Le Lien

N° 255 Octobre 2010

On cherche nouveaux Elisée pour temps troublés !

Par Jean-Pierre Besse

1 Rois 17.1 : Elie, de Tischba, l’un des habitants de Galaad, dit au roi Akab : « l’Eternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens ! Il n’y aura ces années-ci ni rosée ni pluie sinon à ma parole ».

2 Rois 3.14a : Elisée dit : « l’Eternel des armées devant qui je me tiens est vivant… » ;

2 Rois 5.16 : idem. Dans les 3 premiers versets la traduction proposée : devant qui je me tiens est plus littérale et finalement plus parlante spirituellement que la traduction traditionnelle : «…l’Eternel dont je suis le serviteur ».

2 Rois 4.1-17 : 1 Une femme de la communauté de prophètes cria à Elisée : « Ton serviteur, mon mari, est mort et tu sais qu’il craignait l’Eternel. Or, le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et faire d’eux ses esclaves ». 2 Elisée lui dit : » Que puis-je faire pour toi ? Dis-moi : qu’as-tu chez toi ? » Elle répondit : » Ta servante n’a rien du tout chez elle mis à part un pot d’huile ». 3 Il dit : » va demander des vases dans la rue, chez tous tes voisins, des récipients vides, demandes-en un grand nombre. 4 Une fois rentrée, ferme la porte derrière toi et tes enfants, verse l’huile dans tous tes récipients et mets de côté ceux qui sont pleins ». 5 Alors elle le quitte. Elle ferma la porte derrière elle et ses enfants qui lui présentaient des récipients, et elle versait. 6 Lorsque les vases furent pleins et qu’elle dit à son fils : » donne-moi encore un vase » et qu’il dit : » il n’y en a plus », l’huile s’arrêta. 7 Elle alla le rapporter à l’homme de Dieu qui lui dit : « Va vendre l’huile et paie ta dette. Tu vivras, avec tes fils, de ce qui restera. » 8 Un jour, Elisée passait par Sunem. Il y avait là une femme de haute condition qui insista pour qu’il accepte de manger. Chaque fois qu’il passait par là, il se rendit désormais chez elle pour manger. 9 Elle dit à son mari : « vois-tu, je sais que cet homme qui passe toujours chez nous est un saint homme de Dieu. 10 Faisons une petite chambre indépendante et mettons-y pour lui un lit, une table, un siège et une lampe afin qu’il puisse s’y retirer quand il viendra chez nous. » 11 Elisée revint un jour dans la région, il se retira dans la chambre à l’étage et y coucha. 12 Il dit à son serviteur Guéhazi : « Appelle cette Sunamite ». Guéhazi l’appela et elle se présenta devant lui. 13 Elisée dit à Guéhazi : » dislui : » Tu t’es donnée toute cette peine pour nous ! Que pouvons-nous faire pour toi ? Faut-il parler en ta faveur au roi ou au chef de l’armée ? » Elle répondit : » je vis bien tranquillement au milieu de mon peuple. » 14 Elisée dit : » Que faire pour elle ? » Guéhazi répondit : » En fait, elle n’a pas de fils et son mari est vieux. » 15 Elisée dit : « Appellela. » Guéhazi l’appela et elle se présenta à la porte. 16 Elisée lui dit : » A la même époque, l’année prochaine, tu embrasseras un fils. » Elle répondit : » Non mon seigneur, homme de Dieu, ne trompe pas ta servante ! » 17 Cette femme devint enceinte et elle mit au monde un fils à la même époque, l’année suivante, comme Elisée le lui avait dit.
Nous sommes toujours émerveillés par ces récits qui racontent le ministère des prophètes Élie et Élisée dans ce royaume du Nord appelé Israël. Pour Élisée (formé par Élie), il y a environ douze récits miraculeux porteurs de bénédiction. Ils anticipent déjà la nouveauté qu’apportera Jésus presque 900 ans plus tard. De tels récits pourraient nous sembler trop beaux, trop « magiques », trop « faciles » pour être vrais ou pour nous être utiles…

En réalité, ils ne sont pas l’expression d’une facilité de contes de fées, mais le résultat de la rencontre difficile entre le Dieu d’Israël et des hommes comme vous et moi qui ne fuyaient pas les situations humaines de leur temps ! Avec Jésus, on a la pleine mesure de cette sorte de rencontre entre : ­ l’initiative de Dieu ­ le serviteur humain disponible ­ et la misère des pécheurs que nous sommes. Jésus est LE PONT entre tous. Lisons donc ces récits à la lumière du Christ, puisque nous sommes unis au Christ pour être nous aussi des ponts.

Élie et Élisée ont exercé leur ministère dans un temps de grande idolâtrie, de troubles politiques et de décadence morale, comme c’est à l’évidence le cas aujourd’hui sur toute la terre. Ils nous rejoignent dans notre situation et si leur ministère a été marqué par des signes miraculeux remarquables, ce n’est pas pour épater le public (Dieu est assez économe à ce sujet), mais parce que le peuple et ses chefs avaient besoin que soit démontré l’amour immérité de Dieu à leur égard. La démonstration de la Vérité allait peut-être les faire revenir au Seigneur pour être sauvés… Mais il y a plus à apprendre que juste le miracle, même si toute la Parole de Dieu repose sur l’action surnaturelle ­ et donc miraculeuse ­ de Dieu, depuis la création jusqu’à la nouvelle terre, en passant par la croix et la résurrection et le don de l’Esprit. Il y a donc dans des textes comme ceux figurant plus haut, une parole pour nous, valable en toute occasion. D’ailleurs, dans ces chapitres (entre 1 Rois 17 et 2 Rois 13), le cadre de ces événements est extraordinairement varié : de la maison des veuves à la cour des rois, des écoles de prophètes aux champs de bataille… (en tout cas, on n’est pas enfermé dans des bâtiments d’églises !) Alors la question se pose à nous :
comment ce niveau spirituellement efficace de services au-dehors pourrait-il redevenir le nôtre ? Pourquoi Élisée, rencontrant deux personnes en situations très différentes a-t-il pu être le transmetteur d’une action porteuse de vie et de salut là où il n’y avait que des murs de détresse et de désespoir ?

1. Se tenir devant le Seigneur
D’abord, Élisée comme Élie sont des hommes dont la première qualité est « de se tenir devant Dieu ». Pour Élie, c’est même la seule identité par laquelle il est présenté à part le nom de son village d’origine : l’Éternel est vivant, le Dieu d’Israël devant qui je me tiens ! (1 Rois 17.1). Cela veut dire que ces deux hommes ordinaires, avant d’être des prophètes, sont des hommes qui se tiennent dans la présence de Dieu, dans l’écoute de Dieu, à la disposition de Dieu, prêts à lui obéir. Ils l’ont fait probablement pendant des années loin du public et des médias, dans le secret ou en petits groupes (2 Rois 2. 3-7). Ils l’ont fait parce qu’ils connaissaient ce Dieu unique, qui ne ressemble pas aux autres et qui s’était révélé aux patriarches d’Israël de manière personnelle. En se tenant devant Lui, ils le connaissaient même de mieux en mieux, nettement plus que la moyenne. Ils payaient le prix du temps et de l’humilité, de la prière et de l’obéissance de la foi. Voilà pourquoi on les appelait des « hommes de Dieu » (4.9, etc.), titre simple, mais parmi les plus beaux ! C’était là la première raison de leur capacité à manifester l’amour et la puissance de Dieu. Leur parole produit ce qu’elle annonce, parce qu’elle est l’expression de celle de Dieu en eux. Selon 1 Pierre 4.11, c’est aussi le privilège des chrétiens qui suivent Jésus : « si quelqu’un parle, qu’il annonce les paroles révélées de Dieu ; si quelqu’un sert, que ce soit par la force que Dieu lui accorde ».

Ces hommes ne sont pas des sorciers, mais des hommes façonnés et triturés par le Seigneur pour être des dons à leurs contemporains. Ils sont disponibles pour le service et les surprises de l’Éternel. Hérauts intrépides face à la pensée dominante et aux idoles porteuses de mort. Se tenir devant Dieu, c’est être introduit dans le Conseil, la Communion du Père avec le Fils dans le lien de l’Esprit Saint. Mot ­ clé :
COMMUNION.

2. Que puis-je faire pour…
Une deuxième source magnifique se trouve dans la même ligne pour libérer la puissance de Dieu. Avez-vous remarqué que, dans notre passage, la même question est posée 3 fois par Élisée (4.2 et 4.13-14) : « Que puis-je faire pour toi ? (pour elle) ».

­Elle est posée à une personne dans la plus grande détresse (v.2) : cette veuve, incapable de rembourser ses dettes, devra, en compensation, livrer ses enfants comme esclaves au créancier… tel était l’usage dans l’Antiquité ! C’est le désespoir.

­Elle est aussi posée à une dame de haut rang (la Sunamite) qui, derrière sa prospérité apparente et bienveillante, cache un besoin bien réel qui confine, à cette époque, à la détresse : avoir un enfant… mais elle est stérile (v.13-14) !

Que puis-je faire pour toi ? Oh la question qui fait peur à celui ou celle qui devrait la poser… ! Nous avons peur de poser cette question par crainte d’être dépassés, d’être incapables de faire face à la situation, conduits trop loin, conduits à nous engager au-delà de nos envies, de notre confort et de nos forces… Non ?

Sommes-nous disponibles pour l’amour que Dieu met en nous pour le prochain, QUEL QU’IL SOIT ? Mais le Seigneur Jésus nous dit : « Pourquoi avez-vous peur, gens de peu de foi ? Où est votre foi ? » Avec la foi dans le Fils de Dieu, le Saint-Esprit osera nous inspirer cette question : Que puis-je faire pour toi, pour lui, pour elle ? Mot-Clé :
COMPATIR ­ Avoir des entrailles de miséricorde.

3. Troisième source : Mettre sa foi en action
La foi biblique commence quand il y a un RISQUE. Avant, elle est théorique. Elle n’est pas encore la foi d’Abraham ou de l’apôtre Jacques. Il s’agit de la foi non seulement EN Dieu ou EN Christ, mais de la foi DE Dieu ou DE Christ en nous (Gal 2.20 ; Ph 3.9, etc. en traduction littérale !).

Le prophète ose faire à la veuve cette folle proposition : va chercher des vases chez tes voisins et n’en demande pas peu ! Puis verses-y ton peu d’huile de reste ; et tu mettras de côté les récipients qui seront pleins (3). Il ose parce que l’Esprit de Dieu a acquis une place d’autorité en lui ; et au v. 33, celle-ci aura encore grandi, comme un muscle qui se fortifie par l’exercice. Notez que cette femme, en obéissant à la lettre, met aussi son peu de foi en action, et elle y associe ses enfants qui sont en partie l’enjeu ! Elle met aussi ses voisins dans le coup… et ça vaut le coût ! À l’écoute d’Élisée, elle suscite un climat collectif de foi dans son quartier ! Par contre, pour la Sunamite incrédule (v.16), c’est Élisée seul qui met sa foi en action, car c’est lui qui a pris l’initiative. Mot ­ clé :
FOI EN ACTION !

4. Communiquer
La communication par la parole exprimée, c’est la quatrième source qui libère la puissance du service, la PUISSANCE de l’Esprit (v. 4 et 16-17) et la SAGESSE divine (v.7) puisque Élisée ajoute à l’acte miraculeux un conseil de sagesse, une marche à suivre pour la suite : non seulement l’huile ayant rempli tous les récipients présentés serviront aux repas de la famille, mais l’énorme surplus sera vendu pour sortir la famille des dettes.

Et pour l’autre femme, la puissance libérée se manifeste par la naissance d’un enfant l’année suivante ! Il y aura d’ailleurs un grave problème avec lui par la suite, mais ce problème aussi sera résolu par le retour à la vie (v.33) ! (Et si nos problèmes ne sont pas tous résolus dans cette vie présente, ils le seront en tout cas tous à la résurrection des justes).

La communication orale prouve la foi : « En croyant du coeur on parvient à la justice et en confessant (= déclarant publiquement, en homologuant) de la bouche, on parvient au salut » (Rom 10.10).

En résumé : ­
Communier (se tenir devant le Seigneur toujours plus souvent) ­ Compatir (en vue d’une solution) ­ Mettre sa Foi en action ­ Communiquer, ce qui va libérer la puissance et la sagesse reçues !

Conclusion pour l'Eglise des temps derniers
Malachie, inspiré, dit à la fin de son livre : « Voici je vous enverrai Élie le prophète avant que le jour de l’Éternel arrive ». Dans cet Élie, Jésus a discerné Jean le précurseur baptiseur. Mais on comprend aussi que cette annonce inclut une dimension ultérieure, plus collective, de cet Esprit d’Élie ­ Élisée qui sera répandu sur le Peuple des disciples, l’Église fidèle qui précédera de peu l’avènement final du Messie. (Dans la nouvelle Alliance, les prophéties n’annoncent plus des individualités, mais plutôt des ensembles). Il est permis de penser que dans un proche avenir, cette même onction qui était sur Élie et Élisée (en fait l’onction messianique qui était sur Jésus !), sera recherchée par beaucoup et reçue pour le témoignage final. Mais alors, il faudra tenir compte des 4 points vus ci-dessus, sans craindre la peine ! Serons-nous de ces nouveaux Élisée ?


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Propositions pratiques :
Communion : Faites une retraite entre 1 et 3 jours au cours de laquelle vous vous tenez devant le Seigneur sans autres appuis que votre Bible (si vous la possédez). Après avoir purifié votre coeur par la foi en Christ et pris autorité sur les ruses du diable : attendez-vous à recevoir de Dieu des impressions, des orientations, des visions peut-être, des paroles de la Bible, des pensées ou des paroles que vos oreilles spirituelles peuvent « entendre ». Notez-les, et éliminez ce qui entre en contradiction avec la Parole de Dieu en Jésus ou qui vous cause un mauvais trouble, de l’accusation et du découragement. Alors, dans la paix, faites confiance au reste comme venant de Dieu.

Compatir : Ensuite exercez-vous, dans vos journées de travail, à discerner le besoin des gens que vous croisez et que l’Esprit vous met plus spécialement à coeur (ils sont à l’image de Dieu et Jésus a payé le prix de leur rachat !). Et demandez- vous à leur propos : « que puis-je faire pour eux » ? Eux-mêmes vous le diront peut-être spontanément. Si vous avez des ressources naturelles, employez-les. Si la situation vous dépasse, attendez-vous à l’Éternel en priant au nom de son Fils Jésus dans le sens d’une action venant du Ciel (Actes 3.6).

Foi en action : Si vous avez la paix, engagez votre foi en Christ et mettez-la en oeuvre, courez des risques ! Vous serez probablement surpris !

Communiquer : s i une parole monte de votre coeur dans votre pensée, exprimez- la comme une expression de foi. Associez autant que possible la foi de votre interlocuteur à la vôtre, même si elle est encore faible, surtout s’il est demandeur ! Puis exprimez votre reconnaissance au Père !


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