Le Lien des Cellules de Prière

N°280 - Janvier 2017

La prière et la vie

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1. Le lien entre la prière et la vie.
La prière et la vie sont un tout, et c’est dans la mesure où nous arrivons à harmoniser les termes de notre prière et la façon dont nous vivons que notre prière acquiert de la force, et l’efficacité que nous en attendons.

Ainsi, trop souvent, nous nous adressons au Seigneur en espérant qu’il fera ce que
nous devrions faire en son nom et dans son service.

Trop souvent aussi, nos prières sont des discours polis, bien préparés, comme s’il suffisait de les lui répéter d’année en année d’un cœur froid et d’une intelligence paresseuse, sans que notre volonté y soit impliquée. Parfois, nous répétons les prières réalisées par des héros de la foi en croyant que Dieu va les écouter davantage alors que la seule chose qui importe au Seigneur, c’est le cœur de celui qui parle, la volonté tendue à l’accomplissement de sa volonté.

Par exemple, pouvons-nous dire: «Seigneur, ne nous induis pas en tentation», et qu’ensuite, d’un pas léger, nous allions là où la tentation nous guette ou que nous fassions le mal?

Par nos attitudes, nos prières peuvent devenir des lettres mortes, et même des lettres qui tuent. En effet, chaque fois que nous faisons perdre à nos prières leurs intensités, nous devenons de moins en moins sensibles à leur impact, et de moins en moins capables de vivre les prières que nous prononçons.

Il y a donc là un problème à résoudre dans la vie de chacun; nous devons faire de nos prières des règles et des objectifs de vie.

Si nous disons au Seigneur que nous lui demandons son secours pour échapper à la tentation, nous devons aussi mettre toute l’énergie de notre âme et toute la force qui nous est donnée pour éviter d’entrer dans les tentations.

Si nous avons dit au Seigneur que notre cœur se brise à la pensée de la faim et de la soif et de la solitude de telle ou telle personne, nous devons aussi entendre la voix du Seigneur nous répondre: «Qui enverrai-je?» Saisi par cet appel, il s’agira alors de nous tenir devant lui, en lui disant: «Me voici Seigneur», et nous mettre en mouvement sans attendre.

Dans cette dynamique, il ne faut pas laisser le temps permettre à une pensée opposée de se glisser et de corrompre l’appel donné par Dieu. Car sans cette fermeté de la prière, des arguments contraires se glisseront comme des serpents en nous chuchotant «Plus tard», ou bien «Le faut-il vraiment?» ou encore «Dieu n’a-t-il pas quelqu’un de plus libre que toi pour accomplir sa volonté?» Par ces doux mensonges, l’énergie divine que nous avait communiquée la prière s’amenuise et meurt en nous.

La décision de lier nos prières à nos actions est essentielle et va transformer notre vie d’une façon très profonde. Ainsi, choisissez une prière (par exemple le Notre Père), et faites-en un programme de vie, et vous verrez que cette prière ne deviendra jamais fatigante, qu’elle ne s’usera jamais, parce que de jour en jour elle sera affûtée, aiguisée par la vie elle-même.

Par exemple, quand vous aurez demandé au Seigneur de vous protéger au cours d’une journée entière contre telle ou telle adversité, telle tentation, de résoudre tel problème? Si vous avez fait votre devoir de lutter et de collaborer avec l’aide de l’Esprit, la prochaine fois que vous vous présenterez devant Dieu, vous aurez beaucoup de choses à lui dire. Vous pourrez le remercier de l’aide donnée, vous pourrez chanter la joie de ce qu’il vous a donné de faire et de ce que vos mains faibles ont pu réaliser. Vous aurez aussi la grande joie d’avoir accompli sa volonté, d’avoir été son regard, son oreille et sa compassion incarnée, vivante, créatrice.

Ce lien extraordinaire, entre ce que nous demandons à Dieu et la réponse que nous lui donnons, personne d’autre ne peut le faire pour nous.

2. L’intégration de la prière dans la vie
L’un des grands privilèges de lier la prière à la vie est de pouvoir faire face aux situations qui nous dépassent. Par cette implication de la prière dans notre marche, notre prière n’est pas enfermée dans les moments solennels, mais elle s’intègre à tout ce que nous vivons, elle devient continue.

Cette connexion nous permet d’incarner la présence de Dieu dans les lieux et les temps où nous vivons. Par cela nous formons personnellement et communautairement une extension du Corps du Christ.

Cet appel à manifester la présence du Dieu vivant dans le monde qu’il a créé consiste aussi à exprimer notre nature divine de fils de Dieu et à être des temples habités par l’Esprit saint.

Selon cette grande vocation, toutes les circonstances qui se présentent à nous sont à recevoir avec le Seigneur; chaque personne qui croise notre route est un appel à répondre avec toute la profondeur de notre foi, avec toute la profondeur de notre cœur relié au Royaume de Dieu. Avec cette conscience de faire route avec le Seigneur, nous pouvons lui demander de nous accorder la sagesse, la force de pardonner.

Pourrions-nous faire quelque chose de bon, sans que Dieu le fasse en nous et par nous? Non! Avec notre indignité, notre aveuglement et notre méchanceté, nous ne pouvons aucunement aimer et servir par nos propres forces. C’est pourquoi nous avons un grand besoin de progresser dans la prière pour être greffés à la vigne vivifiante qui, seule, nous permet de porter du fruit.


3. L’obstacle: le manque de foi.
L’une des grandes difficultés de la prière, c’est le manque de foi. Ainsi, beaucoup de chrétiens, qui sont parfaitement en état de louer le Seigneur et de le remercier, ne sont pas capables de traduire leur foi dans les actes.

Si nous voulons agir avec Dieu, il ne suffit pas de lui laisser le champ libre et de dire: «Seigneur, de toute façon tu ne feras que ce que tu veux; fais-le donc sans que je te gêne.» Dans les bonnes ou les mauvaises situations, il faut apprendre à discerner la volonté de Dieu afin de pouvoir comprendre le dessein de Dieu.

Rappelez-vous la Cananéenne qui est venue implorer la guérison de sa fille. Malgré l’apparent refus de Jésus, l’intensité de sa foi et la finesse de son ouïe spirituelle lui ont permis de comprendre qu’elle pouvait insister en s’appuyant sur l’amour de Dieu. À sa suite, il nous faut savoir regarder la trace invisible du Seigneur.

Comme une brodeuse qui coud une tapisserie, naturellement nous ne voyons que l’envers du décor, mais avec la foi, nous en voyons la partie tournée vers Dieu et qui forme l’image qu’il réalise. En percevant cette vision, notre prière ne sera jamais en opposition à la volonté de Dieu, mais en harmonie avec elle.

Il faut donc savoir méditer et regarder ce que Dieu désire pour percevoir la façon dont Dieu construit l’histoire, dirige une vie, approfondit une situation, crée un système de relations.

La prière de foi ne consiste donc pas à invoquer ou à supplier Dieu pour obtenir une chose qu’il ne veut pas faire, mais au contraire à collaborer avec lui et en lui permettant d’agir en nous, et à travers nous.

Pour cela, il faut savoir se taire pour entendre, il faut savoir examiner les situations en sondant la pensée de Dieu. Par la recherche, par la réflexion, par la prière, par le silence et l’approfondissement de la Parole, nous pourrons voir les choses dans leur réalité objective, c’est à dire telles que Dieu les voit. Seulement alors pourrons-nous poser la question essentielle: qu’est-ce que Dieu veut dans cette réalité? Quel est son désir, que fait-il?

Cette perception de la volonté de Dieu peut éclairer la réalité la plus laide, la plus odieuse, la plus infâme et nous permettre de voir et d’apporter avec foi le Royaume de Dieu dans les plus intenses ténèbres.

Extrait (et reformulation par la rédaction) de: Lumen Vitae (Bruxelles), 24, 3 (1969).




Conseil pour la prière
En vous éveillant le matin et avant toute chose, remerciez Dieu pour la journée qui commence:
«Voici la journée que l’Éternel a faite, qu’elle soit pour nous un sujet d’allégresse et de joie!» (Psaume 118.24)

Soyez convaincu de deux choses: la première, que vous appartenez à Dieu; la seconde que cette journée lui appartient également et qu’elle est totalement neuve et unique. Elle n’a jamais encore existé. Elle est, dirait-on en Russie, comme une vaste étendue de neige immaculée. Personne ne l’a encore foulée aux pieds. Elle s’étend toute pure et vierge devant vous.

Et ensuite, que faire?
Il faut demander à Dieu qu’il bénisse cette journée, que tout en elle soit béni par lui et dirigé par lui. Il faut ensuite prendre cette journée au sérieux.
Si souvent nous disons: «Seigneur, bénis-moi!» et, après avoir reçu la bénédiction demandée, nous agissons comme le fils prodigue: nous rassemblons nos biens et partons à l’étranger pour y mener une vie dissolue.

Cette journée est bénie par Dieu) elle appartient à Dieu: il faut maintenant y pénétrer. Vous entrez dans cette journée en qualité de messager de Dieu; quelles que soient les personnes que vous puissiez rencontrer, vous les rencontrerez selon le dessein de
Dieu. Vous êtes présence de Dieu, présence du Christ, présence de l’Esprit, présence de l’Évangile; telle est votre fonction en ce jour précis.

L’école de la prière, Seuil 1974


*Antoine Bloom, 1914-2003 a exercé comme évêque dans l’église orthodoxe russe en Grande-Bretagne et en Irlande.


Réflexion à mener en groupe ou personnellement.

1. Quel type de prière vivez-vous principalement? Des prières pour obtenir quelque chose, ou une prière de relation avec Dieu?

2. Comment renforcer l’intégration de la prière dans votre vie?

Préparez la route du Seigneur

  • Spirituel
  • Royaume de Dieu
  • Dieu
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Une voix crie : préparez au désert le chemin du Seigneur ; aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu. Que toute vallée soit rehaussée, que toute montagne et toute colline soit abaissée, que les éperons rocheux se changent en plaines et les ravins en vallons ! Alors la gloire de l’Éternel sera révélée et au même instant tout le monde la verra ; car la bouche de l’Éternel a parlé ! Esaïe ch. 40 v.3-5. Voir aussi Luc 3. 2-10 ! Lire également : 1Corinthiens du ch.1 v.17 au ch.2 v.16 !

Comme chrétiens engagés nous sommes souvent désarçonnés par le rejet de nos contemporains de considérer la référence centrale du Dieu créateur. Ce rejet, devenu largement majoritaire dans nos sociétés, englobe le rejet de ses commandements visant à conduire l’humanité dans l’amour et la justice. Ainsi, dans la société globalisée qui est la nôtre, ce sont les idéologies et les pouvoirs financiers et technologiques qui contrôlent le monde, sans pour autant savoir où il va. 
Que faire alors, ne sommes-nous pas devant des murs plus hauts que ceux de Jéricho, devant des géants bien plus grands que Goliath ? Pourtant
la gloire du Seigneur sera révélée, car sa bouche a parlé ! 

Pour faire face à ces défis, des figures comme celles de Moïse, Josué, Élie, Jérémie, Daniel sont inspirantes. Et plus spécialement
Jean Baptiste, le Précurseur, est un bon exemple pour notre génération. C’est lui qui a repris ces paroles de Dieu délivrées par Esaïe des siècles plus tôt : 
« 
Préparez au désert le chemin du Seigneur, aplanissez dans les lieux arides une route pour notre Dieu » ! 
Lorsque Jean baptiste proclame ces paroles, cela faisait quatre cents ans qu’il n’était plus paru de prophètes en Israël ! Avec une telle attente, de nombreuses personnes devaient croire que le Dieu qui avait fait alliance avec Abraham, Isaac et Jacob 19 siècles auparavant n’était qu’une croyance partagée par un cercle d’initiés. 

Mais soudain — tel un coup de tonnerre dans un ciel sans nuages ! – un prophète hors norme et comparable à Élie surgit du désert. Il proclame d’une voix forte que ce qui a été prophétisé depuis longtemps est à la porte : le
Messie arrive ! Et avec lui, un grand chambardement, le renversement de la marche de l’humanité commence, Dieu va faire un tri radical : d’un côté de la paille à brûler, de l’autre du grain pour les greniers. La hache est déjà prête pour abattre les arbres sans fruits ! C’est le temps de la décision (Joël 4.12-14) !
Cette proximité invite à un changement radical et Jean appelle ses compatriotes à se 
préparer, à réviser toutes les idées et les valeurs et surtout à changer de comportements. 

Devant ce message, qui diffère des prédications monotones de la tradition, les gens s’interrogent :
que faire, alors ? Le prophète Jean répond : » si vous voulez changer de vie maintenant, faites-vous baptiser (immerger) dans le fleuve du Jourdain » ! 
Un premier tri s’opère déjà entre ceux qui acceptent ce signe de repentir, et ceux qui n’en veulent pas ! Mais Jean exige des changements pratiques et concrets dans les relations humaines et pas juste un acte formel de la religion pour échapper au jugement ! (Luc 3.11-14).
 
Ce message invitant à revenir à la source a eu un impact extraordinaire sur le peuple et cela sans autres miracles que le courage d’avoir risqué sa vie jusqu’à la mort ! 
Jean a osé, en effet, adresser des remontrances jusque chez le roi Hérode Antipas qui se trouvait en situation d’adultère avec la femme de son frère ! D’où Jean-Baptiste tenait-il sa puissance d’interpellation et une telle audace ? De celui qui venait juste
après lui : de JÉSUS lui-même, revêtu de l’Onction de Dieu, dont Jean ne se sentait pas digne de dénouer les sandales, le Christ, le Messie qui devait venir !
 
Quatre cents ans plus tôt, Malachie avait prophétisé ces événements (Mal.4.1-6). Et Jésus lui-même confirme que c’est bien l’Esprit d’Élie qui était sur Jean Baptiste (Mat.17.10-13). Or, l’Esprit d’Élie et de Jean Baptiste n’est autre que l’Esprit Saint qui est descendu sur l’Église et qui anime aujourd’hui des disciples qui se lèvent de plus en plus (en particulier chez des jeunes). Ce souffle-là est répandu pour libérer et préparer la seconde et dernière venue du Messie d’Israël en roi Sauveur. Ainsi, ce ministère des derniers temps est porté non plus par un seul homme comme Jean B., mais par un mouvement d’intercesseurs et de témoins qui apparaîtra toujours plus coordonné par Dieu lui-même (Esaïe 62.10).

Fini le temps où la masse des chrétiens ne s’occupe que d’eux-mêmes et de leur confort religieux, que du fonctionnement de leur église-club ! Fini le petit train-train ! Il s’agit maintenant de frayer la route royale au Messie Jésus
qui vient : « béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » ! (Ps.118.26).  

Mais comment apporter un tel message aujourd’hui ?
 Examinons comment les apôtres de la nouvelle Alliance ont compris ce ministère avec les deux chapitres de la première lettre aux Corinthiens indiqués en titre.

L’apôtre Paul affirme qu’il n’est pas venu avec la sagesse du langage des orateurs séducteurs de ce monde ni avec une sagesse philosophique humaine (il en avait pourtant les moyens !). Il affirme être venu prêcher aux Corinthiens, comme à d’autres, avec ce qui n’apparaît au monde que comme une faiblesse, une rêverie, une folie ridicule : le message d’un Sauveur qui a fini rejeté et crucifié par les chefs de son peuple et par le pouvoir de Rome... Quelle folie, avec sa fin tragique, Jésus n’est-il pas un « looser » comme on dit aujourd’hui ?
Oui ! Sauf que ce » perdant » apparent est le seul homme qui soit ressuscité des morts pour ne plus mourir, mais au contraire pour régner ! 
Quand les temps seront accomplis, il viendra dans la gloire de son Père. 
Ces trois éléments :
la croix, la résurrection et le retour en puissance de Jésus font partie du « scandale » de l’Évangile ! 
Mais la résurrection du Christ et son élévation 40 jours plus tard changent tout (Mc. 16 ; Luc 24 ; Actes 1). Le témoignage des apôtres comme celui du Saint-Esprit l’attestent en nous. 

Je me trouve parfois confronté à cette réalité d’être porteur — comme tout chrétien authentique — d’un message « fou » au sein d’une société qui pense ne pas l’être ; parmi des gens qui mettent de côté tout ce qui, dans la Bible et dans l’Église, est surnaturel, ce qui échappe à leur contrôle et tout ce qui leur semble inefficace (en Occident tout au moins… mais cela ne les empêche pas pour autant de consulter devins, voyants et astrologues !). 
Par-dessus tout, la simple référence à un Dieu accessible apparaît hautement suspecte dans une société où sont honorés les « gagneurs » et les stars de la performance ou les concept rationalistes … (l’Afrique est heureusement encore passablement épargnée par cette dérive). 

Pour exemple : je me trouvais récemment dans une conférence de mise en garde contre le danger d’islamisation de la culture européenne. Je discutais avec des gens qui défendaient plusieurs valeurs que j’approuvais, toutefois, les moyens qu’ils préconisaient pour atteindre leurs objectifs de » sauver cette civilisation » appartenaient à ce que Saint Paul nomme la « sagesse de ce monde ». Ils étaient manifestement sans révélation divine. Ce qu’ils préconisaient pouvait aboutir à des actions opposées et symétriques au danger qu’ils dénonçaient. De fait, par ces modes d’action, ils étaient dans le même état d’esprit que leurs adversaires (réagir par
contraintes, exclusions, etc.). En outre, ils ne voyaient pas que leurs valeurs (laïcité républicaine, droits du citoyen, démocratie) étaient impuissantes pour combattre une puissance d’ordre « spirituel » comme l’islam. Face à ces enjeux, j’essayais d’introduire la dimension spirituelle biblique du Christ crucifié et cependant capable de libérer et de réconcilier l’humanité. Je sentais bien que, tout en m’écoutant respectueusement, mes auditeurs devaient se dire : « ce gars-là est étrange, je n’ai pas entendu ce point de vue, mais tout cela n’est pas réaliste, les rêveurs comme lui ont leur foi dans les nuages et vont se faire renverser… » Malgré tout, je discernais qu’ils étaient un petit peu interpellés (il faut évidemment plus qu’une simple discussion, pour renverser les forteresses). N’empêche que c’est bien cette « sagesse folle » que Paul prêchait, à la suite de Jésus !

Le choc frontal.
Jésus est venu annoncer le nouveau Règne humblement et dans la douceur, et pourtant cela n’a pas évité la collision frontale avec ceux qui entraient dans le jeu séducteur de Satan : les pouvoirs religieux, politiques et financiers.
À sa suite, les apôtres ont annoncé Jésus comme Seigneur. Ils l’ont fait sans autres appuis que le Dieu invisible (ni argent, ni militaires, ni médias sophistiqués) et cela a aussi abouti à un choc : 

- avec « les Grecs » qui cherchaient leur propre voie  « raisonnable », celle des concepts avant tout intellectuels ; 
- avec « 
les “Juifs » qui, eux, réclamaient du Messie des changements sociaux et politiques immédiats et miraculeux !

L’apôtre Paul, qui avait les capacités pour gagner les élites et répondre à ces deux sortes d’attentes, n’a pas eu recours à ce qui pouvait flatter les hommes. Suivre les désirs des prétentieux et rebelles les aurait laissés tels quels dans leur péché contre Dieu ! C’est pourquoi Paul est venu avec la sagesse et la puissance de Dieu manifestée par Christ ! (2 v. 4-5). 
En effet le Dieu des prophètes et de l’Alliance offerte à la Croix ne saurait laisser l’homme déchu dans son arrogance et se prendre pour le centre de son monde ! Seuls la foi en l’Eternel et le passage par le chemin de la croix permettent de changer de mentalité et d’entrer dans le Royaume de Dieu.  


La confrontation salutaire et l’amour du Père !
Toutes ces choses nous rappellent que, nous, Chrétiens du 21e siècle, sommes invités à suivre un appel comparable à celui de Jean, le Précurseur de Jésus, et à celui des apôtres du Messie. Dans ces temps de la fin, il faut cesser de ménager la pensée charnelle et prétentieuse des hommes en pensant les gagner par la sagesse humaine. Nous ne sommes plus en terrain neutre, mais dans une guerre spirituelle qui nécessite les armes de Dieu. Il faut oser la confrontation spirituelle entre la Parole de Dieu, Parole de Vie, et celle du diable qui s’est infiltrée dans le monde. Ce combat se livre par la prière et l’annonce confiante de la vérité, contre la séduction, la méchanceté, la manipulation et la mort, et en démontrant un style de vie différent !
Oui, il faut oser affronter ces forteresses, mais toujours en aimant les humains, victimes plus ou moins consentantes, le tout en ayant une approche adaptée à chaque personne. Donc, surtout pas de fanatisme aveugle, mais la force de l’Esprit dans l’amour et la grâce !

Les apôtres abordaient généralement leurs contemporains juifs avec le message de la résurrection : « Christ est ressuscité des morts sans l’aide de personne, ce miracle confirme la portée de ses actes et de ses paroles ! » Quand il s’agissait de païens ignorants, les apôtres préparaient le terrain en parlant d’abord du Dieu créateur qui pourvoit aux besoins du monde, mais sitôt après, ils proclamaient le Christ ressuscité destiné à régner et à juger (Ac.4.33 et 17.31 !). C’est aussi généralement comme cela que nous devrions aussi parler avec nos contemporains inondés de confusions et de discours lénifiants. 

La résurrection de Jésus… et aussi l’amour du Père qui s’est donné en son Fils, pour une génération orpheline ou abusée ! 
Bien entendu, notre qualité de vie doit rendre nos paroles vraisemblables et crédibles : paix, joie, justice pratiquée, amour entre nous dans la vérité par le Saint-Esprit (Rom.14.17). Ce témoignage doit aussi viser à pouvoir prier avec les gens pour leur permettre de comprendre que Dieu les voit et qu’il peut répondre à leurs besoins.

Dans tous les cas et dès que possible, nous devons
présenter « Jésus-Christ et Jésus-Christ Crucifié »! 
Ainsi Paul, avec les Corinthiens, aussi débauchés qu’aujourd’hui, ne voulait rien savoir d’autre (1Cor.1.2). Il n’était pourtant pas dans une grande forme quand il leur a annoncé la Bonne Nouvelle pour la première fois, bien au contraire, il était très faible (v.3-4) ! Toutefois cette limite fut pour lui comme une chance, car il était obligé de s’appuyer uniquement sur le Seigneur. De même, face à l’arsenal d’arguments prétentieux qu’on va nous opposer comme un rideau de fumée ; ou face aux arguments massivement dogmatiques que vont nous balancer certains musulmans… notre faiblesse devient une arme, car elle nous conduit à nous appuyer sur Jésus et le Père et à faire appel au Saint-Esprit ! 
Avec de tels appuis le meilleur se produira :
« une démonstration d’Esprit et de puissance » (1Cor. 2.4 ; 4.20 ; Rom. 15.19 ; 2 Cor. 3.6 ; 1 Th. 1.5)!

Savez-vous ce qui nous retient d’en arriver à cette seule façon vraiment spirituelle de produire les percées du Royaume de Dieu ? 
– C’est notre peur de paraître ridicule ! 
– Ou alors, c’est notre peur de provoquer l’opposition des hommes et peut-être une forme de persécution... 
– Ou encore c’est notre manque de foi en Dieu. 
Ne pourrions-nous pas surmonter ces peurs par l’amour ? Et par la foi ? Sachant que dans cette posture, nous pouvons non pas exclure, mais englober toute personne rencontrée dans l’amour de Dieu !

Notez, pour finir, que l’apôtre Paul s’attache à montrer dans la suite du chapitre deux de 1
Cor (dès v.6), que c’est bel et bien une sagesse (et non une folie) que nous annonçons ; c’est bel et bien une puissance (et non une pitoyable faiblesse) que nous faisons connaître ! 
Force et sagesse qui sont de Dieu et non de ce monde, parce que le Seigneur nous les a révélées ! Si nous sommes
transformés par le renouvellement de notre pensée (Rom.12.3) nous pouvons faire confiance : nous avons la pensée de Christ (v.16b). La foi de ceux que nous conduisons à Christ ne sera pas fondée sur ce que le monde appelle intelligence et efficacité, mais sur la puissance de Dieu ! Serez-vous avec le Messie qui vient, Jésus-Christ, lui qui a été fait, de la part de Dieu, notre sagesse, et aussi notre justice, la source de notre sainteté et le libérateur des hommes ? (1Cor.1.10). Serez-vous, avec nous, de ceux et celles qui préparent la voie royale du Seigneur des seigneurs ?


Réflexion à mener en groupe ou personnellement.
Quels sont les obstacles que vous ressentez à témoigner du Christ ressuscité, dans votre entourage?

Comment pourriez-vous les surmonter?




NOTES:

1. Le rapprochement du désert et d’Elie suggère que Jean appliquait les vœux et le style de vie du naziréat (nombres 6.1-21).

2. A Lausanne (Suisse) une jeune Africaine arpente parfois les rues avec un panneau dorsal résumant ce message !

3. Scandale: ici au sens de "ce qui achoppe, ce qui peut faire trébucher parce qu’humainement inacceptable".


4. S’il fallait chercher une sorte d’évidence extérieure, on la trouverait dans la croissance phénoménale du "Corps de Christ" sur la terre, au cours des 20 siècles passés! Il y a certes eu du déchet, mais il y a aussi les centaines de millions de Chrétiens qui préféreraient mourir que de renier leur Seigneur! Ajoutons que la Bible s’est répandue dans toutes les langues de moyenne et grande importance sur les cinq continents, que les lois et la pratique de la vie sociale dans plusieurs nations en ont été transformées. Des communautés et des églises se trouvent dans presque tous les peuples et malgré les persécuteurs ; les signes et miracles authentiques reviennent en plus grand nombre, etc.