C4-217
Pour que nos cellules retrouvent leur élan
par Jean-Pierre Besse
On constate peut-être plus spécialement en Europe quun certain nombre de groupes de maisons tournent en rond, sans impact sur lentourage. Pourquoi ? Nous nallons examiner ici que deux raisons, avec leur remède.
Une première raison est que beaucoup de cellules ne sont pas tournées vers les gens du dehors et ne cherchent pas à se multiplier : on est devenu une " amicale de chrétiens ", un club d " anciens combattants " qui se contente de faire de la maintenance. Encore pourrait-on le comprendre pour des personnes très âgées ou, temporairement, pour des groupes comportant plusieurs personnes avec de gros problèmes intérieurs. Mais, en dehors de ces cas, peut-on imaginer le Seigneur restreignant ses possibilités glorieuses au-dessous des capacités de chacun ? Et ainsi priver une nation ou une ville de la Source de vie ? Le Dieu vivant nest pas un Dieu de routine qui ménage un petit espace pour notre petit confort (" on est bien comme ça "). Il veut au contraire déployer sa gloire ! En ce sens, larticle principal de ce n° apporte une réponse de première importance.
Le remède est, quavec laide des dirigeants, tous les membres de nos communautés de maisons soient rendus aptes à cultiver des relations authentiques avec quelques personnes. A mettre ces personnes en relation avec le Fils de Dieu pour les faire grandir dans lamour et former de nouveaux groupes. Alors, la cellule devient passionnante, Dieu peut faire des choses nouvelles, on ne sennuie pas ! On grandit et on multiplie ! Voilà le mouvement qui permet à la cellule de " garder la forme ", la musculature, la souplesse, la jeunesse et la capacité de se reproduire à la gloire de Dieu.
Il y a aussi une autre dimension : loxygénation, la respiration par le haut, avec le Père.
Nous constatons souvent que la relation au Père céleste est insuffisante, voire inexistante. Beaucoup de Chrétiens semblent navoir de relations quavec Jésus. Certes, cette relation est excellente et indispensable puisque tout don de Dieu passe par son Fils qui les contient tous. Mais une relation qui ne va pas jusquau Père manque de maturité. Cette absence est souvent le signe dun malaise ancien, dun manque affectif ou de blessures non nettoyées ni guéries par rapport aux figures dautorité de notre enfance. La connaissance du Père au travers de Jésus va les guérir : " Je leur ai fait connaître ton Nom et je le leur ferai connaître afin que lamour dont tu mas aimé soit en eux et que moi aussi je sois en eux " (Jean 17.26).
Bien des Chrétiens ne prient quasiment jamais le Père. Pourtant Jésus nous a enseigné à dire " notre Père " parce que " le Père lui-même vous aime " (Jn.16.27). Jésus est lui-même soumis au Père et il a toujours dirigé lattention vers le Père (même au plus fort de sa popularité) car cest le Père qui doit être glorifié en Lui (Jn.14.13) ; et à la fin, le Fils lui-même remettra tout pouvoir au Père pour que Dieu soit tout en tous (1 Cor.15. 27-28). Ne prier que Jésus est un peu comme quelquun qui, au lieu de sadresser au visage de quelquun, sadresserait à son bras. Dans certaines cultures, on nose pas regarder son père dans les yeux en lui parlant. Il y a certes la volonté de marquer du respect ; mais il y a aussi un élément de peur et de manque dintimité confiante qui impose une distance inutile. Cette gêne nexiste pas chez le Père céleste qui ne limpose pas à ceux qui sont devenus ses enfants par son Fils. Lisez 1 Jean 2. 12-13 : dabord " Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés ", mais ensuite : " je vous ai écrit jeunes enfants, parce que vous avez connu le Père " . Il y a une maturation !
Il est maintenant reconnu que ce sont les pères (au sens terrestre) qui, quand ils sont matures, confirment leurs enfants dans leur identité, même si cest de manière peu consciente. A plus forte raison, avons-nous besoin tous les jours du Père céleste pour parvenir à être des fils et des filles sécurisés, reconnus, confirmés et stables. Les meilleurs responsables de cellules sont ceux qui reflètent les qualités du Père.
Des familles ouvertes !
Voilà ce que peuvent devenir nos groupes de base. Quand les Chrétiens sont assurés de leur identité par leur Père céleste commun, ils se savent reconnus et acceptés, ils sont donc des frères et des surs.
Que les cellules de base et les églises reçoivent cette respiration, ce Souffle de lEsprit qui unit le Fils au Père et le Père au Fils ! Alors, elles deviennent, elles aussi, des lieux de vie et de communion, des familles unies autour du même Seigneur, animées par la même force daimer. Ce Souffle de vie anime chaque membre, lui insuffle des capacités créatrices et loriente vers les autres. Cest tout simplement Christ qui agit et se révèle en chaque disciple. Son visage est reconnaissable dans la communauté, rendue disponible. Le Saint-Esprit y communique les dons les plus appropriés aux situations. Christ, dans la cellule, attire tous les hommes à Lui ! Voilà vers quoi nous voulons tendre. Quelle joie pour tous !
LE LIEN DES CELLULES DE PRIERE