Le Lien

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Le don d’une vie

« C’est ici mon commandement : aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Jean 15.12-13. 

Nous sommes en 1964 dans le village de Sankuru situé en République démocratique du Congo. Malgré l’isolement de cette région, cela fait plusieurs années que des missionnaires irlandais ont fait un très long voyage pour apporter l’Évangile et venir aider les populations. 

Dans le village, en proie à la misère et aux maladies, la compassion conduit une Écossaise du nom de Jeannette, à accueillir le bébé qu’une mère vient de mettre au monde avant de mourir. 

Après avoir grandi, l’enfant, qui s’appelle Jean Ishako, entreprend de faire des études de théologie. Cette formation le conduit à devenir pasteur et à diriger des écoles protestantes. 

Malheureusement la situation géopolitique se dégrade et la région devient le théâtre de guerres et de massacres abominables. 

Un jour, et comme cela était à craindre, les rebelles sanguinaires arrivent dans le village. Après avoir pris le contrôle de la place, le chef de guerre fait prisonnier les missionnaires. 

Devant les yeux de sa femme et de ses enfants, le responsable irlandais de la mission est lié et le chef ordonne qu’on emmène ce « blanc » à l’abattoir pour le tuer. 

Mais parmi les villageois, un homme crie de toutes ses forces. C’est Jean Ishako. 

Le chef de guerre s’approche de lui et lui demande la raison de ses cris. 

Jean lui explique que les missionnaires sont venus par amour. Amour pour Dieu d’abord et amour pour eux. 

Tuer le porteur de cet amour serait un crime abominable pour tout le pays. 

- Bien, et alors qu’est ce que tu proposes ? lui demande-t-il. 

Jean lui répond courageusement : 

- Permets-moi au moins de prendre sa place... 

Le chef, très étonné par cette proposition, consent à faire l’échange. Le missionnaire, que l’on surnomme Kamada, est détaché alors que l’on emmène l’Africain pour le mettre à mort. 

Après ce terrible échange, le chef de guerre dit aux missionnaires de partir, car il n’y a plus de charge contre eux. 

Ceux-ci vont donc pouvoir quitter librement la région et rentrer dans leur pays. Ils reviendront toutefois dans ce village quelques années plus tard. 

Aujourd’hui, à l’emplacement de ce sacrifice se dresse une stèle en l’honneur de Jean Ishako. Elle rappelle l’histoire de cet homme qui s’est sacrifié pour sauver des étrangers. ■1