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N° 296 Janvier 2021

Le culte dominical

Par Sylvain Demierre

Lorsqu’en tant que chrétien on parle de culte, comment ne pas penser aux célébrations que nous désignons par ce mot et que nous pouvons vivre en communauté, principalement le dimanche matin. Cette pratique séculaire prend son origine dans l’Église primitive lorsque les communautés de disciples du Christ se réunissaient, autant au temple de Jérusalem (ils étaient tous juifs) qu’au domicile de particuliers. Le livre des Actes nous donne quelques informations générales sur la nature de ces rencontres.
Ainsi, comme cela a déjà été mentionné dans l’article précédent, la première indication de ce en quoi persévéraient ensemble les premiers convertis nous est décrit en Actes 2.42. Au verset 46, il nous est encore dit :
« Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur. » Ici, nulle mention d’un jour particulier, au contraire, il est dit qu’ils vivaient quotidiennement ces temps de communion fraternelle.
Mais en relisant Luc 4.14-24, on voit par exemple que le fait de se rencontrer en assemblée, dans un lieu dédié et un jour particulier de la semaine, pour écouter la lecture d’un passage des Écritures et en entendre une explication ou une interprétation, est une pratique directement héritée du judaïsme.
Aujourd’hui, nourrissant le désir d’un retour à une certaine forme d’authenticité, nous ne pouvons pas simplement chercher à vivre à l’identique ce que pratiquaient ces premières communautés, dans le contexte qui était le leur. Toutefois, ces indications nous montrent assurément sur quoi mettre l’accent dans nos rencontres fraternelles hebdomadaires et surtout la joie avec laquelle nous sommes appelés à les vivre.
Après bientôt 2 000 ans de « pratique », il est assez impressionnant de constater que d’une certaine manière et à des degrés divers, ces « éléments » de persévérance mentionnés dans le livre des Actes, sont encore les piliers de nos célébrations dominicales.
C’est évidemment beau et réjouissant, mais ce n’est pas suffisant. Car le risque existe que cette articulation de nos célébrations et la manière de les habiter soit quelque chose qui se fige au fil du temps, plutôt que de favoriser la dynamique de la vie en Esprit et en vérité vouée à couler en abondance dans le monde à travers nous. Restons donc sans cesse à l’écoute de Dieu et de sa Parole, prêts à être dérangés par lui dans nos habitudes !
Dès le commencement, la vie des communautés a été rythmée et influencée par ce qui se vivait au quotidien. Paul dans ses épîtres aux différentes communautés n’a eu de cesse de les redresser avec amour et fermeté, lorsque des problèmes ou des dérives de toutes sortes mettaient en danger leur cohésion et donc la prédication vivante de l’Évangile. Aujourd’hui encore, les temps où la communauté se forme et où le corps de Christ se rassemble devraient être l’occasion de réfléchir ensemble à la manière dont nous témoignons de notre foi en Christ, confrontés aux problèmes très concrets de la vie courante et de la société. Mais aussi de nous encourager mutuellement par des témoignages de l’intervention parfois toute simple, mais porteuse de joie, de Dieu dans nos vies.

« Aller au culte »

Cette habitude de langage me semble bien malheureuse car elle déforme immanquablement notre perception de ce qu’est le culte, le réduisant à un lieu où l’on peut se rendre et à un moment très cadré dans le temps. En parlant de la sorte, ne pensez-vous pas que l’on favorise une attitude passive, que l’on se place dans une posture de simple spectateur ? On va « au culte » un peu comme on irait au spectacle. Alors que nous sommes appelés à rendre un culte, a être le culte, offrant des sacrifices de louange. Car notre Père céleste recherche des adorateurs en esprit et en vérité.


Place de la liturgie dans le culte

Le sens premier du mot liturgie, (issu du mot grec leitourgia) est « service du peuple ». Dans le Nouveau Testament il est tantôt traduit par service, assistance, ministère ou même carrément culte. Aujourd’hui, la liturgie est l’ensemble des paroles et actes articulant les temps d’une célébration. Par son caractère structurant, elle a une véritable importance dans notre dimension temporelle et matérielle, mais elle ne doit pas prendre une place trop grande, ni devenir un étouffoir à l’action de l’Esprit et à la spontanéité naturelle, en devenant une tradition sans vie. Elle doit toujours être au service et à l’écoute de Christ afin de se faire tantôt réceptacle, tantôt lieu d’offrande. La liturgie est donc « service du peuple » , le peuple est donc appelé à y être actif, à en être partie prenante. Autrement dit, le culte n’est pas l’affaire des « professionnels », mais de tous. Il me semble qu’un des rôles les plus importants du pasteur d’une communauté, des anciens et des diacres qui l’entourent, est de discerner les charismes des paroissiens et de leur permettre de les mettre au service de la communauté et de Dieu, et ainsi de trouver la place unique qui est la leur.

Pistes de réflexion

  • Quelle place occupe le temps de culte communautaire dans ma vie de foi ?

  • Quelle y est mon offrande vivante, ma contribution personnelle unique ?

  • Quel impact ce temps communautaire a-t-il sur ma relation quotidienne avec Dieu et avec les personnes
    que je côtoie ?


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