Le Lien des Cellules de Prière

N°277 - Avril 2016

La prière : une relation

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« Jésus priait un jour dans un certain endroit. Quand il eut fini, un de ses disciples lui dit: Seigneur, enseigne-nous à prier… » (Luc 11.1)

Dans les évangiles, nous observons que Jésus se retirait souvent à l'écart pour prier. Au début, pendant, ou à la fin d'une journée, il s'éloignait pour être seul avec son Père. Les disciples qui observaient leur maître devaient avoir constaté qu'à son retour, il était « ressourcé », renouvelé. Que se pas-sait-il dans ces moments « privés » du Seigneur ? D'où leur demande: « Seigneur, enseigne-nous à prier ».

De ce que nous apprenons par les évangiles, Jésus avait une relation très intime avec son Père. Cela ressort clairement de sa prière: « que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et comme je suis en toi, afin qu'eux aussi soient en nous pour que le monde croie que tu m'as envoyé. Je leur ai donné la gloire que tu m'as donnée afin qu'ils soient un comme nous sommes un, moi en eux et toi en moi, afin qu'ils soient parfaitement un et qu'ainsi le monde reconnaisse que tu m'as envoyé et que tu les as aimés comme tu m'as aimé. » (Jn 17.21)
Selon Jésus, la prière est avant tout un dialogue privé entre deux personnes qui ont entre elles une relation basée sur l'estime et l'amitié. L'écoute mutuelle est primordiale.
Notre prière est trop souvent un monologue et nous avons parfois de la peine à entrer dans une relation plus profonde, celle de l'Esprit comme nous l'enseigne Jésus: «les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité». (Jn 4.23)


Deux éléments à prendre en compte dans la prière

Dieu est Esprit, et ceux qui l'adorent le font à travers leur esprit. Êtres humains, nous sommes aussi des êtres spirituels vivant dans une demeure provisoire qui est notre « tente » (2 Co 5.1), et en Jésus-Christ, nous pouvons entrer dans l'intimité du Père. Par son Esprit agissant dans notre esprit, nous pouvons percevoir sa présence et entendre sa voix.
Dieu demande à ceux qui prient une approche basée sur la vérité et la transparence. Pour qu'un contact réel puisse s'établir, la prière doit venir du cœur sur une base d'absolue honnêteté.


Ces deux conditions sont essentielles pour que la prière devienne un dialogue constructif entre deux personnes qui s'aiment. Ce qui doit nous pousser à la prière n'est pas un devoir ou une crainte. La prière n'est pas une obligation: « je dois prier pendant une heure par jour si je ne veux pas perdre ma bénédiction… » Ou encore, « si un jour je ne prie pas je risque d'avoir une mauvaise journée… »
La prière n'est pas une pièce de monnaie glissée dans un automate pour obtenir quelque chose. Elle n'est pas non plus une formule magique, un talisman spirituel pour exorciser le mauvais sort ou les attaques du diable. La prière est avant tout une relation, un échange entre un fils ou une fille et son papa.
J'ai quatre enfants adultes. Une de mes filles nous téléphone tous les jours, parfois plusieurs fois. Et chaque fois elle nous parle pendant au moins une demi-heure de tout ce qu'elle vit sur le moment. Elle a toujours beaucoup de choses à nous raconter. L'autre fille nous téléphone une ou deux fois par semaine, mais elle nous entretient qu'une dizaine de minutes. Elle ne nous dit que les choses les plus importantes et sans trop de détails, mais comme la première, elle nous exprime toute son affection. Nos fils, eux, ne nous appellent que quelques fois par mois, ils ne sont pas bavards, mais on sent toute leur estime et leur affection. Mais lorsque nous nous parlons ou nous nous rencontrons, la relation affective est profonde avec chacun d'eux. Ce qui compte pour nous c'est leur cœur, pas le nombre de fois qu'ils nous parlent ou la longueur de leur entretien.
Nous jouissons de les entendre et encore plus de les rencontrer. Et cette jouissance est due au fait qu'il y a entre tous une relation profonde. Ainsi en est-il de la prière. Chacun a son style, sa manière, ses temps et sa méthode. L'un parle beaucoup, l'autre moins, l'autre de temps en temps, l'autre encore préfère écouter. Ce qui compte c'est d'avoir une relation réelle, cohérente, affectueuse et loyale les uns envers les autres. Il en est de même dans notre relation avec le Seigneur !
Sur cette base, la prière se développe et devient un dialogue de plus en plus réel. Motivés par le désir de rencontrer notre Père, nous percevons toujours mieux sa présence, comme des caresses sur notre esprit. Jésus pouvait affirmer :
« Celui qui m'a envoyé est avec moi, il ne m'a pas laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.  » (Jn 8.29)
Sa relation privilégiée grâce à la prière et à sa connaissance de l'Écriture a permis au Seigneur d'avoir, en tant qu'homme, une connaissance vivante de son Père. La finalité de la prière est de nous nourrir, de nous édifier et d'incarner en nous les paroles de Dieu, en communion avec le Saint-Esprit.


L'exemple négatif « Quand vous priez, n'imitez pas ces hypocrites qui aiment à faire leurs prières debout dans les synagogues et à l'angle des rues: ils tiennent à être remarqués par tout le monde. (…) Dans vos prières ne rabâchez pas des tas de paroles à la manière des païens; ils s'imaginent qu'à force de paroles Dieu les entendra. Ne les imitez pas, car votre Père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous le lui demandiez.  »

À éviter absolument
L'hypocrisie. Qu'est-ce qu'un hypocrite ? C'est quelqu'un qui s'attache à l'apparence et à la beauté des paroles au détriment d'une relation sincère. Mais Dieu nous connaît parfaitement et ne se laisse pas impressionner par nos paroles, par nos offrandes, par nos heures de prière, nos jeûnes, ni par notre religiosité. Par contre, il observe notre style de vie, la façon dont nous aimons ou n'aimons pas notre prochain, notre conjoint, nos voisins, etc. Dieu désire nous rencontrer pour ce que nous sommes en réalité !
Motivations égoïstes. Ne prions pas pour « être vus par les hommes », ou pour montrer combien nous sommes spirituels ! Beaucoup de chrétiens prient très longuement et ne font que prêcher aux personnes présentes. Et ne prions pas pour satisfaire nos désirs charnels ! « Quand vous demandez vous ne recevez pas, car vous demandez avec de mauvais motifs: vous voulez que l'objet de vos demandes serve à votre propre plaisir.  » (Jc 4.3) Et rappelons-nous que si nous vivons dans le péché, Dieu n'exauce pas les pêcheurs! (Jn 9.31) Comme le dit St Augustin, un père de l'Église, « la nature du péché c'est vivre essentiellement pour soi-même ». Combien de prières seulement pour masquer une double vie!
Trop de paroles. Dans les longues prières, les répétitions sont fréquentes, comme si nous n'y croyions pas trop et avions besoin de nous convaincre personnellement. Dans la prière que Jésus nous enseigne, le « Notre Père », il n'y a aucune répétition. C'est une prière essentielle, courte, mais riche de contenu. Dieu n'a pas besoin qu'on lui répète dix fois la même chose ! Manipulations. Dieu connaît nos besoins avant que nous les lui présentions. Il n'a pas besoin d'être convaincu, ni qu'on lui explique dans les détails quels sont nos problèmes. Dieu désire le meilleur pour nous, et ce n'est pas la répétition de paroles à la suite qui va changer la donne.

« Si l'un d'entre vous manque de sagesse, qu'il la demande à Dieu qui donne à tous généreusement et sans faire de reproches et elle lui sera donnée; mais qu'il demande avec foi… » (Ja 1.5).

Remercions-le donc de prendre soin de nous et exprimons-lui notre reconnaissance et notre confiance:
« Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse, exprimez votre reconnaissance en toute circonstance, car c'est la volonté de Dieu pour vous en Jésus-Christ.  » (1 Th 5.16)

La prière enseignée par Jésus se base sur une relation. Toute relation avec le Père est prière. Mais attention, toutes les prières ne sont pas forcément relation! S'il n'y a pas une relation réelle, nos prières, même exprimées « dans le nom de Jésus », n'ont pas accès au cœur du Père. Elles ne vont pas au-delà du plafond de notre chambre. La prière désespérée d'un pécheur qui cherche Dieu peut toucher davantage le Père que celle d'un chrétien qui prie au nom de Jésus, mais qui vit centré sur lui-même (Luc 18.13).


Alors, comment prier ? Beaucoup de gens récitent des prières, sans trop penser à ce qu'ils disent. Prier c'est ouvrir son cœur au Père. Jésus nous dit: « Mais toi, quand tu pries, entre dans ta chambre, ferme ta porte et prie ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra.  » (Mt 6.6) « Ferme la porte » veut dire mets toi à part, interromps tes occupations, éteint le téléphone, entre dans le silence et concentre-toi sur le Père. Parfois notre chambre n'est pas le lieu le plus tranquille. Nous pouvons très bien prier dans un jardin, dans la forêt, sur une terrasse (Ac 10.9), tout lieu où l'on peut être tranquille. On retrouve souvent Jésus dans des lieux désertiques ou seul sur une montagne. La prière la plus intime, la plus ouverte, la plus transparente, est celle durant laquelle nous sommes seuls en communion avec Dieu. La récompense se manifeste par une profonde paix, comme l'inondation d'une douceur, d'une sorte de «chaleur» intérieure qui nous donnent le sens de la présence de Dieu. Ce peut être aussi le moment de prendre conscience de nos propres fautes et du besoin de plus de sagesse pour les décisions de la vie. Ce sont là des temps où l'on peut percevoir la voix de Dieu nous parler par des pensées et des convictions qui se déposent en nous. Ce sont des moments précieux, qui demandent du temps; pour cette raison, ils ne sont pas forcément quotidiens puisqu'ils peuvent durer quelques heures. Lorsqu'on perçoit la présence du Père, on souhaite prolonger. Dans cet échange intime, il se peut que l'on puisse passer une journée ou une nuit entière avec son Seigneur.
Mais que dit-on, que fait-on pendant tout ce temps ? Le temps de prière, en tête à tête avec Dieu, est un temps d'intimité dans lequel on adore, on exprime son amour, on communique sa reconnaissance. Mais aussi un temps où l'on reste en silence, à l'écoute. Beaucoup de chrétiens sont mal à l'aise quand, dans une rencontre de prière, il y a de longs moments de silence. Il semble qu'il faille parler continuellement.
«Ne t'empresse pas d'ouvrir la bouche ! Que ton cœur ne se précipite pas pour exprimer une parole devant Dieu ! En effet, Dieu est au ciel, et toi sur la terre. Que tes paroles soient donc peu nombreuses!» (Ec 5.1)

Il faut donner à Dieu la possibilité de nous ouvrir le cœur, de pouvoir nous parler, et pour cela il faut aussi apprendre à faire silence.
C'est seulement à la fin de ce temps d'intimité que le moment sera approprié pour partager ce que nous avons sur le cœur, pour intercéder en faveur de personnes en difficulté, exprimer des besoins personnels ou familiaux. Comme aussi de lui parler de nos projets et d'écouter ses conseils!
« Écoute les conseils et accepte les critiques et, finalement, tu deviendras sage. Un homme forme de nombreux projets, mais c'est le plan de l'Éternel qui se réalise. » (Pr 19.20). Le Seigneur est un excellent conseiller pour toute circonstance et pour tout choix: il faut apprendre à l'écouter. Nous saurons mieux ce qu'il convient de demander.
Pour ce qui est de nos besoins tels que la recherche d'un travail, de finances, d'une maison, d'un nouveau véhicule, nous n'avons pas besoin de lui répéter de nombreuses fois nos requêtes « car votre Père sait de quoi vous avez besoin avant que vous le lui demandiez ». Une fois que nous lui avons présenté un besoin, avec confiance nous pouvons lui dire: merci, cher Père, de prendre soin de tous mes besoins. Attendons-nous à une réponse, même s'il est possible qu'elle ne soit pas exactement ce que nous avons demandé, car Dieu connaît les temps et les circonstances qui sont les nôtres.
Encore une remarque. Si nous avons des blessures, des chagrins, de l'amertume envers autrui, il nous faut être prêt à pardonner. Peut-être sera-t-il nécessaire d'aller rencontrer les personnes avec qui nous avons des problèmes ou des conflits.
« Si donc, au moment de présenter ton offrande devant l'autel, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande devant l'autel et va te réconcilier avec ton frère; puis tu reviendras présenter ton offrande.  » (Mt 5.23-24) Il m'est souvent arrivé d'être en colère ou blessé par le comportement de certaines personnes, mais dans la présence du Seigneur, j'ai trouvé le repos de mon âme, le pardon envers ceux qui m'avaient fait du mal, la guérison de toute blessure et la délivrance de toute angoisse. Parfois j'ai eu la conviction que les autres étaient dans leurs torts. Dieu m'a pourtant montré que c'était moi qui étais en tort, ce qui m'a permis d'aller vers eux pour leur demander pardon et résoudre les tensions entre nous.
À côté de ces temps spécifiques d'intimité avec le Père, prenons aussi l'habitude de lire la Bible, si possible chaque jour, et d'avoir des moments d'actions de grâce et de prière. Si nous sommes mariés et que nos horaires nous le permettent, partageons-les avec notre conjoint. Et si nous sommes réunis autour du dîner en fin de journée avec nos enfants, faisons-le avec eux. Nous n'avons pas besoin de faire de longues prières. Adaptons les paroles et le temps à l'âge de nos enfants afin qu'ils puissent eux aussi participer et jouir de ces moments. Soyons le plus naturel possible, comme si nous parlions avec une personne qui est devant nous. Ainsi sur nos trajets quotidiens, pendant nos occupations, quand des problèmes inattendus surgissent, devant les urgences, les crises, le danger, ne nous affolons pas. Présentons-lui la situation en quelques paroles et demandons-lui tout simplement de nous conduire pour affronter la situation.


Un modèle : le « Notre Père » (Mt 6.9-13) Finalement Jésus enseigne la prière à ses disciples et leur donne un modèle. En quelques paroles il leur dit: « priez ainsi », ce qui ne veut pas dire répétez mot à mot mes paroles, mais s'en inspirer !

1) Commençons par nous concentrer sur la grandeur et la beauté de notre Père céleste.
« Que ton nom soit sanctifié » nous invite à prendre le temps de nous centrer sur le Père et sur le privilège d'avoir accès à Lui pour le contempler, l'adorer, le remercier et lui exprimer notre amour.

2) Concentrons-nous sur la volonté de notre Père: « que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». C'est le moment de l'écoute.
«Que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse, mais la tienne». (Mt 22.41) Que désire-t-il pour les divers défis de notre vie, de notre couple et famille, de notre travail, de nos relations, de notre nation, de notre ministère ? Prenons du temps pour lui demander qu'il nous parle au profond de nous-mêmes par sa Parole et par son Esprit.

3) Présentons-lui nos nécessités, qu'elles soient spirituelles, émotionnelles ou matérielles et celles de nos chers.
« Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.  » Recherchez seulement ce dont vous avez réellement besoin !

4)
« Pardonne-nous nos offenses, comme nous aussi nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés » nous porte à considérer la qualité de nos relations, à placer nos fautes, nos limites, nos péchés, mais aussi ceux des personnes qui nous ont fait du tort dans la grâce !

5)
« Ne nous expose pas à la tentation, mais délivre-nous du mal.  » Ces paroles nous invitent à prendre conscience de notre fragilité humaine. Cette humilité conduit à demander à l'avance la protection et de l'aide pour vaincre les faiblesses de la chair.

6)
« Car c'est à toi qu'appartiennent, dans tous les siècles, le règne, la puissance et la gloire. Amen ! » C'est la conclusion : fixons nos yeux sur la souveraineté, la puissance et la beauté du Père et non pas sur les difficultés, les crises, les déceptions, les faillites de la vie. Il est plus grand que nos difficultés et puisque nous sommes ses enfants, nous régnerons avec Lui !

Cette structure de la prière nous aide à nous rapprocher d'une façon constructive et correcte du Père et de bénéficier pleinement de la bénédiction engendrée par celle relation.
Puissions-nous faire de nos temps de prière des moments exclusifs et bénis, et que, remplis de la présence du Seigneur nous puissions être en bénédiction pour tous ceux qui nous entourent.

La dynamique d'évangélisation par les maisons

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Aurélie* pratiquait la voyance et gagnait un salaire confortable. Elle estimait que son travail était utile parce qu'il lui permettait d'aider des gens en difficulté…
Jusqu'au jour où… il y a 3 ans environ, elle découvre l'amour de Dieu et comprend que sa pratique occulte déplaisait fortement au Seigneur. Elle a tout laissé pour devenir disciple de Jésus-Christ. Aujourd'hui, elle est membre d'une cellule de maison qui est sa famille spirituelle où elle reçoit le Pain de Vie et l'affection dont tout être humain a besoin. Sa maison est également devenue un lieu de prière.

Jean Marc* était cadre dans une très grande entreprise et gagnait beaucoup d'argent. Sa vie bascula le jour où, suite à un congé maladie, il découvrit qu'il avait été remplacé et qu'il ne retrouverait pas son poste. Son couple était à la dérive… Il ne lui restait plus grand-chose. Aujourd'hui, il a trouvé une famille spirituelle, une cellule de 7 ou 8 personnes qui accueille des gens comme lui. Il y a découvert l'amour de Dieu et lui a donné sa vie.

Dans la région où habitent Aurélie et Jean Marc (Drôme F), Dieu multiplie les groupes de maisons depuis une vingtaine d'années. Il ne s'agit pas d'études bibliques ni de réunions de prière mais de véritables lieux de témoignage, d'échange et de vie, chacun peut y découvrir l'amour de Jésus. Des dizaines d'autres personnes fréquentent ce genre de cellules. Elles y trouvent une famille, un espace convivial où s'exprimer, parler de Dieu et recevoir la prière.
Une dynamique similaire se développe parmi les ados et les jeunes.
Partout en France, des maisons s'ouvrent dans ce but. De plus en plus de chrétiens veulent sortir de leur « bocal » pour toucher leurs collègues, voisins, amis puisque Jésus a dit que nous étions le sel de la terre. L'homme de la rue hésite à franchir le seuil d'une salle de culte, un monde inconnu pour lui. Pas étonnant: l'église est devenue un espace réservé aux habitués et les chrétiens n'y ont que peu d'occasions de partager leur foi: le sel reste dans la salière au lieu de saler le plat. Les maisons, en revanche, offrent un lieu naturel où les langues se délient, où la vie peut s'exprimer de façon directe et authentique. Beaucoup y découvrent une famille mais aussi le Père céleste…
Malheureusement, la plupart des chrétiens européens pensent que la foi est quelque chose de privé qu'on doit garder pour soi. Rien à voir donc avec l'ordre de Jésus en Matthieu 28.19:
« Faites de toutes les nations des disciples » !

Analogie entre les cellules du corps et les groupes de maison
Le corps humain est formé de cellules. Ce sont des millions de particules vivantes qui ont chacune leur existence propre. Elles seraient incapables de survivre seules. Elles ont été conçues par le Créateur selon un programme d'interactions entre elles. La cellule en elle-même n'est qu'une partie infime de l'ensemble du corps et pourtant, ce dernier ne peut pas se passer de chacune d'elles. Les cellules sont organisées en tissus et organes qui, ensemble, forment le corps.
De même, le « groupe de maison » constitue la cellule de base de l'ensemble du Corps de Christ. Il peut y avoir différents types de cellules dans l'église, par exemple, des cellules d'étudiants, de mamans ou d'hommes d'affaires…, cependant, elles ont toujours la même vocation : être des lieux de vie et de partage. C'est dans la cellule que les nouveaux convertis découvrent l'amour personnalisé de Dieu, qu'ils apprennent à faire leurs premiers pas, à développer leurs capacités et leurs dons respectifs. Progressivement, ils deviendront des chrétiens adultes, capables d'accompagner les nouveau-nés dans la foi.
Mais attention : une cellule ne peut se suffire à elle-même. Aussi, celles d'une même région doivent-elles se rassembler de temps en temps pour manifester la vie du Corps qui est l'Église.
Voici quelques principes de base sans lesquels les cellules ne pourront pas se développer  :


1° La cellule est un lieu de vie
Il ne s'agit pas d'un cercle biblique, ni d'une réunion de prière. La prière et la Parole de Dieu y ont leur place, bien sûr ! Mais priorité est donnée à la vie, aux échanges, à l'édification mutuelle. Chaque membre, si jeune soit-il dans la foi, va apprendre à encourager les autres, à prier pour eux, à exercer ses dons. Personne ne devrait rester passif et l'animateur du groupe devra veiller à ce que chacun y ait sa place active.

2° La cellule produit une vie permanente
La vie du groupe de maison ne se limite pas à une réunion par semaine. Les personnes qui en font partie deviennent vite des amis. Pendant la semaine, ils se téléphonent, s'invitent les uns les autres et s'entraident. Les liens d'amitié vont s'approfondir au fur et à mesure que les mois passent.

3° La cellule est appelée à se reproduire
Une des fonctions essentielles de tout organisme vivant est de se multiplier. Une cellule saine va engendrer progressivement de nouvelles cellules. Le processus est comparable à celui d'une famille humaine normale : elle engendre de nouvelles familles au fur et à mesure que les enfants grandissent et sont prêts à fonder leur propre foyer. On aura d'ailleurs intérêt à suivre ce processus naturel de générations plutôt que de vouloir dédoubler artificiellement les cellules lorsqu'elles sont trop grandes. L'expérience prouve que ce dédoublement engendre souvent de grandes frustrations alors qu'une multiplication « organique » donne de bien meilleurs résultats : un ou deux membres affermis fondent un nouveau groupe chez eux et ainsi de suite.

Tiré du livre de Daniel Scherer
« L'Église en toute simplicité»


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NOTES
* : noms d'emprunt