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De découverte en découverte avec Dieu.

Dieu m’a pris par surprise comme adolescent ! Jusqu’alors j’avais bien une vague conscience quasi innée d’un Dieu créateur mais rien de plus. Je cherchais périodiquement en moi des raisons de me passionner pour quelque chose de satisfaisant et durable (par ex., la nature). Or, entre 14 et 15 ans, je suis tombé sur le témoignage écrit d’un jeune Indien sikh ayant décidé de mettre fin à ses jours en se couchant sur la voie du chemin de fer proche de chez lui. Il était tourmenté de manière insupportable car il avait brûlé une Bible que lui avaient remise des missionnaires honnis. En désespoir de cause, il mit Dieu au défi de se révéler lui-même s’il existait. Une demi-heure avant le passage du train, le Christ lui apparut, glorieusement vivant, et lui dit quelques mots décisifs qui le retournèrent totalement ! Bien après cette apparition bouleversante, cet homme, du nom de Sundar Singh, interpellait ses auditoires, disant: « il se peut que vous sachiez beaucoup de choses sur Jésus vous les Européens, mais est-ce que vous le connaissez lui-même personnellement ? Avant de connaître Jésus, je persécutais les missionnaires, mais après l’avoir connu lui-même, je suis moi-même devenu son disciple, un témoin de la bonne Nouvelle du Sauveur aux peuples de l’Himalaya ». 

 

A la question que posait Sundar Singh, je devais répondre non, je ne connais pas Jésus le Christ de cette manière-là ! J’ai alors suivi son conseil: «approchez-vous de Christ par la prière de confiance et demandez-lui de se révéler à vous, tout simplement». Je le fis et dans l’heure qui suivit je fus inondé de sa merveilleuse présence, comme d’une eau pure dans un gosier desséché, comme une lumière surnaturelle qui me remplissait de paix et d’un amour inconnu. Je me mis à lire la Bible pour la première fois: il y avait concordance entre cette expérience et la révélation de Dieu à Abraham, Isaac et Jacob ! Concordance surtout avec le Jésus des évangiles. Je savais que, désormais ce que je cherchais sans le connaître, je l’avais trouvé; ma vie entière se passerait dans cette communion avec Jésus revenu de la mort et vivant pour toujours !

 

Ma prière était tâtonnante et maladroite, mes progrès moraux plutôt lents, mais l’Eternel, le Père de Jésus et dès lors mon Père aussi, était devenu le délice de ma vie, l’amour prioritaire de mon existence. Et cela même dans les difficultés et les passages pénibles qui ne manquaient pas d’arriver ! J’étais souvent déçu de moi-même mais le Seigneur ne m’abandonnait pas et j’ai appris que même si je ne ressentais rien de spécial, il était toujours présent comme le soleil caché par les nuages ! Voilà maintenant 68 ans que je le suis pas à pas et je n’ai jamais été trompé. La Bible est devenue ma méditation quotidienne. L’amour du Dieu vivant me pousse à aimer les autres du même amour que celui du Seigneur, même quand ils ont des aspérités de caractère contrariantes. Mon désir de ressembler à Christ me stimule à vivre sa Parole entendue dans l’Ecriture et dans ma conscience. C’était là «ce que mon cœur désirait» et le Seigneur a honoré sa promesse en me l’accordant !

 

Je fis la connaissance de ceux qui avaient foi comme moi et je me suis mis à aimer la communauté des disciples de Jésus. Je me mis à aimer les chants et les louanges au Père, les messages des hommes de Dieu, l’entraide envers les démunis et entre nous qui étions maintenant frères et sœurs, même s’il y avait des anicroches et qu’il faille apprendre à pardonner ou à demander pardon ! Quand je persévérais dans ce style de vie, en particulier dans notre couple et avec nos enfants, la joie et l’appétit spirituel augmentaient, la liberté reçue et la réconciliation s’avéraient être de nouvelles occasions de délices !

 

Une année après la grave crise de Mai-juin 1968, je fis une nouvelle expérience inattendue, mais qui répondait à une nouvelle aspiration de mon cœur. Le Seigneur me fit soudain la grâce de vivre ma prière matinale dans une toute nouvelle dimension spirituelle, une dimension céleste, sans la moindre fatigue ! L’Esprit du Seigneur se manifestait de manière indubitable et cela dura... 40 jours tous les matins (avec une diminution progressive d’intensité les 10 derniers jours). J’ai pris conscience que c’était cela que les chrétiens pentecôtistes, à la suite de Jean Baptiste et de Jésus, nommaient le baptême dans le Saint-Esprit. En fait cette expérience se déroula en deux phases : celle dont je viens de parler, solitaire dans mon bureau, approfondissant beaucoup ma connaissance de Dieu et renforçant ma vie de prière. Puis, deux ans plus tard, une nouvelle phase du même type se produisit, mais cette fois dans le cadre d’une grande convention chrétienne inter-églises;  Le Seigneur était présent dans les enseignements et, par l’imposition des mains proposée, une puissance nouvelle m’envahit pour me rendre capable - avec beaucoup d’autres - d’être témoin du Messie et d’exercer des dons de l’Esprit nouveaux pour moi. 

 

Ce témoignage pourrait donner l’impression que la vie chrétienne est une suite d’interventions miraculeuses, que la prière ne nécessite pas d’effort, que tout est facile. Il est vrai que la grâce offerte par le Seigneur à ceux et celles qui placent leur foi en Lui allège beaucoup de choses :”mon joug est doux et mon fardeau léger”, disait Jésus aux fatigués et chargés qu’il appelait. Mais les chrétiens n’échappent pas à la condition humaine générale et le diable s’efforce de faire obstacle à leur témoignage en attendant l’avènement du Messie. Le chemin n’est de loin pas facile tout le temps. La vie du disciple est une combinaison de grâces joyeuses (foncièrement) et de décisions volontaires d’obéir à l’Esprit de Dieu pour aligner notre vie à celle de Jésus ce qui nécessite de la discipline (dans la liberté !) et de la persévérance dans la mise à disposition de tous les aspects de notre vie entre ses mains.