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« Sans moi, vous ne pouvez rien faire »

« Je suis le cep, vous êtes les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure porte beaucoup de fruit, car sans moi vous ne pouvez rien faire. » (Jean 15.5).

« Sans moi, vous ne pouvez rien faire ». Cette parole est étonnante ! En effet, l’expérience montre que nous sommes capables de faire beaucoup de choses, sans Dieu. Il suffit de regarder les prouesses technologiques actuelles. Les humains ont-ils eu besoin du Christ pour faire toutes ces choses ?

En quoi cette affirmation nous concerne-t-elle aujourd’hui ?

Remarquons tout d’abord que Jésus adresse cette parole à ses disciples. Il est en train de leur donner un riche enseignement sur la manière de travailler dans le Royaume de Dieu. Nous ne sommes donc pas dans l’esprit du monde, mais dans celui du Royaume de Dieu où les lois du travail et les principes de fonctionnement sont très différents.

Pour faire comprendre ces vérités à ses disciples, Jésus leur montre un pied de vigne. Pour que la sève puisse monter jusqu’au bout des sarments et produire du fruit, il faut que les sarments soient bien connectés au cep. C’est une évidence ! Et si un sarment est cassé ou coupé, la sève ne peut plus passer et le processus de formation du fruit est interrompu.

Où Jésus veut-il en venir ? Il a déjà expliqué à plusieurs reprises à ses disciples qu’ils sont appelés à faire des œuvres différentes de celles que produit le monde. Ce sont des œuvres destinées à glorifier Dieu. Comme le dira Paul, ce sont des œuvres « 
que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions » 1. Elles ne peuvent pas être accomplies selon le modèle du monde, c’est-à-dire selon des principes purement humains. Elles doivent être faites selon un autre processus : elles ont besoin de la vie divine pour se développer. Et cette vie, seul Jésus peut la donner. Et c’est dans la mesure où les disciples seront connectés à Jésus par le Saint-Esprit, comme les sarments sont connectés au cep, qu’ils pourront devenir les transmetteurs de la vie divine et produire des fruits pour la gloire de Dieu.

Pour que la sève passe, il faut que les sarments soient connectés et surtout qu’ils restent connectés jusqu’à la maturation du fruit. C’est important de le rappeler, car il peut arriver que nous commencions bien une œuvre, mais petit à petit nous laissons de côté cet enseignement : nous oublions de travailler
avec Jésus. Nous préférons travailler seuls. Nous oublions que pour produire un bon fruit, nous avons absolument besoin de la vie divine jusqu’au bout.
Que d’œuvres chrétiennes ont bien débuté ! Elles étaient fondées en Christ, elles ont prospéré grâce à cette vie divine qui animait ceux qui y étaient engagés, elles ont duré un certain temps et puis elles ont insidieusement décliné. Elles sont devenues des œuvres semblables aux œuvres humaines produites dans ce monde. Elles ont d’ailleurs adopté les modes de fonctionnement enseignés dans le monde. D’un point de vue humain, elles ont continué à avancer et rien ne peut leur être reproché. D’un point de vue spirituel, elles ont perdu leur vie initiale. Souvenons-nous de ce reproche cinglant fait par le Christ à l’église de Sardes : « 
Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort.» 2

C’est un risque qui nous guette tous !

Jésus disait à ses disciples qu’ils ne pouvaient rien faire de valable dans le Royaume de Dieu sans lui. Il ne s’est pas contenté de l’enseigner, il l’a vécu lui-même !

Voici ce qu’il dit de sa dépendance de son Père : « 
Le Fils ne peut rien faire de lui-même, il ne fait que ce qu’il voit le Père faire ; et tout ce que le Père fait, le Fils aussi le fait pareillement. » 3

Ces paroles ne sont pas faciles à comprendre. Peut-être Jésus s’est-il inspiré de son métier de charpentier qu’il a appris en travaillant avec son père, Joseph. Il le regardait faire et il essayait de faire de même. Plus tard, dans son ministère, il était en contact étroit avec son Père céleste et prenait ainsi connaissance des œuvres que son Père voulait qu’il fasse sur terre. De plus, il acquérait les moyens de les accomplir. D’autres paroles de Jésus en témoignent :

– « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; c’est le Père qui vit en moi qui fait lui-même ces œuvres ». 4

– « Je n’ai point parlé de moi-même ; mais le Père, qui m’a envoyé, m’a prescrit lui-même ce que je dois dire et annoncer… C’est pourquoi les choses que je dis, je les dis comme le Père me les a dites. » 5

J’en conclus que Jésus tirait de son Père toute l’inspiration pour ses œuvres et son enseignement. Quel exemple !

Jésus avait reçu le Saint-Esprit sans mesure. Il avait avec son Père une communion parfaite que nous ne pourrons jamais avoir à ce degré. C’est sans doute pour cela que nous peinons à comprendre cette dépendance. Je me dis tout de même que si Jésus vivait et travaillait ainsi, nous ne pouvons prétendre œuvrer sur terre en nous passant de lui. Jésus disait bien que « 
le serviteur n’est pas plus grand que son maître ». Si Jésus a estimé vital de dépendre ainsi de son Père au cours de son ministère terrestre, nous devons nous aussi dépendre de lui pour vivre et travailler 6. L’exigence est de taille !

Notes:
 

  1. Ephésiens 2.10

  2. Apocalypse 3.1

  3. Jean 5.19 Version Segond 1910 et Segond 21 (ce qu'il voit le Père faire).

  4. Jean 14.10

  5. Jean 12.49-50

  6. Ephésiens 2.10