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La prière, un moment de qualité avec le Seigneur

Vous arrive-t-il, lorsque vous priez et intercédez pour vos proches, d’avoir le sentiment de parler à un mur, même si au fond de vous-mêmes vous savez que Dieu vous écoute ? Votre prière vous paraît à sens unique, il n’y a pas de retour ; il y a comme un vide. Vous continuez à prier parce que la Bible le recommande et que vous êtes en souci pour vos proches, mais ce temps de prière ne vous apporte rien et peut même devenir une corvée. Dans ce cas, vaut-il vraiment la peine de persévérer sur cette voie ?

Si tel est votre cas, lisez attentivement la suite…

 

Le jardin des délices

Saviez-vous que le jardin d’Éden, décrit dans la Genèse, signifie : le jardin des délices ? Et que le premier ordre donné à Adam était le suivant : Tu mangeras de tous les arbres du jardin (sauf de l’arbre de la connaissance du bien et mal) Gn 2.16 ? Dieu voulait donc que l’humain ait tout en abondance ! Manger de tous ces fruits n’était pas une option facultative, mais bien une nécessité.

Le Christ nous a réintroduits dans ce jardin des délices, mais sous une forme différente, celle d’une relation de qualité entre Lui et nous, grâce à l’action du Saint-Esprit en nous. Et il y est aussi question de fruits ! L’apôtre Paul parle effectivement des fruits de l’Esprit : l’amour, la joie, la paix, la patience… (Ga 5.22). Ces fruits ne sont pas réservés à une élite, mais à nous tous. Et le Seigneur veut que nous goûtions à ces fruits en abondance, il nous les offre, mais il nous appartient de les cueillir. Alors pourquoi sommes-nous si souvent en manque ? Qu’est-ce qui nous retient de nous servir ?

J’aimerais proposer ici quelques pistes pour découvrir et entretenir une relation de qualité avec le Seigneur.

Entre dans ta chambre, ferme ta porte… (Mt 6.6)

Il est important de prendre du temps, seul, dans un lieu à part, où personne ne pourra nous déranger. Nous avons tous besoin de ces moments, seuls avec Dieu, même si nous sommes en couple ou dans une communauté.

Fermer sa porte marque bien notre volonté de nous isoler et la nécessité pour les autres de respecter cet isolement.

Ôte tes souliers de tes pieds… (Ex 3.5)

Lorsque Dieu rencontra pour la première fois Moïse dans le désert, il lui ordonna d’enlever ses souliers. Pourquoi ? Le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte. On pourrait paraphraser cet ordre ainsi : « Moïse, je veux te parler, seul à seul, dans ce lieu à part (saint). Ne t’en vas pas, enlève tes chaussures, viens t’asseoir ici et écoute-moi ».

Enlever ses souliers, c’est entrer dans l’intimité de son hôte, accepter de prendre du temps pour lui, sans songer à partir à la première occasion. 

Un ami me disait ceci : « On ne devrait jamais terminer un temps de prière sans avoir établi une relation de qualité avec le Seigneur et avoir goûté aux fruits de l’Esprit. Mais pour cela, il faut prendre du temps ». Au début de ce moment de prière, on peut ressentir un certain vide, comme si la communication ne se faisait pas. Souvent, des chants peuvent nous aider à focaliser notre attention sur le Seigneur. La méditation d’un court texte biblique nous conduit sur cette voie également. J’aime rappeler cette promesse de Jésus : Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, et mon Père l’aimera ; nous viendrons à lui, et nous ferons notre demeure chez lui. Jn 14.23. Il y a un lien très fort entre le fait de garder cette Parole dans notre cœur et la présence du Seigneur en nous. Garder sa Parole est bien plus que la lire, c’est se l’approprier comme un trésor de vie. 

Les débuts peuvent paraître difficile, mais progressivement, dans le calme et la confiance, le brouillard se dissipe et nous voyons beaucoup plus clairement les choses de l’Esprit et pouvons goûter à ses fruits. C’est alors que nous devenons capables d’écouter les paroles du Seigneur. Si nous sommes remplis de l’amour, de la joie, de la paix du Seigneur et que nous percevons une parole de sa part, il y a de très fortes chances pour que celle-ci soit vraie et digne de confiance. En revanche, je me méfie par expérience des paroles que je perçois si elles ne sont pas accompagnées des fruits de l’Esprit. Elles peuvent être le produit de mon imagination ou alors être suggérées par des puissances occultes. Quoi qu’il en soit, ces paroles doivent toujours être examinées avec soin, quitte à demander de l’aide à d’autres chrétiens si nécessaire.

Les obstacles à la prière

Il se peut que la communication avec le Seigneur ne se fasse pas à cause d’obstacles. Et le plus grand d’entre eux consiste à attrister le Saint-Esprit. Paul le disait aux Ephésiens : N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption ; Ep 4.30. Comment pouvons-nous l’attrister ? Paul l’explique dans ce même paragraphe et mentionne plusieurs péchés : le mensonge, le vol, les mauvaises paroles, les mauvais sentiments, la calomnie, le manque d’amour, l’impudicité, l’impureté, la cupidité, l’avarice etc. Ep 4.25-5.12. Pierre demande aux maris d’aimer leurs femmes et de les honorer… afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières ; 1 P 3.7. Les causes d’obstacle à la prière sont donc nombreux !

Lorsque le Saint-Esprit est attristé, il ne nous quitte pas et ne nous abandonne pas, mais il suspend son action en nous, nous laissant ainsi seuls et privés de sa présence. En agissant ainsi, il espère nous ramener sur le bon chemin. De plus, il cherche à nous convaincre de péché, pour nous pousser à la repentance. Et lorsque nous nous repentons et confessons notre péché, nous sommes alors pardonnés et libérés, et nous pouvons retrouver la pleine joie de la communion avec le Seigneur.

Maintenir la communication ouverte

Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Jn 15.4. Oui ! Jésus souhaite que cette relation de qualité soit continue. Cet ordre ne s’adresse pas à des athlètes spirituels de haut niveau, mais à tous les croyants qui vivent de sa vie. Un des meilleurs moyens de garder le contact est de développer en soi une attitude de louange. Apprenons à louer le Seigneur en toutes occasions et pour toutes choses. Lorsque le psalmiste dit : Mon âme, bénis l’Eternel et n’oublie aucun de ses bienfaits, il ordonne à son âme de louer l’Eternel continuellement. C’est un apprentissage, car la louange ne vient pas spontanément. Exerçons-nous à le faire et petit à petit nous constaterons que notre esprit est toujours plus tourné vers le Seigneur et que la louange est devenue comme une respiration ; elle fait partie de nous. Et quels que soient l’heure et le lieu, nous serons aptes à approfondir notre communion avec le Seigneur et vivre une relation de qualité avec Lui, enrichie des fruits de l’Esprit. Et nous serons alors en mesure de distribuer ces fruits autour de nous.