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Prière d'Israël, bénédiction pour l'Eglise

"Je crois avec une foi parfaite à la venue du Messie, et quoiqu’Il tarde, je l’attendrai jusqu’à ce qu’Il vienne" confesse Maimonide, sage juif du 12e siècle.

Israël vit continuellement dans la prière; celle-ci est une mémoire du passé, de l’action de Dieu envers nos aïeux, elle fait partie de notre histoire; elle garde aussi une dimension prophétique puisque la "tefila" (c’est à dire "la prière") dite 3 fois par jour, fait référence à l’espérance d’Israël! Ainsi, conscient de son identité face à Dieu et au monde, Israël prie "dans l’histoire". Un précieux exemple susceptible d’enrichir la vie de prière de tout chrétien.


La nécessité du cœur
"Ne fais pas de ta prière une obligation, mais épanche spontanément ton cœur vers ton Père qui est dans le ciel", conseille le Talmud.

En hébreu, le mot qui signifie prière se traduit "
tefila", il vient d’une racine, à la forme réfléchie: "se juger". "Celui qui prie fait l’examen de son propre cœur devant Dieu."

Les rabbins disent: "le Tout Miséricordieux exige le cœur". L’élément essentiel de la prière juive est la ferveur, l’orientation des pensées et des désirs vers Dieu. Cette ferveur représente l’intention du cœur d’accomplir son devoir, mais les rabbins ne sont pas trop exigeants: "les artisans peuvent réciter la confession de foi à leur travail. Ceux qui sont occupés à la cueillette des olives et des figues peuvent même dire leurs prières sans descendre de l’arbre, à condition qu’ils aient l’habitude de se tenir dans cette position, et qu’ils arrivent à se concentrer sur leurs prières sans avoir peur de tomber!…"


Le "chema": une prière centrale
"Écoute Israël, l’Éternel notre Dieu est le Seigneur un"; tirée de Deutéronome 6v.4, cette confession de foi d’Israël est appelée "Chema" qui signifie "écoute". Elle est l’affirmation de l’unité de Dieu et de la reconnaissance de sa souveraineté sur l’univers. Ceux qui la récitent acceptent le joug du Seigneur et s’abandonnent à la volonté du Tout-Puissant et au joug des commandements. Accompagné de 7 bénédictions pour accomplir le Psaume 119, v.164, le "chema" du soir est récité couché tandis que celui du matin est récité debout pour saluer l’aurore! "Amidah" (debout) sont les 18 bénédictions prononcées debout (I Samuel 1:9).

"
Tu es puissant à jamais, Seigneur, tu fais revivre les morts, tu es empressé à secourir. Tu nourris les vivants par amour. Tu fais revivre les morts; en Ta miséricorde Tu redresses ceux qui tombent, Tu guéris les malades, libères les captifs; Tu tiens Ta promesse envers ceux qui dorment dans la poussière. Qui est comme Toi, Maître de la puissance et qui Te ressemble, Roi qui fait mourir et revivre et germer le salut? Tu es fidèle (garant) pour la résurrection des morts!" (Prière de bénédiction, appelée "gibbor").

Les prières pour le pardon se font parfois la "chute sur sa face", selon 2 Samuel 24:14, tomber entre les mains de Dieu, le front posé sur le bras.
Le balancement d’avant en arrière est une coutume très ancienne datant du Moyen Âge qui est censée détacher des préoccupations terrestres.


Les louanges
Les psaumes ("tehilim" = louanges) commencent par "béni soit Celui qui parla et le monde fut" et finissent par les mots "O Seigneur, Dieu et Roi, grand en louanges, Dieu d’actions de grâces, Seigneur des miracles, qui prend plaisir dans le chant et le psaume, ô Roi et Dieu, la vie de tous les mondes!" Les louanges sont nombreuses dans la prière juive. La bénédiction qui les suit se prolonge par: "car te conviennent, ô Seigneur, notre Dieu et le Dieu de nos pères, chant et louange, hymne et chant, force de pouvoir, victoire, grandeur et puissance, renommée et gloire, sainteté et souveraineté, bénédictions et actions de grâces, maintenant et pour toujours!"

Les requêtes
La prière juive connaît également les requêtes pour soi-même et pour la communauté. Elle se fonde sur ces paroles: "si je t’énumère mes besoins, ô Dieu, ce n’est point pour te les rappeler, mais pour que je puisse mieux comprendre combien je dépends de toi! Si donc je te demande des choses qui ne sont pas pour mon bien, c’est parce que je suis ignorant. Ton choix est meilleur que le mien et je me soumets à tes décrets immuables et à ta suprême direction."

Bahy Ibn Pakouda, au 11e siècle a dit: "prier pour ses besoins renforce la conscience de la présence de Dieu et agit sur la conduite, afin de pratiquer Michée6:8: "
On t’a fait connaître, ô homme, ce qui est bien, et ce que l’Eternel demande de toi, c’est que tu pratiques la justice, que tu aimes la miséricorde et que tu marches humblement avec ton Dieu."

Les prières de fêtes
La prière juive marque tous les faits quotidiens de la vie personnelle, familiale et communautaire. Dix hommes suffisent pour vivre une célébration dans une synagogue (en souvenir des dix justes qui auraient pu sauver Sodome et Gomorrhe, Gen.18). L’Éternel est Roi et nous sommes appelés à nous joindre à tous ceux qui l’adorent. La note dominante du shabbat (le sabbat) est la joie (Mat 26:30). Les 3 repas du shabbat sont accompagnés par les "zemirot", les "chants de table", autres formes de prières familiales, essentiellement des professions de foi du Dieu Créateur de toutes choses, de la sanctification du jour, (en hébreu "kiddoush hayom") et de la reconnaissance. David ne donna-t-il pas des ordres à son âme: "mon âme, loue le Seigneur et n’oublie aucun de ses bienfaits!" (Ps 103:1)?

Les 3 fêtes de pèlerinage, Pâque, Pentecôte et Fête des Tabernacles, donnaient lieu à de saintes convocations, des célébrations de fête avec de nombreuses prières dans la joie et des offrandes. L’élection d’Israël est rappelée, et son histoire racontée aux enfants avec des commentaires. "
À chaque génération, il est du devoir de chaque juif de se considérer comme s’il était sorti lui-même d’Egypte avec les siens." La traversée du désert est commémorée par la fête des Tabernacles pendant laquelle les prières pour les pluies, essentielles en hiver pour assurer de bonnes récoltes, se mêlent aux cris de joie du peuple qui est conduit par Dieu, au travers des épreuves "à main forte et à bras étendu. "Celui qui ne connaît pas le joie du huitième jour de la fête des Tabernacles, ne sait pas ce qu’est la joie!" affirment les rabbins.

La fête des Tabernacles invite les juifs à vivre sous des tentes qui rappellent la fragilité et le provisoire. Le Juif est appelé à se réjouir devant Dieu, dans la prière, et en famille. Selon une interprétation biblique, se réjouir veut aussi dire: réjouir les autres. Quatre plantes symboliques étaient secouées aux 4 points cardinaux pour indiquer la bénédiction qu’Israël donne à tous les peuples de la terre.

Les "
megilot" sont des rouleaux de la Bible lus solennellement lors des grandes fêtes pour accompagner les prières publiques dont celle qui affirme "venismah bezot ha-torah": réjouissons-nous et soyons heureux avec cette loi!

Amen!

Dans la prière du "kaddish", après la lecture et l’étude de la Parole, le conducteur de la prière se tourne vers l’assistance et demande "
et le peuple de Dieu dit?" et l’assistance répond: "amen!" Un maître juif affirme: "rien n’est plus grand que l’amen prononcé par les Israélites!" C’est le mot final qui ouvre un avenir devant la communauté réunie dans la joie et l’espérance. C’est le mot humble et engageant qui conduit à Jésus-Christ, l’Amen Véritable!

Amen!

- mais un adage juif dit que les portes de la prière ne sont jamais fermées…

La prière juive me conduit au Messie et renouvelle ma vie de prière chrétienne, merci Seigneur, et, avec Israël, ton peuple: apprends-moi à prier !