Le Lien

N° 204 Janvier 1998

La réalisation, le maintien et la diffusion du réveil

Par M. J. de Ferrières

Unis au Seigneur par la grâce de Dieu, relisons les textes suivants, en gardant à l’esprit l’ambiance de l’Église à ses débuts, et ceci dans le but de faire de nouveaux progrès dans l’Œuvre de Dieu: Actes 1.8,12-13; 2.1-4 et 41- 47; 6.1-4 et 7.

Dans ces portions de l’Écriture, des éléments frappants concernent le Réveil des églises de toute la terre pour préparer la venue du Seigneur dans son Règne. Nous y voyons 2 phases et cela concerne tout véritable réveil. La première, c’est la
réalisation; la deuxième, c’est le maintien et la diffusion. Le Seigneur a bien dit que les gens de ce monde sont, vis à vis de leur génération, plus astucieux et sages que les "enfants de lumière" ne le sont à l’égard du Royaume de Dieu… et c’est, hélas, souvent vrai!

Oui, nous portons une responsabilité à ce sujet. Les gens de ce monde, surtout dans le commerce et l’industrie, nous donnent par leur attitude et leur savoir-faire un très bon exemple pour notre vie spirituelle communautaire. En effet, dans n’importe quelle entreprise, la production, le maintien (même la croissance) et la diffusion sont d’une importance primordiale. Il n’est pas possible de diffuser si l’on n’a pas d’abord produit et il est impossible de continuer si l’on ne maintient pas cette production. Même si l’Église et son réveil ne sont pas une entreprise humaine mais une œuvre divine, ces trois principes sont très clairement illustrés dans ces paroles des Actes.
 
Préparation et réalisation.
Le jour de la Pentecôte fut d’abord précédé d’une
préparation obligatoire. Ceci ne veut pas dire qu’il faille attendre la puissance de Dieu pendant des années, puisqu’elle est disponible en Christ pour ceux qui la demandent. Mais nous ne pouvons pas faire l’économie de cette préparation de nous-mêmes. Celle-ci peut durer 5 jours, mais aussi 5 semaines ou 5 mois (faut-il dire 5 ans?) suivant les circonstances et notre degré de résistance.

Par cette préparation dans la chambre haute à Jérusalem, Dieu était en train de préparer et de réaliser le réveil de la Pentecôte, de mettre en place
la réalisation, d’agencer les circonstances pour qu’il puisse envoyer la promesse: l’effusion du Saint-Esprit. Cette préparation était la parole du Seigneur Jésus lui-même pendant 3 ans. Les disciples avaient été bien formés et centrés sur le Règne du Père. Leur mentalité était changée, leur compréhension lavée et purifiée par une repentance profonde et sincère, comme on le voit dans le parcours de Simon-Pierre par exemple. Ils ont dû se voir tels qu’ils étaient devant Dieu, incapables, brisés avec leur Maître dans ses souffrances, son humiliation et sa défaite apparente. Ils ont été associés à la croix de leur Seigneur lorsqu’il donnait sa vie. Mais ils ont aussi passé par la joie de la résurrection. "Ressuscités" avec lui dans leur cœur, ils étaient, par la foi, "élevés" en Lui dans les lieux célestes.

Puis ils retournèrent à Jérusalem dans cette ambiance de joie, d’espérance vivante, de louange et d’adoration, "produit" de la force véritable du Peuple de Dieu. Les apôtres se tenaient dans cette atmosphère presqu’en permanence, d’un commun accord, dans le même Esprit. Ils persévéraient en cherchant davantage la face du Seigneur. Ils se réjouissaient de leur délivrance par la vertu de son Sang. Ils s’appuyaient avec joie sur sa résurrection et son élévation vers le Père. Ils préparaient son retour en gloire! Lorsque l’heure de Dieu fut venue et leur préparation achevée, le Saint-Esprit vint du ciel avec des conséquences éternelles et des répercussions jusqu’aux extrémités de la Terre. C’était la
réalisation du réveil (première phase).
 
Le maintien du Réveil et sa diffusion.
Nous avons vu aussi qu’ils persévéraient dans
l’Enseignement de la Parole de Dieu (comme on le fit aussi au moment de la Réforme et du réveil wesleyen du XVIIIe siècle). Autrement dit, l’Église primitive, après sa naissance, persévérait dans la même ligne, en suivant les mêmes principes par lesquels le réveil s’était réalisé; ils persévéraient aussi dans la communion fraternelle, dans la fraction du pain, dans les prières, dans la louange et l’obéissance au Seigneur. C’était la continuation, donc la deuxième phase: le maintien du réveil (et même son accroissement).

Malheureusement cette réalité, cette puissance et cette persévérance, dès la fin du Ier siècle, et surtout après le IIIe siècle, n’ont pas été maintenues, l’Église les ayant en très grande partie oubliées, hélas, et noyées dans de lourdes structures hiérarchiques pendant de longues périodes. Nous devons réapprendre la réalité d’une Église en état de réveil permanent, c’est à dire d’une Église qui fait la volonté de Dieu et qu’accompagne la manifestation de sa puissance et de son caractère (à ne pas confondre avec l’excitation permanente!).

Il y avait quatre choses qui caractérisaient l’Église des débuts: la pureté, la simplicité, la miséricorde et la puissance.
La pureté, celle du cœur et de l’esprit, la pureté d’une conscience en règle avec Dieu et avec le prochain. Pureté de doctrine, aussi, l’enseignement des apôtres constituait un solide fondement sous leurs pieds contre toutes sortes de spéculation "spirituelles" comme on en rencontre de nouveau beaucoup aujourd’hui. L’Église primitive était limpide et trouvait grâce aux yeux du peuple. Et puis, elle vivait la simplicité dans son culte, son adoration, son témoignage, sa prédication. Ces qualités (pureté et simplicité) jointes à la miséricorde (l’esprit de la grâce) engendrait un dégagement de puissance!

La Bible dit
qu’ils persévéraient tous d’un commun accord et aussi longtemps qu’ils continuaient, le réveil était en marche, des miracles et des prodiges se produisaient fréquemment et le Seigneur sauvait des personnes tous les jours et les ajoutait à l’Église. Cette puissance se maintenait dans la communion avec Dieu et les uns avec les autres.

Dans le chapitre 6, nous voyons un réajustement des priorités nécessaires au réveil, c’est à dire la vie normale de l’Église, celle qui est conforme aux standards du Nouveau Testament.
 
Retrouver les priorités.
Notons ceci: les conducteurs auraient pu tomber dans un piège du diable qui n’aurait pas permis de maintenir le réveil nécessaire à la croissance du Royaume de Dieu. L’ennemi essaie d’abord d’empêcher la réalisation du réveil et, quand il n’y arrive pas, il s’attaque à son maintien. Et il a attaqué le maintien à la tête, c’est à dire les apôtres, à propos d’une dissension chez les membres (affaire des répartitions dans les repas communautaires). L’adversaire préfère s’en prendre aux chefs et aux responsables en détournant leur attention par un excès de soucis d’organisation ecclésiastique. Évidemment, en l’occurrence, le soucis des veuves et de leurs enfants était d’une grande importance aux yeux de Dieu. Aujourd’hui aussi. le soin des pauvres et des malheureux fait partie des œuvres du Royaume, de la vie des chrétiens et des églises. Mais si les ministres mettent toute leur attention là-dedans, à l’exclusion de la prière, de la prédication, du ministère de délivrance, de la formation des disciples, etc., le réveil ne peut se maintenir.

Les apôtres ont discerné ce piège devenu séculaire et ont redéfini leurs priorités sans pour autant avoir craint de rendre des services d’ordre matériel et administratif! Il est vrai que le danger inverse est très grave aussi: oublier de
montrer le Règne du Christ par des œuvres et se contenter d’en parler… C’est malheureusement l’actualité de bien des églises et de bien des chrétiens qui aiment plus ce qui se passe sur l’estrade que dans la rue, les maisons et les usines. N’oublions pas que le Réveil doit déboucher sur des actions concrètes qui vont influencer la société et produire des réformes! Ceux qui prient et témoignent sans des œuvres et des engagements concrets se contentent d’un christianisme "piétiste", de ghetto. Et ceux qui s’activent dans toutes sortes d’actions sociales, voire politiques, en négligeant la prière, l’évangélisation, la révélation et la pratique des dons spirituels, produisent un christianisme "humaniste", c’est à dire dilué dans la pensée charnelle du monde.

Il est temps de ne plus tronquer la volonté de Dieu de ces deux manières et de réconcilier ces deux pôles en retrouvant leur unité dans le Christ vivant. Mais le mandat prioritaire des ministères d’Ephésiens 4.11 étant le mandat missionnaire, il importe que la priorité de ces ministères restent de garder l’Église en état de réveil, donc de s’adonner d’abord à la prière, à l’enseignement de la Parole de Dieu, à l’annonce de l’Évangile dans la puissance libératrice et guérissante du Saint-Esprit. C’est une condition incontournable s’ils veulent pouvoir maintenir la fraîcheur de l’Esprit et la puissance de Dieu chez les membres, appelés à agir dans la société, pour répondre aux besoins de leur entourage et influencer leur milieu.

Voilà pourquoi, dans Actes 6.1-7, les apôtres demandèrent à l’Assemblée de leur présenter sept hommes remplis d’Esprit Saint et de sagesse pour ce "service des tables". (Ces hommes avaient certainement reçu quelques uns des dons mentionnés en Rom.12 pour ce travail). Ainsi le réveil pouvait continuer, le maintien et la croissance de l’Église se poursuivre. La leçon pour nous, c’est que nous sommes responsables du réveil. Dans beaucoup de milieux, on se contente d’apporter la connaissance de la diffusion des réveils plutôt que le réveil lui-même.

Dieu nous donne dans sa Parole le chemin de la réalisation du réveil et l’expérience d’autres chrétiens est utile. Le réveil commence toujours par une repentance profonde, c’est à dire un retour réel à Dieu (repentance non pas d’abord des athées, mais bel et bien des chrétiens). Une poursuite passionnée du Christ vivant, de la présence de Jésus. Combien de renouveaux bouillants ont été torpillés et se sont éteints… Pourquoi? Parce que les conducteurs se sont laissés entraîner dans un excessif soucis de l’institution ecclésiastique ou parce qu’ils ont minimisé le rôle et l’autorité de l’Écriture ou encore parce que ces mouvements ne débouchaient pas sur des obéissances concrètes, sources de réformes sociales et culturelles.

Demandons à n’importe quelle usine, combien de temps la diffusion va durer s’il n’y a pas de maintien ni même de production? À peine quelques semaines ou quelques mois, et ce sera la baisse continuelle. A nous maintenant de décider et de mettre en pratique puisque le Saint-Esprit nous appelle à susciter un vrai réveil… et à le maintenir… et à le diffuser. Le réveil, ne l’oublions jamais, est d’abord l’œuvre de DIEU, il est même entièrement l’œuvre de Dieu, mais justement à cause de cela, notre responsabilité, décrite plus haut, est engagée! Et cela en vaut la peine: c’est ainsi que l’Église sera dynamique et le Royaume montré. Que le Seigneur nous soit en aide.

NDLR:
Cet article est tiré d’un message de M. J. de Ferrières lors d’un ancien week-end des cellules du Lien ; il a été quelque peu réactualisé


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