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N° 209 Avril 1999

Un Réveil aux iles Hébrides et son enseignement

Par F. B.

"Si vous me cherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous" dit l’Éternel (Jér. 29:13-14).

Dieu prépare-t-il son Église pour de nouvelles victoires? Les pages qu’on va lire nous réapprennent qu’il ne faut jamais désespérer. Les champs blanchissent, Dieu vit!
Le livre des Actes des apôtres continue…

Actuellement, dans les églises officielles comme dans les communautés indépendantes de notre pays, un bon nombre de chrétiens soupirent après une vie et une puissance spirituelle plus grandes. Chacun est de plus en plus persuadé que seul un réveil du Saint-Esprit peut amener un changement et arracher les croyants au sommeil mortel de l’indifférence et au contentement de soi. Mais quand ce renouveau viendra-t-il? Quelles sont les conditions à remplir pour lui frayer la voie? Prenons conscience d’abord que seule une intervention de l’Esprit-Saint peut provoquer cette vie abondante, qui ne nous sera donnée qu’en réponse à un désir profond, ardent et complètement désintéressé.

Dieu est prêt à nous exaucer, encore faut-il que nous priions. C’est au prophète Zacharie que fut adressé cet ordre: "Demandez à l’Éternel la pluie du printemps! L’Éternel produira des éclairs, et il vous enverra une abondante pluie!" (Zach. 10:1). La pluie, dans le langage de l’Écriture Sainte, est le symbole d’une effusion du Saint-Esprit, comme la sécheresse est l’image de la sécheresse spirituelle. Et Dieu fait au prophète Ésaïe la promesse que voici: "Je répandrai des eaux sur le sol altéré et des ruisseaux sur la terre desséchée; je répandrai mon Esprit sur ta race et ma bénédiction sur tes rejetons" (Es. 44:3). Dieu serait -il moins fidèle à sa parole aujourd’hui que jadis? Non, mais pour que les interventions divines puissent se manifester, il faut en payer le prix. Et quel est ce prix?

Parmi les réveils dont les fruits sont encore visibles à ce jour, celui des îles Hébrides (Grande-Bretagne), plus que nul autre peut-être, peut nous fournir de précieuses indications. Les nouvelles authentiques qui nous sont parvenues nous aideront certainement à retenir les faits essentiels et à comprendre quel est le prix d’un réveil.

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1. Les événements des Hébrides
Au mois d’octobre 1949, le Synode des Églises libres s’était réuni à Stornoway, île Lewis, la plus grande des Hébrides, en Écosse. Parmi les questions à l’ordre du jour figurait en premier lieu celle de l’aggravation de l’indifférence religieuse et de l’apostasie, tout spécialement de la jeunesse. On espérait également trouver la cause du nombre très restreint de conversions dans les différentes églises. Les délibérations aboutirent à la rédaction d’un appel décrivant la situation telle qu’elle était, exhortant les chrétiens à prendre garde à l’esprit du siècle qui menace de tout envahir. L’appel fut reproduit par la presse et remis à chaque église en particulier. On ne sait pas exactement quels en furent les effets. Cependant, il s’avéra plus tard que des groupes de chrétiens, ici et là, apportèrent cette détresse au Seigneur, en particulier à Barvas, où des hommes et des femmes, affligés de l’état spirituel lamentable de la contrée, en firent un sujet de prière spécial. La condition des âmes perdues, demeurant loin de Dieu, devint un véritable fardeau pour ces chrétiens qui, comme autrefois, crièrent à Dieu: "Ne veux-tu pas nous redonner la vie, afin que ton peuple trouve en toi le sujet de sa joie?" (Ps. 85:7).

Dans le village de Barvas, un groupe de jeunes gens, avec leur pasteur décidèrent de se réunir dans une grange, pressés par le désir de se mettre en règle avec Dieu, le suppliant de révéler sa puissance à ses enfants. Des mois durant ils persévérèrent dans la prière; ils y consacrèrent des nuits entières, chaque semaine, à genoux, sur la paille, résolus à ne pas lâcher prise jusqu’à ce que Dieu réponde.

Une certaine nuit, un diacre se leva et lut les versets 3 à 5 du Ps. 24: 5
"Qui pourra monter à la montagne de l’Éternel? Qui s’élèvera jusqu’à son saint lieu? Celui qui a les mains innocentes et le cœur pur; celui qui ne livre pas son âme au mensonge et qui ne jure pas pour tromper. Il obtiendra la bénédiction de l’Éternel".

Une seconde fois, il lut ce passage à ses camarades et leur dit: "Mes frères, nous avons prié et supplié notre Dieu pendant des semaines. Maintenant j’aimerais vous poser une question: Nos mains sont-elles innocentes? Notre cœur est-il purifié de toute souillure? Nous savons que le sang de Jésus nous purifie de tout péché, et nous avons la promesse que notre Dieu veut faire descendre une abondante rosée sur le sol altéré. Dieu est un Dieu de réveil, qui tient ce qu’il promet envers ceux qui l’invoquent dans l’humilité et dans la foi. Qu’est-ce qui peut donc bien retenir la bénédiction?". Ces paroles furent un appel à leurs consciences et les amenèrent à faire un sérieux examen. Ils résolurent d’exposer à la lumière divine, par une confession réciproque, tous les péchés que le Saint-Esprit leur signalerait, même ceux dont ils n’avaient pas été conscients jusqu’à ce jour. Ce qui se passa dans le silence de cette nuit-là et les suivantes fut la première des grandes choses que Dieu accomplit.

Aux supplications prolongées des jours précédents succéda la triomphante certitude que le Seigneur avait entendu les cris de ses enfants et que sa lumière allait se manifester aux yeux de tous. La promesse qui fut donnée à Salomon lors de l’inauguration du temple se réalisa d’une façon merveilleuse pour les intercesseurs: "Si mon peuple, sur qui mon nom est invoqué, s’humilie, prie et cherche ma face, et s’il se détourne de ses mauvaises voies, je l’exaucerai d des cieux, je lui pardonnerai son péché, et je guérirai son pays" (2 Chron. 7:14). Quand le peuple de Dieu s’humilie, le Saint-Esprit a toute liberté pour agir. Ainsi le chemin était ouvert pour le renouveau demandé. Dieu était prêt à intervenir et à guérir le pays.

À l’autre extrémité du village, non loin du lieu de rassemblement des jeunes gens, deux vieilles sœurs priaient dans leur chambre. Elles étaient âgées respectivement de 82 et de 84 ans, et l’une d’entre elles était aveugle. Elles aussi, jour après jour, avaient crié à Dieu pour la jeunesse qui s’égarait dans le monde, persévérant dans l’intercession jusqu’au matin, près de leur petit fourneau. "Une certaine nuit", raconte l’une d’elles, "un tel fardeau pesait sur nous que nous savions que Dieu allait répondre. Ne pouvant pas dormir, nous priâmes jusqu’au matin. Pendant ces longues heures, Satan essaya de nous décourager et d’interrompre nos prières. Je le repoussai énergiquement au nom du Seigneur et plaçai le sang de Jésus entre lui et moi. Il s’enfuit, battu, et je sus que le réveil était là" (Jacq. 4:7; Apoc. 12:11).

Ces sœurs étaient si persuadées de la proche intervention de Dieu, qu’elles firent appel à la "Faith Mission" par le moyen de laquelle elles étaient parvenues à la foi quelque 45 ans auparavant. Par télégramme, une invitation fut adressée à Duncan Campbell, prédicateur écossais et homme de prière. Il se trouvait en ce moment-là en Irlande, où il poursuivait un travail béni. Et il devait participer à une conférence prévue pour les mêmes dates que celles qui venaient de lui être proposées. Il accepta l’invitation qui lui venait de l’île Lewis, mais pour l’année suivante seulement. Cependant les deux sœurs réitérèrent leur appel en ces termes: "L’homme propose, mais Dieu dit: Duncan Campbell sera ici dans d(eux semaines!" Ensuite de circonstances imprévisibles, mais permises de Dieu, la conférence pour laquelle il était retenu fut renvoyée, en sorte que l’homme désigné par Dieu pour être l’instrument du réveil se trouva sur les lieux au moment voulu.
 
2. Une vocation
Nous ne possédons que peu de renseignements sur le serviteur que Dieu choisit pour apporter son message aux îles Hébrides. Il enseignait autrefois la doctrine chrétienne au collège de la "Faith Mission". Puis, Duncan Campbell se sentit appelé au travail d’évangélisation, le Seigneur lui ayant accordé le don d’évangéliste, don qui fut confirmé plus tard par les fruits manifestes de son ministère. Un matin, alors qu’il méditait dans son cabinet de travail, l’Esprit du Seigneur vint sur lui, d’une manière tranquille, provoquant un profond examen de conscience et de cœur, tout en lui donnant une vision toute nouvelle de l’horreur de l’enfer. Il vit les hommes précipités dans le gouffre de feu, le monde s’élancer vers la perdition éternelle. Ainsi Dieu avait préparé son instrument pour proclamer avec ardeur le message du jugement divin. Campbell réalisa que, selon les promesses de Dieu, de nouvelles possibilités d’action s’offraient à lui. Était-il prêt à en payer le prix par une obéissance inconditionnelle? Si oui, il expérimentait d’une manière encore plus grande l’action et la puissance du Saint-Esprit dans ses prédications.

Dès ce jour, son message change du tout au tout. Affranchi de toute crainte et rempli de la puissance de Dieu, il annonce avec un profond sérieux les jugements qui approchent et exhorte ses auditeurs à fuir la colère à venir. Ses paroles deviennent plus incisives, même enflammées et dramatiques. Il parle avec conviction, dans un langage très simple. Dieu lui a montré comment s’adresser au peuple. "L’Esprit-Saint", dit-il "est le meilleur des maîtres; pour posséder sa puissance, nous devons être réellement en règle avec Dieu. Il faut obéir aux lois spirituelles contenues dans les Saintes Écritures!". Il souligne particulièrement l’importance du sang de Jésus qui affranchit du péché et garde le cœur pur.

Cet homme, âgé de près de 60 ans, d’aspect viril, donne l’impression d’une grande humilité et d’un parfait naturel. Il marche avec Dieu d’une manière constante; à son contact, on éprouve la présence divine. En face de la situation désespérée dans laquelle se trouve le monde, il compte sur la grâce de Dieu pour pardonner le péché et l’égarement des hommes. Il attend de lui une puissante intervention.
 
3. Le réveil
C’est dans l’attente des grandes choses qui devaient se passer que les anciens de l’Église de Barvas reçurent Duncan Campbell; ces hommes avaient osé croire que Dieu répondrait à la prière persévérante. La première réunion ne présenta rien de particulier. Le chant fut satisfaisant, une certaine liberté se manifesta dans la prière en commun, ce fut tout. À la fin de la rencontre, un homme s’approcha de Campbell; c’était un de ceux qui avaient prié dans la grange. "Ne vous découragez pas!" dit-il, "le réveil vient, j’entends déjà le bruit des chariots de Dieu". Là-dessus, il proposa de passer la nuit en prière dans une maison voisine.

"Nous étions une trentaine, raconte Campbell, pour demander l’intervention de notre Dieu. À 3 heures du matin, l’Esprit du Seigneur descendit sur l’assemblée. Je les vois encore, ces hommes et ces femmes terrassés. Nous savions alors que Dieu s’était rendu maître de la situation et avait repoussé les puissances des ténèbres afin que des âmes puissent être libérées. Lorsque nous quittâmes la maison, nous constatâmes que l’Esprit de Dieu était partout à l’œuvre. Chaque maison était encore éclairée, personne ne pensait dormir. Partout il y avait des hommes dans l’angoisse, cherchant Dieu. Dans la rue, j’en rencontrai trois, prosternés devant le Seigneur, invoquant son pardon".

Rien d’étonnant à ce que, le soir suivant, l’église fût pleine lorsque Campbell y entra. Un grand nombre d’autocars étaient arrivés dans la journée de toutes les parties de l’île. Une camionnette de boucher amena sept hommes d’une distance de vingt-cinq kilomètres environ. Cette même nuit, ils se convertirent tous les sept. Qui les avait appelés? Dieu a ses moyens propres et merveilleux pour attirer les hommes à lui. L’Esprit œuvrait puissamment, convainquant les hommes de péché, de sorte qu’ils criaient à Dieu pour obtenir grâce. Lorsque, tôt le matin, Campbell quitta l’église, un messager lui apprit qu’à l’autre extrémité de la localité, des gens étaient saisis d’une grande détresse morale. Il se hâta d’y aller. Sous le ciel étoilé, des hommes et des femmes, qui n’avaient pas assisté à la réunion, étaient agenouillés au bord du chemin, cherchant la paix avec Dieu. Une œuvre profonde avait commencé.

"Cela continua ainsi, écrit Campbell, pendant cinq semaines. Dans une église, il y avait une réunion à dix-neuf heures, dans une autre à vingt-deux heures, et dans une troisième à minuit; après cela, je me rendais de nouveau dans la première église, d’où je sortais habituellement vers cinq ou six heures du matin, fatigué, mais rempli de joie de me savoir engagé dans un tel mouvement de l’Esprit de Dieu. Je restai cinq semaines à Barvas. Ensuite le feu gagna les localités voisines et se propagea jusqu’aux régions les plus éloignées".

Tout ceci se passait dans l’île Lewis, forteresse d’un certain calvinisme aussi froid que rigoriste, où il semblait impossible qu’un renouveau pût jamais se produire, surtout si l’on considère que ses habitants s’expriment avec une grande réserve sur tout ce qui touche à la religion, ne faisant pas volontiers état de leurs sentiments personnels dans ce domaine. Seule la puissance de Dieu n’est pas limitée par les tendances et les traditions des hommes.

En mai 1952, Duncan Campbell fut envoyé par Dieu dans une autre île qu’il ne connaissait pas, celle de Berneray Harris, au sud de l’île Lewis. Sans tarder, il se mit en route. Peu après son débarquement, un homme l’arrêta dans la rue, lui demanda son nom et s’écria: "Dieu soit loué, je lui avais demandé de vous envoyer chez nous, afin que le réveil éclatât aussi parmi nous. Maintenant, je sais que ma prière est exaucée!". Des réunions furent organisées dans l’église presbytérienne. Pourtant, le premier soir, l’atmosphère était pesante; les paroles semblaient vaines. Campbell se décida alors à envoyer un télégramme à l’île Lewis, pour demander l’aide de quelques intercesseurs, notamment le jeune Donald Smith. Ce dernier, âgé de dix-sept ans, est rempli de l’Esprit de prière d’une manière remarquable. Campbell l’a surnommé l’Evan Roberts de Lewis, tant il lui rappelle celui dont Dieu se servit lors du réveil du Pays de Galles. Smith est un jeune homme calme et ouvert. Ce qui le caractérise, c’est sa profonde crainte de Dieu; il mène une vie de prière exceptionnelle, passant quotidiennement plusieurs heures dans la présence du Seigneur, dans laquelle il est du reste constamment. Dieu l’emploie comme autrefois Finney pour convaincre les âmes de péché. Ses paroles, très simples, pénètrent dans les consciences comme des flèches enflammées. Depuis le jour de sa conversion, il est rempli de l’Esprit; il grandit sans cesse en puissance et en grâce devant Dieu et devant les hommes.

Il semblait que tout l’enfer s’était ligué contre le prédicateur lors de la première réunion tenue par les intercesseurs de Lewis dans cette petite île de Berneray Harris. L’atmosphère était froide; il n’y avait aucun écho de la part des auditeurs. Le texte choisi par Campbell était: "Et toi Capernaüm, qui as été élevée jusqu’au ciel, tu seras abaissée jusqu’au séjour des morts" (Luc 10:15). Au milieu de la prédication, il s’arrêta et demanda à Donald Smith de prier. En une supplication intense et fervente, celui-ci répandit son cœur devant Dieu, en lui rappelant ses promesses. Il pria pendant une demi-heure pour les habitants de l’île, louant Dieu de ce qu’il exauce la prière de ses enfants. Subitement, il sembla que le ciel se déchirait: l’Esprit de Dieu descendit sur l’assemblée comme à Pentecôte, se manifestant de la même manière qu’à l’île Lewis. Tout l’auditoire tomba sur sa face devant Dieu, et beaucoup s’écroulèrent sans force sur le sol.

Ce qui caractérisait ce mouvement, c’est que l’Esprit de Dieu agissait dans toute la localité et ses environs. Partout des gens étaient convaincus de péché: athées, buveurs, chrétiens superficiels, instituteurs dans leurs classes, pêcheurs de harengs furent saisis d’effroi, au large de la baie. Tous se sentirent irrésistiblement poussés à se rendre à l’église pour y trouver le soulagement de leur âme. En peu de temps, les collines entourant la maison de Dieu furent noires de monde; de toutes parts on venait à la réunion!

"Lorsque je sortis de l’église", écrit Campbell, "je rencontrai des hommes saisis par la crainte de Dieu; ils se prenaient par le bras en tremblant et en pleurant. La petite île de Berneray Harris vit de la fabrication du fameux drap dit "Harris Tweed". Mais, ce jour-là, le travail fut suspendu, et toute l’île ne fut plus préoccupée que d’une seule chose: chercher Dieu! Le jour suivant, je prêchai de midi à trois heures du matin; le surlendemain, je parlai huit fois de suite. Le Saint-Esprit me donnait des messages venant directement du ciel, et sa présence était sensible à tous. Physiquement, je me sentais merveilleusement soutenu".
 
4. Caractéristiques de ce réveil
Peut-être la caractéristique la plus marquante de ce réveil fut-elle le sentiment profond de la présence et de la sainteté de Dieu, sentiment si intense que personne n’osait bouger! Un jour, un jeune converti parla à un jeune homme incrédule; ce dernier fut à tel point touché qu’il se mit à trembler. Cherchant à secouer l’angoisse qui l’avait saisi, il se rendit au café voisin; mais, il trouva des hommes qui s’entretenaient de l’état de leur âme. "Ce n’est pas ici que je pourrai me débarrasser de mon angoisse, se dit-il, allons plutôt danser". Il n’était pas entré depuis cinq minutes dans la salle de danse qu’un camarade lui dit: "Où passerions-nous l’éternité si Dieu nous frappait aujourd’hui?". Partout régnait ce même sentiment de la présence de Dieu et de l’importance capitale de l’éternité. Ne pouvant échapper plus longtemps à cette présence, le soir même ce jeune homme prit la décision de se donner au Seigneur. D’autres exemples semblables pourraient être cités en grand nombre.

Une autre caractéristique du mouvement fut la conviction profonde de péché, qui se manifestait souvent d’une manière terrible. Lorsque l’Esprit Saint commence à dévoiler le péché et à l’exposer à sa lumière divine, l’homme s’effondre sous son action et demande ardemment le pardon de Dieu. Il reconnaît qu’il est un pécheur perdu, ne méritant que jugement et condamnation. Même la présence de tierces personnes ne l’empêche aucunement de confesser ouvertement sa faute. Ainsi ébranlé, le pécheur repentant perçoit la voix de Dieu qui l’assure qu’en Jésus-Christ il y a un plein salut et un plein pardon. Ce qu’il lui faut alors, c’est saisir ce pardon par la foi, comme un noyé saisit une bouée de sauvetage. Le lourd fardeau de son sentiment de culpabilité tombe alors et une paix ineffable remplit son cœur qui déborde de louange et de reconnaissance.

Il y a également lieu de relever que ce mouvement de l’Esprit aux îles Hébrides ne fut pas lié à la présence d’un instrument humain. Certes, Dieu utilisa les messages de Duncan Campbell pour convaincre les gens de la nécessité d’une conversion personnelle. Mais il ne fut fait appel ni à une décision ni à la confession. Le Saint-Esprit lui-même convainquait de péché et amenait les âmes à un contact vivant et réel avec le Seigneur. On constata à maintes reprises que les gens étaient saisis par la puissance de Dieu n’importe où: au travail, dans les plaisirs ou souvent même avant de pénétrer dans la maison de Dieu. De nombreux témoignages le prouvent, tel l’exemple suivant: Un soir, alors qu’il conduisait un autocar vers le lieu de la réunion, le chauffeur arrêta subitement son véhicule au bord de la route. Il avait été saisi par l’Esprit de Dieu et il lui était impossible de continuer son chemin. Quant aux quarante-huit voyageurs, eux aussi se trouvaient sous une profonde conviction de péché. En quelques minutes, l’autocar fut transformé en un lieu de prière. Trois heures durant, il resta ainsi au bord de la route, tandis que les occupants se convertissaient les uns après les autres. En raison de l’heure tardive, la course fut renvoyée à un autre soir. Ainsi, sans l’intermédiaire d’aucun homme, Dieu avait accompli, par son Esprit, ce qu’il aurait fait ailleurs par le moyen d’un instrument humain.
 
5. Les fruits du réveil
On s’est demandé, non sans raison, quels ont été les fruits de ce réveil. Des individus et des églises ont-ils été vraiment transformés? Dans quelle mes ure le niveau spirituel de l’Église a-t-il été influencé? Un réveil marque le commencement d’une nouvelle vie et seul l’avenir peut révéler si les effets en sont durables. Mais ce que nous apprenons aujourd’hui sur les Hébrides est si magnifique que nous ne pouvons que louer les hauts faits de notre Dieu! Voici un exemple qui nous aidera à saisir la profondeur de ce mouvement.

"Au village d’Arnol" rapporte Duncan Campbell, "nous rencontrâmes une certaine résistance. Des quatre à cinq cent habitants, quelques-uns seulement assistèrent à la réunion, en sorte que l’église fut plutôt remplie d’auditeurs venus d’autres localités. La jeunesse, en particulier, s’était abstenue. Elle préférait s’adonner à la boisson ou au braconnage. Nous suppliâmes Dieu par d’ardentes prières et, de nouveau, le Seigneur se révéla comme le grand vainqueur. Après la réunion, étant entré dans une maison pour y demander une boisson désaltérante, je trouvai la maîtresse de maison prosternée devant Dieu avec sept autres dames et dans une grande angoisse. Pendant que nous étions en prière, Dieu avait agi dans ces cœurs. Ce qui se passa dans cette maison se produisit également dans presque toute la localité, en l’espace de quarante heures. Le café fut fermé selon le désir des habitants et il le restera pour toujours. Le village a été complètement transformé et quiconque le parcourt aujourd’hui y respire la présence de Dieu.

Un changement très marqué s’est également manifesté en ce qui concerne l’assistance au culte et aux réunions de prière. La Parole de Dieu est reçue avec joie, lue avec avidité, tant elle est devenue pour ces gens une force vitale dont ils ne sauraient plus jamais se passer. Ainsi est né le besoin de prolonger les réunions au-delà de l’heure habituelle. Les rencontres de prière sont bien plus fréquentées qu’auparavant. Une enquête faite dans un district révèle que sur cent personnes nouvellement converties, quatre dames seulement n’assistent pas à la réunion de prière. Aujourd’hui, à Arnol, les jeunes gens sont les plus zélés, alors qu’autrefois ils étaient toujours au café. Le principal sujet d’intercession est le salut des âmes encore inconverties. La conscience du danger dans lequel elles se trouvent éveille l’ardent désir de les en arracher. Des chrétiens précédemment endormis sont devenus maintenant des gagneurs d’âmes; des églises jadis mortes sont désormais des communautés vivantes, une lumière et un témoignage pour le monde.

On comprendra sans peine que, parmi une population qui a commencé à vivre pour Dieu, le culte de famille soit devenu la règle générale, que des dissensions sociales se soient éteintes, que l’ivrognerie, l’oisiveté, l’immoralité et le vol aient disparu comme emportés par un courant purificateur. La critique s’est élevée contre certaines manifestations du mouvement. Cependant, les faits sont suffisamment éloquents pour justifier l’opinion qu’un renouveau du Saint-Esprit est la seule réponse à la détresse de notre temps. Le rapport que fit Duncan Campbell à la Convention de Keswick – en Angleterre – et dont nous avons tiré la plupart de nos informations, conclut en disant: "Nous pouvons organiser des réunions, des conférences et des rencontres, mais ce qu’il nous faut avant tout, c’est une nouvelle manifestation de la puissance de Dieu, laquelle convaincra si intensément les hommes de leurs péchés qu’ils commenceront à rechercher Dieu. Tant que nous n’aurons pas mis notre vie en ordre, nous ne verrons pas le réveil".
 
6. Le prix d’un réveil
En présence des puissantes manifestations de l’Esprit de Dieu aux îles Hébrides, les questions qui se posent tout naturellement au cœur des croyants sont celles-ci: Un mouvement de l’Esprit-Saint ne pourrait-il se produire chez nous également? Quelles en sont les conditions? Comment obtenir un renouveau?

Personne ne peut dire à l’avance comment un réveil se manifestera. Sa préparation cachée comme sa manifestation visible dépendent de la puissance et de la sagesse de Dieu. Les expériences faites au cours du réveil aux Hébrides nous semblent particulièrement riches en enseignements; elles nous indiquent le prix que Dieu demande. Nous aimerions les résumer en cinq points:

1. Un réveil ne commence pas au sein du monde qui vit éloigné de Dieu; il commence parmi les croyants, auxquels Dieu ouvre les yeux, pour qu’ils reconnaissent la misère spirituelle de leur église ou de leur communauté.

2. Aux îles Hébrides, il y eut tout d’abord quelques chrétiens isolés, puis des groupes restreints, qui s’adonnèrent à la prière. Dieu ne commence en général pas par les foules, mais presque toujours avec une ou un petit nombre de personnes, sur lesquelles il place le fardeau de l’intercession.

3. Les intercesseurs des Hébrides étaient prêts à se laisser convaincre de leurs propres manquements, de tout ce qui pouvait faire obstacle à l’exaucement de leurs prières, et à s’en humilier.

4. Ils fondèrent leur attente sur certaines promesses du Seigneur, prêts à en remplir les conditions. Ainsi, à chaque rencontre, ils rappelaient à Dieu ce qu’il avait promis: "Si mon peuple s’humilie, prie, cherche ma face, je l’exaucerai des cieux" (2l Chron. 7:14). Ils comptaient d’une façon inébranlable sur la réponse du Seigneur.

5. Leur intercession était continuelle, jaillissant des profondeurs de leur être; elle leur demandait une consécration complète, le sacrifice de bien des heures de sommeil, de leurs aises, de leur réputation auprès de leurs concitoyens. Comme dans la parabole du juge inique, il s’agissait d’une prière incessante, d’une prière qui ne se laisse arrêter par rien, à laquelle d’ailleurs Dieu répond toujours. Aujourd’hui encore, le Royaume de Dieu est forcé et ce sont les violents qui s’en emparent (Mat. 11:et12).
 
Seigneur, que veux-tu que nous fassions?
Les intercesseurs des Hébrides nous donnent un exemple. Dieu trouvera-t-il dans notre pays des hommes de la même trempe, qui non seulement attendent et prient pour un réveil, mais sont prêts à en payer le prix? Nous pouvons fort bien, individuellement ou en commun, intercéder avec ardeur et persévérance et Dieu nous répondra; mais ce qu’il faut c’est une consécration totale et une foi qui s’engage. Seule la prière persévérante de croyants qui n’estimeront pas leur vie trop précieuse pour être dépensée de la sorte, conduira à la victoire et au but désiré. Le prix à payer peut être décrit en ces termes: se mettre joyeusement à la disposition de Dieu pour se donner complètement à sa cause lorsqu’il nous y appelle; lui apporter le sacrifice de notre obéissance. Et Dieu répondra.
 
INVITATION PRESSANTE
La déchristianisation croissante actuelle, la vague montante de l’athéisme, de l’occultisme, de l’immoralité et du péché sous toutes ses formes, nous pousse à lancer un cri d’alarme et à convier instamment les croyants de partout à s’unir entre eux au nom de notre seul Maître: Jésus-Christ, pour former de nombreuses petites cellules de prière vivantes (Mat. 18:19-20), afin d’intercéder sans relâche pour un réveil des consciences et pour une œuvre du Saint-Esprit profonde et durable dans toutes nos villes et villages.


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