Le Lien des Cellules de Prière

N°300 - Janvier 2022

Éditorial

Notre monde contemporain démontre de plus en plus clairement que la bataille dans laquelle nous sommes engagés ne se déroule pas d’abord au niveau éco­nomique, social et poli­tique, mais au niveau spirituel.

Les articles de ce numéro parlent de la stratégie à mener pour s’opposer aux obscures dominations que Satan cherche à exercer sur les sociétés humaines. 

Grâce aux révélations bibli­ques, nous voyons que l’enjeu se situe dans notre relation de coeur avec Dieu et les choix que nous faisons par rapport à sa Parole.

Le combat qui se joue dans le monde est donc une confrontation de règnes. 

Heureusement, par sa vie, sa mort et sa résurrection, le Christ a triomphé de toutes les dominations et a gagné le titre de « Rois des rois ». 

Par cette élévation céleste, il nous donne son autorité et son onction pour établir sa royauté et apporter sa paix autour de nous !

Jean-Pierre Besse

L’enjeu de notre coeur

  • Spirituel
  • Le mal et la mort
  • Lien

L’ampleur de l’obscurité

De très nombreuses révélations de la Bible visent à nous faire comprendre l’ampleur des combats spirituels qui se jouent sur la Terre. Ce conflit commence lorsque le diable invite l’homme à se détacher de son Père divin. Comme le raconte le troisième chapitre de la Genèse, cette rupture entraîne la mort et la souffrance dans la création et affecte les relations entre l’homme et la femme. Le jugement divin va aussi précipiter le diable qui devient un « rampant ». 

Dans cette chute spirituelle, il entraîne un tiers des « étoiles », c’est-à-dire une part des puissances invisibles et sous-jacentes à notre création1

Ces esprits mauvais forment dès lors une coalition spirituelle opposée à Dieu. 

L’union établie avec le « voleur, venu pour dérober, égorger et détruire2 » s’exprime dans la haine de Caïn envers son frère Abel, un juste qui plaît à Dieu3. 

Dans Genèse 6, ces dérives meurtrières s’expriment par des déviances sexuelles et une méchanceté inouïe. Après le jugement divin du Déluge, l’orgueil des hommes et de ces puissances conduit à élever la tour de Babel4. Ces prétentions à devenir l’égal de Dieu construiront des empires tyranniques et persécuteurs de l’antiquité, notamment avec les Assyriens, les Babyloniens, les Mèdo-Perses, les Grecs et les Romains.

Les hommes liés à des puissances

Au début de notre ère, ces alliances « humano-diaboliques » se liguent contre le Christ. 

Le roi Hérode massacre des nouveau-nés, Judas vend Jésus aux chefs religieux qui le livrent au pouvoir de Pilate5. Par la suite, la plupart des hommes vont continuer à soutenir les ambitions diaboliques. 

Séduits dans leurs pensées (front) et leurs actions (main), ils accomplissent les sanglants projets de leur maître6

Par exemple, Mohammed et les islamistes massacrent des juifs et tuent ou asservissent des peuples. Hitler et ses sbires s’emploient à semer la terreur et à faire mourir six millions de juifs… Staline, Mao, PolPot et bien d’autres, emportés par les idéologies athées persécutent et font une centaine de millions de victimes ! 

L’amour de l’argent, des plaisirs et du pouvoir conduit par ailleurs une grande partie de l’humanité à rejeter l’amour, dont celui qui s’exprime dans l’accueil des nouvelles vies (~60 millions d’avortements ont lieu chaque année !) 

Toutes ces choses, qui ne sont malheureusement qu’un petit aperçu, nous démontrent que c’est par un profond ancrage dans le coeur des hommes que le Diable peut « égorger et détruire ».

C’est donc bel et bien à travers nous que l’adversité contre Dieu peut s’exprimer !

L’importance de l’adoration

Comme l’illustre l’image ci-dessous, c’est en s’appuyant sur notre adoration (idolâtrie, amour de l’argent, du pouvoir, etc.) que les puissances obscures peuvent exercer leurs dominations dans nos vies, nos familles et la création. 

De par notre consentement (que Dieu respecte), elles disposent de droits légitimes. Impossible donc de sortir de cette boucle infernale sans mettre fin à ces alliances souvent inconscientes. 

C’est pour casser ces droits que le Christ se donne en sacrifice. 

Par le jugement qui tombe sur lui, les puissances perdent leurs pouvoirs et doivent lâcher prise. 

« il a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix. » Colossiens 2.15.

Mais faut-il encore le vouloir ? 

Ainsi, et comme dans la Genèse (2.9), par le Christ, Dieu a planté son Arbre de Vie dans le jardin du monde, par cela il nous place devant un choix essentiel : 

« j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité… » Deutéronome 30.19.

Ainsi et à l’exemple des deux brigands (Luc.23), vais-je me moquer du Sauveur qui me tend les bras ou venir à lui ? 

La victoire passe par la repentance

Notons que c’est par notre repentance, et donc en détournant notre adoration du mal, que nous pouvons sortir de la mort : c’est ce chemin que Pierre indique à ceux qui veulent entrer dans l’Église.

« Hommes frères, que ferons-nous?

Pierre leur dit: Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. Et, par plusieurs autres paroles, il les conjurait et les exhortait, disant: Sauvez-vous de cette génération perverse. » Acte 2.37-40.

C’est ce colossal enjeu de la repentance que met tristement en évidence l’Apocalypse. 

En effet, alors que l’Évangile invite au salut et que des fléaux frappent notre monde déchu, la majorité des hommes persiste dans les voies du mal… 

«Les autres hommes qui ne furent pas tués par ces fléaux ne se repentirent pas des œuvres de leurs mains, ils ne cessèrent pas d’adorer les démons, et les idoles d’or, d’argent, d’airain, de pierre et de bois, qui ne peuvent ni voir, ni entendre, ni marcher; et ils ne se repentirent pas de leurs meurtres, ni de leurs enchantements, ni de leur débauche, ni de leurs vols. » Apocalypse 9.20-21 (16.9-11).

Par amour, Dieu consent donc à laisser encore un peu de temps. Mais à la fin du temps de sa patience, il lui suffira d’un ordre pour que disparaisse la coalition des hommes et des puissances opposées à Dieu7.

C’est au sein de ce combat, mais avec l’assurance de la victoire, que se trouvent ceux qui vivent en Christ.

 

Notes :

1. Voir Apocalypse 12.3-7.

2. Jean 10.10.

3. Genèse 4.1-12. Voir aussi Jean 8.44.

4. Genèse 11.

5. Actes 4.24.

6. Marque de la Bête : Apocalypse 13.11-18. Voir Deut. 11.18

7. Dans l’Apocalypse, cette adversité s’exprime symboliquement par la fin du pouvoir de la grande Babylone et de la « bête ». Voir chapitres 16, 17 et 21.

Le combat spirituel

  • Spirituel
  • Le mal et la mort
  • Diable
  • Vie personnelle
  • Vie chrétienne
  • Résistance
  • Lien
  • Diable

Des forces invisibles

Mensonge, mépris, injustices, tortures, guerres… Tous les progrès techniques et l’accès à la connaissance n’ont pas fait disparaître la méchanceté. Au contraire, et comme le montrent les actualités, notre monde est le théâtre des plus terribles violences. 

À grande échelle, celles-ci aboutissent à des conflits et des emprises tyranniques sur des populations. Des ethnies sont massacrées, ou des croyants (le plus souvent chrétiens) sont sauvagement persécutés. À plus petite échelle, ces virus de haine s’insinuent dans les couples, les familles, et les quartiers. Ils détruisent la conscience du bien et du mal, l’amour entre l’homme et la femme et la bonne entente sociale.

De nombreux philosophes ont tenté d’expliquer le mystère du mal qui ronge l’humanité, mais à vue humaine, il est inexplicable. En effet, notre monde ne se limite pas aux choses matérielles et c’est dans l’invisible que se jouent les plus grands enjeux.

Dès ses premières pages, la Bible nous révèle que notre monde est le fruit d’une Parole divine mise en oeuvre par le Saint-Esprit. Malheureusement, en s’écartant de la lumière du créateur, les hommes vont s’ouvrir à des influences diaboliques. Ce sont ces forces obscures qui contribuent à semer la désolation dans le coeur des hommes et sur la Terre.

Ce combat est bien réel, et dans les Évangiles Jésus doit affronter les séductions et les forces meurtrières qui tiennent les cœurs, des forces qui chercheront également à le faire périr tout au long de sa vie. Mais Jésus les affronte et de nombreuses personnes habitées par des démons seront délivrées et sauvées.

Entrer dans la bataille

Aujourd’hui, de nombreux chrétiens ont pris conscience de l’influence des puissances invisibles. Dans certaines communautés, cela conduit les fidèles à se rassembler (parfois sur des points élevés) pour chasser les forces qui dominent les villes et les régions. 

- « Je chasse les séductions, les esprits de violence, de méchanceté, la pauvreté… »

Ces injonctions peuvent durer plusieurs jours et s’accompagnent parfois de jeûnes. Ainsi, au fil du temps, de nombreux lieux ont reçu ces ordres de libération… Mais, est-ce que les puissances ont été réellement vaincues ?

Soyons honnêtes, les villes et régions soi-disant « nettoyées » ne se sont pas améliorées et ont même très souvent plongé encore plus profondément dans le mal et la violence.

Ce manque d’efficacité des injonctions faites aux puissances nous amène aussi à observer que ni Jésus ni les apôtres n’ont combattu de cette manière. 

Certes, à de nombreuses reprises, ils nous invitent à prier avec vigueur pour invoquer la grâce de Dieu sur les régions et les autorités. Par contre, aucun de leurs enseignements ne nous demande de chasser les puissances à distance. Pourquoi ?

Une autorité pour libérer

Comme en témoigne la Bible, le Christ et ses disciples ont apporté d’immenses délivrances et la paix dans une multitude de villes et de villages.

Cette capacité à vaincre les forces du mal s’exprime notamment lorsque Jésus annonce qu’il voyait « Satan tomber du ciel comme un éclair... » Luc 10.20.

Cette colossale victoire céleste est-elle le fruit d’ordres de libération donnés à distance ? 

Non, Jésus prononce ces paroles alors que les 701 disciples qu’il a envoyés reviennent de leur mission.

Durant plusieurs jours, ceux-ci ont frappé aux portes pour annoncer l’Évangile aux familles. Ces contacts leur ont permis de prier pour les malades et d’exercer une autorité sur les esprits mauvais. 

À leur retour, ils expriment leur joie en rapportant à Jésus que les démons leur sont soumis en son nom. Jésus leur confirme alors le dépôt de son autorité :

« Je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l’ennemi ; et rien ne pourra vous nuire. » Luc 10.19.

Cette capacité à libérer les captifs est l’une des expressions de l’onction que Christ a reçue. L’Esprit du Seigneur l’a oint pour... libérer, guérir, apporter la grâce...2. C’est ce programme divin que le Christ confie à ses disciples. 

Plus tard, et après la résurrection, c’est encore avec la vocation contenue dans son onction qu’il invite les chrétiens à apporter l’Évangile aux nations.

« Allez par tout le monde, et prêchez la bonne nouvelle à toute la création. » Marc 16.15-18.

Ainsi, et grâce à l’Esprit qui descend à la Pentecôte, l’Église reçoit la vocation du Christ et son autorité pour chasser les démons, guérir les coeurs brisés et apporter l’Évangile de Paix.

Une autorité pour marcher

Grâce à l’Esprit, l’Église dispose de l’autorité du Christ. Celle-ci ne peut toutefois s’exprimer en dehors du mouvement qui conduit Dieu à rejoindre les hommes. C’est cette volonté qui s’exprime dans l’ordre « d’aller » et d’avoir une autorité pour « marcher sur...3 ».

L’obligation de s’approcher pour livrer bataille, c’est ce que le Christ a dû faire ! Ainsi, et pour libérer les hommes, il n’a pas crié contre le diable depuis le « Ciel »… De fait, et malgré son absolue autorité, Jésus a dû descendre pour marcher sur la Terre. Ce mouvement d’Amour le conduira notamment à traverser la mer de Galilée et la tempête pour venir libérer un homme habité d’une légion de démons. Dans sa relation avec cet homme, Christ lui donne la délivrance.

Casser les droits du diable

Ce n’est pas sans raison que le Christ doit venir jusqu’à nous. Par la rupture du lien qui nous unit à Dieu, les puissances disposent d’un droit sur nos vies. Pour libérer, il faut rompre cette spirale. 

C’est ce processus qui va s’exprimer lorsque les Hébreux étaient esclaves en Égypte. Les plaies et les démonstrations de la puissance de Dieu ne peuvent casser l’emprise diabolique du Pharaon. 

Pour libérer, il faut une « arme » suprême, et c’est lorsque le peuple mange l’Agneau et met son sang sur ses portes que le jugement et la grâce les libèrent.

Le Christ est l’Agneau qui délivre les captifs4. Mais pour vaincre, il doit entrer dans les vies. Les individus, les familles ou les régions ne pourront donc être libérées sans être visitées, se repentir et s’ouvrir à Dieu.

Le vrai combat : c’est évangéliser !

Malheureusement, beaucoup de chrétiens et de communautés ne réalisent pas la portée de l’onction qu’ils ont reçue pour « aller ». Cette ignorance peut les conduire à passer beaucoup de temps à combattre abstraitement les puissances. Pendant ce temps, les familles qui vivent à proximité et qui sont dominées par les puissances du diable ne sont pas visitées. 

Face à cela, les « révélations » qui font croire à l’Église qu’elle peut mener le combat en s’enfermant ne seraient-elles pas de subtiles séductions ?

Plutôt que de nous mettre à l’écart, obéissons aux paroles qui nous invitent à aller5, car c’est en apportant l’Évangile dans les familles que nous verrons la puissance de notre Seigneur. 

Pour ma part, j’ai pu observer que c’est lorsque je « vais » que l’Esprit appuie mon ministère avec la plus grande force. Il fait des miracles, donne des paroles de connaissance et me permet de sortir les hommes de l’emprise du mal.

Donne à tes serviteurs…

Comme le Christ l’avait annoncé, son Église doit très vite faire face à de diaboliques adversités. De fait, dans le quatrième chapitre des Actes, les chrétiens sont confrontés à des violences et des intimidations. De par les liens qui unissent le diable aux hommes, les puissances du mal peuvent agir dans les sphères politiques et religieuses. Face à cette emprise, les apôtres demandent à Dieu de les aider à porter sa Lumière :

« Et maintenant, Seigneur, vois leurs menaces, et donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance, en étendant ta main, pour qu’il se fasse des guérisons, des miracles et des prodiges, par le nom de ton saint serviteur Jésus.» Actes 4.29-30.

La réponse à cette prière ne se fait pas attendre et l’onction de l’Esprit se renouvelle avec force : 

« Quand ils eurent prié, le lieu où ils étaient assemblés trembla; ils furent tous remplis du Saint-Esprit, et ils annonçaient la parole de Dieu avec assurance. » Actes 4.31.

En parlant du combat spirituel, il est bien de rappeler qu’il n’est pas le coeur de notre vocation ; comme Jésus le dit à ses disciples, impressionnés par la puissance de leur ministère, l’important n’est pas de vaincre le diable, mais de vivre dans la communion avec Dieu. 

« Cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis; mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont écrits dans les cieux. » Luc 10.20.

Quelle espérance ! Un jour, toute la puissance du Diable sera anéantie, mais le lien de l’Amour de Dieu est éternel.

Questions (à méditer seul ou en groupe)

1.    Avez-vous conscience des combats spirituels qui ont lieu dans ce monde ?

2.    De quelles manières les puissances du mal exercent-elles leurs dominations ?

3.    Comment apporter la délivrance de Christ à ceux qui nous entourent  ?

*****

Quelques versets bibliques sur le combat spirituel :

«Ils l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage, et ils n’ont pas aimé leur vie jusqu’à craindre la mort. »
Apocalypse 12.11.

« Dieu résiste aux orgueilleux, mais il fait grâce aux humbles. Soumettez-vous donc à Dieu; résistez au diable, et il fuira loin de vous.. » Jacques 4.6-7.

« Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. » Éphésiens 6.11.

« Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, j’ai vaincu le monde. » Jean 16.33.

Notes:

1. Certaines traductions de la Bible mentionnent 72 disciples.

2. Voir Luc 4.16-21 (prophétisé dans Esaïe 61.1-2).

3. La nécessité de conquérir avec ses « pieds » était déjà préfigurée dans la promesse que Dieu fait aux Hébreux : « Tout lieu que foulera la plante de votre pied sera à vous ». Deutéronome 11.24.

4. Cette autorité absolue s’exprime dans la vision de l’Agneau sur le trône : Apocalypse 5.13, 6.13, 7.9-17...

5. Marc 16.15, Actes 1.8, 5.20.