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317 | Avril 2026

Le cœur de l’adoration

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L’adoration n’est ni une performance, ni une présentation musicale, ni un exploit artistique, elle est simplement la réalité de notre relation avec Dieu. C’est avant tout une rencontre avec lui, dans un véritable face-à-face, la réponse d’un enfant envers l’amour de son Père, la reconnaissance d’un cœur pour sa grâce et sa miséricorde envers nous.
L’adoration peut se vivre avec ou sans musique, au travers d’un chant, d’une prière ou par un service, un acte d’obéissance ou un geste d’amour. Il est primordial de comprendre cette dimension afin de ne pas la limiter aux moments de chant et de prière. Même si ces instants dans nos églises ont de la valeur, l’adoration est tellement plus que cela !
La louange est pour Dieu et pour personne d’autre. Il existe tant de fausses motivations visibles ou invisibles qui la détournent de son but réel. Il est bien clair que l’ennemi ne va pas rester les bras croisés et laisser l’adoration se développer sans intervenir. C’est donc un défi à relever que de s’aligner sur le désir de Dieu et de l’adorer en toutes circonstances.

Dieu au centre
Au cœur même de l’adoration se trouve Dieu, seul digne de toute louange et de toute adoration. Nous ne pouvons donc pas le laisser au second plan ! Par habitude religieuse, nous nous sommes gentiment laissé écarter de ce but, ce qui fait que nous pouvons facilement nous adorer nous-mêmes au milieu d’un moment d’adoration adressé à Dieu ; quelle méprise, quelle horreur ! Quel danger ! C’est exactement l’opposé de la véritable adoration.
Si nous écoutons bien nos chants et nos prières, nous allons réaliser rapidement que beaucoup de nos paroles adressées à Dieu sont, en fait, des demandes centrées sur nous-mêmes et sur nos propres besoins.
Bien sûr, il existe une place pour cela et d’ailleurs de nombreux psaumes bibliques expriment aussi les besoins réels de l’homme. Cependant nous devons veiller à ce que nos moments d’adoration gardent la bonne direction et ne deviennent pas personnels « pour nous faire du bien », « pour nous sentir mieux » ou pour résoudre nos problèmes.
Quand j’assiste à des moments de louange dans les réunions chrétiennes, si j’écoute ce que nous chantons, je m’aperçois qu’il y a, dans les chants d’aujourd’hui, beaucoup plus souvent le terme « moi » sous la forme de « bénis-moi », « remplis-moi », « inonde-moi », « touche-moi » plutôt que « Seigneur », « Maître », « Roi » ou « Éternel ».
Faites l’analyse des chants que vous utilisez régulièrement et vous verrez facilement sur quoi est centrée votre adoration. Si vos chants sont en majorité axés sur Dieu, c’est que vous avez déjà compris l’essentiel de l’adoration. Si c’est le contraire, il est temps d’en prendre conscience et de corriger le tir.
Une offrande gratuite
Le cœur de notre adoration est une offrande simple et gratuite pour Dieu seul. C’est un cadeau, quelque chose que nous donnons sans rien attendre en retour. Dans nos milieux chrétiens, nous avons souvent été habitués et enseignés à donner pour recevoir, de sorte que notre vision en est faussée. Si nous sondons réellement notre cœur, nous pourrons constater que souvent notre louange est motivée par ce que nous pouvons en retirer. C’est dans l’état d’esprit donnant-donnant, avec au fond du cœur cette pensée : « Cela vaut la peine de faire l’effort de louer Dieu, car j’obtiendrai une bénédiction en retour. » Nous ne partageons cependant pas cette offrande, nous ne la vendons pas et Dieu ne l’achète pas. Il désire seulement recevoir notre amour sans compromis et sans partage, comme un époux envers son épouse. Dieu est jaloux de notre adoration en raison de son amour. C’est un véritable amour qui ne tolère pas que nous l’aimions aux côtés d’autres amants ! C’est donc fort compréhensible. Une saine jalousie caractérise un véritable Amour.
« Par lui, offrons sans cesse à Dieu un sacrifice de louange, c’est-à-dire le fruit de lèvres qui confessent son nom. » Hébreux 13.15.

Notre offrande ne cessera jamais et le Seigneur acceptera toujours ce qui lui est offert d’un cœur sincère et pur. La meilleure offrande que nous puissions lui donner est sans aucun doute celle de nos dons et de nos talents. Quoi de mieux pour réjouir le cœur de Dieu que de lui offrir le fruit de nos dons spirituels et naturels! Si vous faites de la musique, de la cuisine, de la peinture ou de la maçonnerie, vous pouvez le faire comme pour le Seigneur. Avoir cette perspective change complètement nos attitudes dans notre travail.
« Tout ce que vous faites, faites-le de bon coeur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. » Colossiens 3.23.
« Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu. » 1 Corinthiens 10.31.
La louange devient donc beaucoup plus qu’un chant interprété à l’église devant une congrégation rassemblée.

Demeurer en Dieu
Notre défi, en tant qu’adorateur, n’est pas d’entrer puis de sortir de la présence de Dieu, mais d’y demeurer.
« Que tes demeures sont aimables, Éternel des armées ! Mon âme soupire et languit après les parvis de l’Éternel, mon cœur et ma chair poussent des cris vers le Dieu vivant. Le passereau même trouve une maison, et l’hirondelle un nid où elle dépose ses petits... Tes autels, Éternel des armées ! Mon roi et mon Dieu ! Heureux ceux qui habitent ta maison ! Ils peuvent te célébrer encore. Heureux ceux qui placent en toi leur appui ! Ils trouvent dans leur cœur des chemins tout tracés. » Psaume 84.2-6.
La demeure de Dieu est l’endroit où se trouve son cœur ; elle est le lieu le plus désirable pour quelqu’un qui l’a rencontré. Cet endroit ressemble à un nid où nous sommes protégés, nourris, gardés précieusement. Ceux qui le découvrent peuvent y revenir et y trouver un chemin pour leur vie. Dans sa présence, Dieu partage son cœur avec ceux qui le recherchent et ces derniers s’y trouvent ainsi transformés et inspirés.
Le Psaume 15 nous donne un vrai secret pour demeurer en lui :
« Ô Éternel ! qui séjournera dans ta tente et demeurera sur ta montagne sainte ? Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. ...il ne fait point de mal à son semblable,.... Il regarde avec dédain celui qui est méprisable, mais il honore ceux qui craignent l’Éternel ; il ne se rétracte point, s’il fait un serment à son préjudice. Il n’exige point d’intérêt de son argent, et il n’accepte point de don contre l’innocent. Celui qui se conduit ainsi ne chancelle jamais. »  v. 1-5.
Ce texte nous parle de la vie concrète et de nos attitudes face aux relations avec les autres, avec l’église, avec le monde et dans les affaires matérielles et financières. Il nous enseigne donc le lien indissociable entre notre vie spirituelle et la vie en général. Lorsque nous sommes en règle dans nos relations, sans critiquer ou mépriser, lorsque nous sommes justes et droits dans nos affaires, cela nous permet de demeurer en Dieu, dans sa présence et dans sa paix.

Un cœur entier
Le cœur de Dieu n’est pas partagé, il est entièrement consacré à son amour pour nous et il s’attend aussi à ce que notre cœur soit tout à lui.
« Je te louerai de tout mon cœur, Seigneur, mon Dieu ! Et je glorifierai ton nom à perpétuité. » Psaume 86.12.
Le terme hébreu « lev » signifie non seulement « cœur », mais aussi « esprit, sagesse, intelligence, sens, ardeur, intention, volonté… ». Une version anglaise de la Bible le traduit littéralement par « un cœur non divisé ». Cette expression exprime très bien ce que Dieu attend de notre attitude de cœur.
Regardons encore d’autres déclinaisons de ce mot « lev ». Il s’agit de notre homme intérieur, de notre conscience, du siège des émotions et des passions. C’est le centre de tout et c’est de là que doit partir notre adoration.

Qu’est-ce qui divise notre cœur ?
Jugement, critique, jalousie et comparaison fragmentent notre cœur entre pardonner et tenir rancune.
« La fureur est cruelle et la colère sans retenue, mais qui tiendra devant la jalousie ? » Proverbe 27.4.
La jalousie et le fait de se mesurer aux autre nous volent la paix et, comme l’apôtre Paul le rappelle, elles démontrent notre manque de sagesse  :
« Nous n’osons pas nous égaler ou nous comparer à quelques-uns de ceux qui se recommandent eux-mêmes. Mais, en se mesurant à leur propre mesure, et en se comparant à eux-mêmes, ils manquent d’intelligence. » 2 Corinthiens 10.12

Le choix de l’adorateur
L’adoration est avant tout un choix. De nombreux psaumes en parlent clairement en utilisant les expressions « je choisis, je déclare, je bénirai, je louerai », etc. Il s’agit bien d’une décision personnelle, libre et délibérée de chaque individu, et non pas de la décision du groupe de louange, du pasteur ou de la foule. L’exemple des Psaumes 42.12 et 43.5 nous le rappelle encore d’une manière très précise :
« Pourquoi t’abats-tu, mon âme, et gémis-tu au-dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ; il est mon salut et mon Dieu. »

Cela nous montre effectivement qu’il ne s’agit pas seulement d’une émotion, mais bien d’une décision raisonnée, fondée sur l’expérience, la sagesse et la foi. Il vaut mieux espérer que désespérer !
Il vaut mieux le louer de nouveau plutôt que se plaindre ou se désoler. Il n’y a pas de place pour l’apitoiement, plus de place pour le découragement et les plaintes ; c’est une vraie thérapie de choc.
L’attitude de l’adorateur
Tout le Psaume 51 parle de l’attitude de l’adorateur. Dans la Bible, David était nommé « un homme selon le cœur de Dieu ». Ce texte a été écrit après que David a été repris par le prophète Nathan qui a mis en lumière sa sombre histoire d’adultère avec Bath-Schéba (voir 2 Samuel 12).
David ne reconnaît pas immédiatement son péché, mais, à la suite de la visite de Nathan et par une conviction profonde de l’Esprit de Dieu, il réalise son erreur. Il commence par manifester une attitude de réelle repentance en confessant sa faute (v. 3-5).
Puis il reconnaît la sagesse, l’autorité et la justice de Dieu (v. 6).
Il revient au cœur de l’attitude recherchée par Dieu (v. 8).
Il comprend que seul Dieu peut effacer et purifier son péché (v. 9-11).
Il se met à demander sincèrement une nouvelle onction et un renouvellement de l’Esprit saint (v.12-14).
Il décrit les conséquences du péché et met en garde les autres d’une telle attitude, puis se remet en route pour de nouveau témoigner et adorer (v. 15-17) !
Finalement, il comprend que ce n’est pas la religiosité qui plaît à Dieu (v. 18), mais l’obéissance dans une attitude de contrition et de soumission totale (v. 19).
Il peut de nouveau regarder en avant et intercéder pour sa ville et son pays (v. 20-21).

L’évaluation de l’adoration
Nous ne pouvons pas juger l’adoration, car elle ne nous est pas adressée ! Le seul qui puisse la juger, l’accepter ou la refuser est celui qui la reçoit, c’est-à-dire Dieu.
Nos jugements sont faciles et parfois très légers. Soyons de ceux qui encouragent et soutiennent l’adoration au lieu de la critiquer. Comment savoir si Dieu aime nos chants, notre musique et nos moments de louange ? Parfois il ne peut accepter notre louange à cause du péché qui ne le glorifie pas. Nous avons beau chanter et jouer parfaitement, ce critère n’est pas prioritaire pour lui. Nos seules références sont celles que la Bible nous enseigne, à savoir vivre dans la vérité et respecter les principes d’une vie spirituelle d’obéissance.

Quelle valeur à l’adoration ?
Combien nous coûte l’adoration ? Si elle ne nous engage à rien, il nous manque une réelle dimension. Il est évident que, parfois, le fait d’adorer Dieu va nous coûter quelque chose. Cela peut être simplement du temps, des choses à déposer, des relations à abandonner, des activités auxquelles renoncer et des choix à faire.
Avez-vous entendu l’histoire de cette femme en Érythrée, Helen Berhane, qui a écrit « Le chant du rossignol 1» ? Elle a été torturée pour sa foi dans son pays, enfermée durant trente mois dans un conteneur. Son témoignage lui coûtait beaucoup et pourtant elle continuait à chanter et à adorer son Dieu dans ces circonstances.
Quel courage et quel exemple pour nous ! N’attendons pas de vivre de tels événements pour payer le prix d’une vraie adoration.
« Car tout cela arrive à cause de vous, afin que la grâce, en se multipliant, fasse abonder, à la gloire de Dieu, les actions de grâces d’un plus grand nombre. » 2 Corinthiens 4.15.
Pour nous, chaque situation peut être tournée en adoration et il est parfois étonnant de constater comment Dieu se glorifie au travers de circonstances difficiles ou imprévisibles.

La valeur
La valeur d’une chose se voit dans la priorité qu’on lui accorde. Choisir, c’est renoncer ! Parfois nous devons abandonner d’autres activités ou désirs pour les consacrer à l’adoration, sachant qu’adorer n’est pas un acte religieux que nous faisons à l’église, mais bien plus une obéissance à Dieu. Nos actes et nos choix peuvent être faits en fonction de l’adoration envers Dieu. Mon choix de l’adorer m’aidera à fixer des priorités.
« … afin que l’épreuve de votre foi, plus précieuse que l’or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l’honneur, lorsque Jésus-Christ apparaîtra. » 1 Pierre 1.7.
Un sacrifice donne de la valeur à une chose, beaucoup plus que de l’argent !
Choisir de lâcher certaines activités pour nous consacrer à l’obéissance est la démonstration de la valeur que nous donnons à notre Sauveur. D’ailleurs, si nous l’appelons régulièrement « Seigneur », n’est-il pas digne de recevoir ce qui a le plus de valeur pour nous et d’avoir la priorité sur notre vie ?
Le temps
Dieu en connaît la valeur et il sait que parfois il est plus facile de lui donner une offrande financière que de lui consacrer un moment. Notre temps est précieux et nous avons tous reçu le même capital de départ, c’est-à-dire vingt-quatre heures par jour. Comme le disait le grand revivaliste Smith Wigglesworth :
« Je ne calcule pas le temps que je passe avec Dieu, mais j’essaie de vivre le moins de temps possible sans lui. ».

Renoncer à ses droits
« Puis, ayant appelé la foule avec ses disciples, il leur dit : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. » Marc 8.34.

Une vie d’adorateur passe automatiquement par un renoncement régulier à ses propres « droits ». Il ne s’agit pas uniquement de renoncer à des choses matérielles, mais plutôt d’une attitude égoïste, individualiste et indépendante pour pouvoir nous consacrer entièrement à lui.
C’est d’ailleurs un problème majeur du christianisme occidental. Nous souhaitons obtenir toutes les bénédictions de Dieu sans pour autant renoncer à nos « droits ». Jésus a renoncé aux siens pour accomplir sa mission.
Nous sommes aussi appelés à marcher à sa suite. Le renoncement nous touche dans tous les domaines de notre vie. Pour certaines personnes, il s’agit d’un loisir, d’une position ou d’un salaire ; pour d’autres d’une relation ou d’un certain succès. Nous ne le faisons pas par désir de privation, mais par choix d’obéissance. 

Le service
Par notre service envers le monde et envers tous ceux avec lesquels nous vivons, nous effectuons un acte d’adoration pour Dieu.
Nous pouvons servir dans un esprit de louange ; notre famille, notre église, notre patron, notre entreprise ou nos voisins.
Nos actes parlent souvent beaucoup plus que nos paroles. Dieu le voit et le sait. Il ne suffit donc pas d’être assis au premier rang de notre église et de chanter nos chants préférés !
Nous servons en toutes circonstances, dans la simplicité, ceux qui nous entourent, comme un acte d’adoration.

Jésus lui-même a démontré cet exemple qu’il a enseigné : 
« C’est ainsi que le Fils de l’homme est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs. » Matthieu 20.28.

Sa vie a parlé plus fort que ses mots ! Ce texte résume bien le prix que nous donnons aux choses.
« Nul ne peut servir deux maîtres. Car où il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un, et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon. » Matthieu 6.24.

Qu’aucun Mamon ou autre faux Dieu ne vienne nous voler le cœur de notre adoration et que nous sachions toujours pourquoi nous adorons l’Éternel !
Prière
Seigneur, apprends-moi à te placer et à te laisser au cœur de l’adoration. Montre-moi si je me suis détourné du centre et du but. Garde-moi toujours dans une adoration en vérité dans mes pensées, dans mes actes et dans mes choix. Je t’aime et je t’adore de tout mon cœur. Aide-moi à montrer ma passion pour toi par des actes d’adoration, dans un esprit de service pour toi et envers mon prochain. 

Questions pour un partage
À qui notre louange est-elle vraiment adressée  ?
Quelle est notre réelle motivation pour louer et adorer ?
Qu’est-ce qui se trouve vraiment au cœur de notre adoration ?

Note :
1 : Helen Berhane - Emma Newrick, 2011, Éditions Ourania