biblique, c’est le début du réveil. Sans elle – nos couples sont dangereusement vulnérables – nos enfants ne suivent que difficilement le Seigneur – nos églises ronronnent – le pays, avec son économie et sa culture, n’est pas visité et changé –, l’Avènement du Fils de l’Homme est retardé.

Mais quand nous prions par l’Esprit, comme à la Pentecôte et après:

- la gloire de Dieu se manifeste

- les foules sont saisies par le Message de la grâce

- des rendez-vous divins se produisent

- l’amour pour les perdus devient notre pain quotidien

- l’esprit de prophétie nous ouvre la bouche devant des dirigeants

- la sagesse nous vient dans la conduite des affaires

- l’amour pour Israël et pour tous les peuples nous pénètre

- des miracles et des délivrances se produisent

- le Royaume de Dieu s’approche, ce qui nous permet d’appeler avec autorité à la conversion (Marc. 115).

Combien nous avons besoin de trouver ou de retrouver ce trésor-là, sans perdre une heure de plus! Moi comme vous. Ouvrons nos cœurs et prions, seuls, mais aussi ensemble. Seigneur, conduis-nous dans cet esprit de prière!

(Dans certains pays, les chrétiens vont organiser 40 jours de prière et de jeûne en 2001 pour la repentance et la guérison de leurs églises, en faveur de leur nation, soyons-y attentifs pour y participer activement).


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