Le Lien des Cellules de Prière

N°296 - Janvier 2021

Les quatre persévérances

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« Ils persévéraient dans l’enseignement des apôtres, dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, et dans les prières » (Actes 2.43).
Après avoir créé l’univers, la terre et la vie, Dieu a donné aux hommes le « souffle » de son Esprit. Grâce à ce cadeau divin, l’homme est devenu un être spirituel.
En tout lieu, cette conscience du monde invisible a conduit les hommes à élever des temples pour y accomplir des sacrifices et des cultes.
Cependant, et l’exemple de la tour de Babel, toutes ces tentatives pour s’élever vers Dieu sont illusoires, car celui qui a créé l’univers n’habite pas dans la « poussière » de ce monde. Ainsi, et comme Jésus le dit à la Samaritaine , Dieu est Esprit et l’on ne peut l’adorer sans être conduit en vérité dans sa présence.
Dans l’Église primitive, ce vrai culte s’exprimait par quatre « persévérances » :

 

1. L’enseignement des apôtres.
2. La communion fraternelle.
3. La fraction du pain.
4. Les prières.

 

1. L’enseignement des apôtres

Cette première persévérance nous invite à garder le contact avec la Parole de Vie. Dans l’Église primitive, les paroles du Christ étaient « écrites » dans le cœur de ceux qui avaient vécu avec lui. Ce sont ces très précieux témoignages que les apôtres nous ont donnés en rédigeant les différents livres du Nouveau Testament. Aujourd’hui, avec la Bible, nous pouvons vivre cette écoute personnelle et communautaire. Le rôle de cette ressource est souligné dans le Psaume 1. En effet, lire et méditer la Bible nous permet de plonger nos racines en Dieu, de grandir et de porter du fruit.
L’accès à ces ressources joue un rôle déterminant, car grâce au modèle du Christ et aux paroles inspirées par l’Esprit, je vais m’imprégner des vérités divines. Progressivement, ces révélations vont habiter et transformer mes pensées et ma manière de vivre.
Tout cela est très important, et une part déterminante de l’Église se construit dans le temps que nous consacrons à lire et à écouter la Bible.

 

2. La communion fraternelle

Dieu est Amour  … Ainsi, et comme le résume le commandement suprême, le vrai culte c’est aimer Dieu de tout notre être et c’est aimer les autres.
Il faut évidemment être plusieurs pour aimer, et c’est à cause de cette exigence que le Corps de Christ commence à se former à partir de deux personnes.
« Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux » (Matthieu 18.20).
Les bâtiments, la forme juridique, les statuts… Toutes ces choses sont utiles, toutefois, elles sont faites avec la « poussière » de ce monde et sont donc incapables de former le Corps de Christ.
Ainsi, et contrairement aux autres religions, le vrai culte ne consiste pas à monter vers Dieu, mais à accepter qu’Il descende pour nous sauver. C’est ce renversement inouï de l’Amour qui nous permet de considérer les autres comme des êtres de même valeur que nous. Dès lors, et à l’exemple de Jésus, les plus forts peuvent servir et soutenir les plus faibles. C’est cette humilité qui permet à de nombreuses communautés d’avoir une direction collégiale, où plusieurs ministères servent ensemble.
Pas facile toutefois de vivre l’unité, car les ressentiments peuvent facilement empoisonner nos relations. Aimer est donc bien plus que des sentiments, c’est un combat de tous les jours, contre soi-même, contre les séductions, la jalousie, la paresse, la cupidité…
Par exemple, parler durement à son conjoint avant de célébrer le Seigneur est un non-sens, car le Christ est déjà présent là où deux ou trois sont ensemble…

 

3. La fraction du pain

L’Évangile n’est pas un concept théologique, il est la manifestation réelle de l’amour qui conduit Dieu à se décentrer pour se donner à l’autre. En écho au repas de la Pâque, c’est donc par un repas que Dieu a choisi de nous transmettre sa révélation suprême.
« Jésus prit du pain ; et, après avoir rendu grâce, il le rompit, et le leur donna, en disant : ceci est mon corps, qui est donné pour vous » (Luc 22.19).
Malheureusement, beaucoup de communautés ont réduit cette fête à un acte liturgique et solennel. Cet assèchement et les divergences de doctrines qui conduisent à réduire la portée de ce repas en soulignent les enjeux.
En effet, et comme Paul le dit aux Corinthiens, en mangeant le pain et en buvant la coupe, nous annonçons la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne .
Le partage du corps et du sang est une fabuleuse proclamation de la victoire du Christ et de son règne à venir. De fait, lorsqu’une communauté partage ce repas, le diable sursaute et vacille.


 

4. La prière

La dernière persévérance nous invite à tisser des liens solides avec Dieu. Cette union en Esprit joue un rôle déterminant dans notre croissance. En effet, les prières ne consistent pas seulement à demander des choses, c’est un partage qui permet, à la maison, au travail et avec d’autres chrétiens, de vivre un échange continu avec Dieu. Cette relation permet d’exposer nos craintes, de mettre en lumière nos fautes… de lui soumettre nos projets… C’est en s’appuyant sur cette communion que l’Église s’édifie et devient un organisme vivant et solide.
Dès lors, et grâce à la relation intime des prières, le chrétien ne va pas « au culte » ; il est chaque jour le Temple dans lequel l’Esprit célèbre la gloire du Père. Sans cette vie spirituelle, l’église est condamnée à s’enfoncer dans une religiosité faite d’apparat, de discours, d’édifices et de poussières…

 

Conclusion

Les quatre persévérances mentionnées dans les Actes nous ramènent aux vrais fondements de l’Église. Nous pouvons remarquer que l’écoute, la communion, le partage du pain et la prière sont toutes des formes de la relation où se joue l’enjeu de l’Amour.
C’est seulement à travers ce rayonnement de l’amour de Dieu envers le prochain que le monde pourra « voir » la bonté infinie et bouleversante de son créateur. L’Église n’est pas un bâtiment, mais la source intense et jaillissante de l’Amour de Dieu.

 

Réflexions à partager en groupe

  • Comment donner plus de place à l’écoute de la Bible ?

  • De quelles manières renforcer la communion dans la communauté ?

  • Comment vivre la Cène / Eucharistie avec joie et avec autorité spirituelle ?

  • Comment faire de nos prières un vrai partage avec Dieu ?

 


Notes:
1. Jean 4.23-24.
2. Jean 4.8-16 ; Romains 2.4.
3. 1 Corinthiens 11.26.

Le culte dominical

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Lorsqu’en tant que chrétien on parle de culte, comment ne pas penser aux célébrations que nous désignons par ce mot et que nous pouvons vivre en communauté, principalement le dimanche matin. Cette pratique séculaire prend son origine dans l’Église primitive lorsque les communautés de disciples du Christ se réunissaient, autant au temple de Jérusalem (ils étaient tous juifs) qu’au domicile de particuliers. Le livre des Actes nous donne quelques informations générales sur la nature de ces rencontres.
Ainsi, comme cela a déjà été mentionné dans l’article précédent, la première indication de ce en quoi persévéraient ensemble les premiers convertis nous est décrit en Actes 2.42. Au verset 46, il nous est encore dit :
« Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur. » Ici, nulle mention d’un jour particulier, au contraire, il est dit qu’ils vivaient quotidiennement ces temps de communion fraternelle.
Mais en relisant Luc 4.14-24, on voit par exemple que le fait de se rencontrer en assemblée, dans un lieu dédié et un jour particulier de la semaine, pour écouter la lecture d’un passage des Écritures et en entendre une explication ou une interprétation, est une pratique directement héritée du judaïsme.
Aujourd’hui, nourrissant le désir d’un retour à une certaine forme d’authenticité, nous ne pouvons pas simplement chercher à vivre à l’identique ce que pratiquaient ces premières communautés, dans le contexte qui était le leur. Toutefois, ces indications nous montrent assurément sur quoi mettre l’accent dans nos rencontres fraternelles hebdomadaires et surtout la joie avec laquelle nous sommes appelés à les vivre.
Après bientôt 2 000 ans de « pratique », il est assez impressionnant de constater que d’une certaine manière et à des degrés divers, ces « éléments » de persévérance mentionnés dans le livre des Actes, sont encore les piliers de nos célébrations dominicales.
C’est évidemment beau et réjouissant, mais ce n’est pas suffisant. Car le risque existe que cette articulation de nos célébrations et la manière de les habiter soit quelque chose qui se fige au fil du temps, plutôt que de favoriser la dynamique de la vie en Esprit et en vérité vouée à couler en abondance dans le monde à travers nous. Restons donc sans cesse à l’écoute de Dieu et de sa Parole, prêts à être dérangés par lui dans nos habitudes !
Dès le commencement, la vie des communautés a été rythmée et influencée par ce qui se vivait au quotidien. Paul dans ses épîtres aux différentes communautés n’a eu de cesse de les redresser avec amour et fermeté, lorsque des problèmes ou des dérives de toutes sortes mettaient en danger leur cohésion et donc la prédication vivante de l’Évangile. Aujourd’hui encore, les temps où la communauté se forme et où le corps de Christ se rassemble devraient être l’occasion de réfléchir ensemble à la manière dont nous témoignons de notre foi en Christ, confrontés aux problèmes très concrets de la vie courante et de la société. Mais aussi de nous encourager mutuellement par des témoignages de l’intervention parfois toute simple, mais porteuse de joie, de Dieu dans nos vies.

 

« Aller au culte »

Cette habitude de langage me semble bien malheureuse car elle déforme immanquablement notre perception de ce qu’est le culte, le réduisant à un lieu où l’on peut se rendre et à un moment très cadré dans le temps. En parlant de la sorte, ne pensez-vous pas que l’on favorise une attitude passive, que l’on se place dans une posture de simple spectateur ? On va « au culte » un peu comme on irait au spectacle. Alors que nous sommes appelés à rendre un culte, a être le culte, offrant des sacrifices de louange. Car notre Père céleste recherche des adorateurs en esprit et en vérité.

 

Place de la liturgie dans le culte

Le sens premier du mot liturgie, (issu du mot grec leitourgia) est « service du peuple ». Dans le Nouveau Testament il est tantôt traduit par service, assistance, ministère ou même carrément culte. Aujourd’hui, la liturgie est l’ensemble des paroles et actes articulant les temps d’une célébration. Par son caractère structurant, elle a une véritable importance dans notre dimension temporelle et matérielle, mais elle ne doit pas prendre une place trop grande, ni devenir un étouffoir à l’action de l’Esprit et à la spontanéité naturelle, en devenant une tradition sans vie. Elle doit toujours être au service et à l’écoute de Christ afin de se faire tantôt réceptacle, tantôt lieu d’offrande. La liturgie est donc « service du peuple » , le peuple est donc appelé à y être actif, à en être partie prenante. Autrement dit, le culte n’est pas l’affaire des « professionnels », mais de tous. Il me semble qu’un des rôles les plus importants du pasteur d’une communauté, des anciens et des diacres qui l’entourent, est de discerner les charismes des paroissiens et de leur permettre de les mettre au service de la communauté et de Dieu, et ainsi de trouver la place unique qui est la leur.
 

Pistes de réflexion

  • Quelle place occupe le temps de culte communautaire dans ma vie de foi ?

  • Quelle y est mon offrande vivante, ma contribution personnelle unique ?

  • Quel impact ce temps communautaire a-t-il sur ma relation quotidienne avec Dieu et avec les personnes
    que je côtoie ?

Un culte qui fait corps avec toute la vie

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« Offrez vos corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu ce qui sera de votre part un culte conforme à la Parole  » (Romains 12.1).

« Quoi que vous fassiez en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant grâce par lui à Dieu le Père » (Colossiens 3.17, réalisé en Actes 2.41-47) !

 

Un culte vers la plénitude


Après la résurrection de Jésus et sur sa recommandation, environ 120 de ses disciples se rassemblent en un même lieu pour la Pentecôte ; voilà 10 jours qu’ils sont en prière (Actes 1.8, 13-15). Cette première communauté messianique reçoit à ce moment-là les prémisses de son plein héritage futur : chaque participant est immergé dans le Saint-Esprit et rendu capable d’exprimer les merveilles de Dieu en toutes langues (Actes 2). La communauté est dès lors remplie de louanges, de révélations et de puissance pour le témoignage et la proclamation du monde nouveau  ! Le premier culte selon l’Esprit est né !

Quelques caractères essentiels (en plus des 4 persévérances d’Actes 2.42 déjà traitées).


1)  Orienté vers un seul but, le Règne de Dieu

Lors de ces étapes décisives, Jésus et ses apprentis vivaient un culte agréable à Dieu (Hébreux 12.28), tout entier dirigé vers l’espérance de voir le Royaume des cieux se manifester sur la terre par l’avènement du Seigneur qui ressuscite les morts (1 Thessaloniciens 4.13) ! Dans l’Apocalypse, les visions finales de la nouvelle Jérusalem laissent entrevoir d’immenses assemblées de ressuscités de toutes races et de toutes langues adorant et glorifiant Dieu le Père et l’Agneau de Dieu (Apocalypse chap. 7, 19 et 21).

 

2.  Christ, le centre, permet que toute vie devienne culte

Dans la vie nouvelle, on peut dire que tout devient « culte », selon l’extraordinaire parole de Paul citée en tête : « Quoi que vous fassiez… faites tout au nom du Seigneur Jésus en rendant grâce… ». Donc tout est centré sur l’Homme qui est l’incarnation même de Dieu, source de tout bien et de toute vie. La séparation entre le sacré et le profane disparaît puisque Dieu règne sur tout, selon la parole du prophète Zacharie (Zacharie 14.20-21). Tout est rendu saint sous la couverture du Christ. Voilà le fondement du culte chrétien !
 

3) Une famille universelle

Des familles et des personnes seules vivent comme dans une immense « Famille », où l’on célèbre le Père qui est saint, amour, puissance et sagesse ; on y vit comme des frères et sœurs qui s’entendent bien, membres de Christ et membres les uns des autres, où l’on peut tout se dire dans l’amour et le partage ! (Actes 2.44-46 ; 4.32 ; 1 Corinthiens 12.27 ; Éphésiens 4.25)

4. La créativité est libérée tout en étant ordonnée

La liberté est toujours un risque (Galates 5.13). Un des rares versets qui nous parle de la communauté réunie pour célébrer le Seigneur se trouve en 1 Corinthiens 14, en particulier le verset 26. Et que voit-on ? La diversité des dons et fonctions : « Chacun a-t-il un cantique, une instruction, une révélation, une langue, une interprétation, que tout se fasse pour la construction d’ensemble », construction ordonnée par l’Esprit Saint qui vit dans les croyants (la liste est loin d’être épuisée !)
 

Exemple d’un modèle pratiqué dans la durée !

Ce à quoi l’on ne pense presque jamais quand on évoque un culte qui fait corps avec la vie, c’est la communauté vécue par Jésus et ses disciples pendant trois ans sur le lac et les routes de Galilée et en Judée, dans des synagogues et dans la cour du Temple..! S’agissait-il vraiment d’un culte ? Je le crois. Par la présence de Jésus, il était « en Esprit et en Vérité », et même « en action et en Vérité » (1 Jean 3.18) !
Il y a dans cette formation reçue par les Douze des éléments qui sont transposables dans une vie d’église. Il suffit de comprendre que les échanges de vive voix entre les disciples et le Messie étaient ce que nous appelons « la prière ». Nous comprenons aussi que la présence physique de Jésus dans sa première venue est maintenant devenue sa « présence en esprit » dans nos cœurs. Jésus a dit que ce nouveau mode de présence nous serait « avantageux » parce que non limité dans l’espace ni dans le temps (Jean 16.7-8).
Ainsi tout comme les Douze, nous expérimentons la joie d’être avec le Maître, à l’écoute de sa voix dans nos consciences, en prise directe avec nos réalités ; nous apprenons à gérer les conflits comme Jésus l’a fait. Avec lui et ses apôtres nous partageons les souffrances et l’opposition du monde aujourd’hui comme alors, nous recevons la sagesse pour répondre aux questions-pièges ; comme les Douze, nous vivons aussi parfois des expéditions missionnaires à court terme avec mise en pratique des dons, de l’humilité et de l’audace... Lisez Esaie 58.6-12 : « voici le jeûne auquel je prends plaisir… » et remplacez le « jeûne » par le mot « culte » – transposition tout à fait légitime – et le culte devient très pratique et concret !


 

5.  Un culte en mouvement !

Tout cela est à la fois un culte et une formation de disciples. Un tel « culte » comprend une certaine « mobilité » du dedans vers le dehors. Par exemple l’intercession pour des peuples lointains ; de petites équipes parcourant, en priant, les lieux publics ; des visiteurs dans les quartiers de la localité porteurs de la bonne Nouvelle dans les maisons. Nous avons là un « culte mobile » ! J’ai connu l’expérience d’un bus avec une équipe qu’on pouvait déplacer d’un quartier à l’autre de la ville pour atteindre différents milieux avec l’Évangile, avec l’offre de la prière de guérison aux malades ou encore avec la louange musicale sur des places publiques. Avec de tels petits groupes mobiles, même dans une arrière-salle de bistrot ou dans des banlieues de misère, « là où deux ou trois sont unis en mon Nom, Je suis au milieu d’eux » ! Donc le culte est là parce que le Souffle du Fils de Dieu s’y manifeste !
Dans les temps de dures confrontations qui arrivent sur le monde, le culte ne peut plus être une routine sans surprise et à huis clos, mais il peut devenir une source jaillissante de vie divine avec des percées dans les rues !


Questions

  • Les prédications et les chants des églises que vous connaissez sont-ils orientés régulièrement vers l’espérance communautaire de la venue du Royaume de Dieu sur la terre ?

  • Voyez-vous des initiatives à prendre personnellement et en famille pour qu’il y ait toujours plus de ponts
    entre la vie pratique de la semaine et la sacralité des cultes du dimanche ?