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N° 248 Janvier 2009

Des relations qui honorent Dieu

Par Heinz Suter

Qui n’aspire pas à une vie de couple épanouie et à fonder une famille heureuse ? N’est-ce pas un rêve universel ? Lorsque nous voyons deux jeunes amoureux ou un vieux couple qui exprime un amour vrai ou lorsque nous regardons une joyeuse famille, quelque chose en nous se met à vibrer. Il y a un écho d’approbation et d’admiration dans notre coeur.

Pourquoi ce désir est-il inscrit au tréfonds de nous-mêmes ?

N’est-ce pas parce qu’un couple et une famille représentent les relations les plus profondes et les plus belles qu’il soit donné à un être humain de vivre ?

Oui, nous sommes d’abord et essentiellement des êtres relationnels. C’est Dieu qui nous a créés de cette manière et qui a voulu que les hommes trouvent dans les relations interpersonnelles une profonde satisfaction. Dans le jardin d’Éden après qu’Adam ait donné un nom à tous les animaux il ne trouva pas de vis-à-vis semblable à lui-même, alors il éprouva de la solitude. Il lui manquait quelque chose ou plus exactement quelqu’un qui viendrait le compléter. Et Dieu dit : « il n’est pas bon que l’homme soit seul ! » Et il créa Eve pour qu’ensemble ils éprouvent la joie de la relation.

Qu’est-ce que la solitude, sinon ce que l’on éprouve lorsque notre besoin fondamental d’être en relation n’est pas satisfait ? Et combien de gens aujourd’hui dans tous les pays du monde souffrent de solitude même parfois lorsqu’ils sont entourés d’une foule ? Comme cet homme qui a été retrouvé en décomposition dans son appartement… 18 mois après sa mort. Bien qu’habitant dans un grand immeuble locatif, non seulement il vivait seul mais il était seul. Personne ne s’était inquiété de sa disparition, même pas les voisins de son immeuble. C’est l’odeur qui a fi ni par donner l’alerte ! Nos activités, les biens matériels, le confort etc. sont autant de bonnes choses dont nous pouvons profi ter mais qui ne procurent une vraie joie que dans la mesure où il y a un cadre relationnel positif dans lequel elles peuvent se vivre. Ainsi lorsque nous vivons en harmonie avec nos proches, des choses ordinaires nous procurent un vrai plaisir, tel une sortie entre amis, un repas en tête-à-tête ou une petite amélioration dans le quotidien. À l’inverse, des vacances à l’autre bout du monde, une maison luxueuse ou les feux de la rampe ne peuvent nous satisfaire si nos relations sont diffi ciles, tendues, brisées ou inexistantes. A quoi rime un repas gastronomique dans un magnifi que restaurant si on est tout seul et que tout le monde nous déteste ?

Freddy Mercury (le chanteur du groupe Queen) peu avant sa mort a dit : « le monde entier peut vous appartenir et vous restez quand même l’homme le plus seul de tous. Cette solitude-là est la plus douloureuse. Le succès a fait de moi une idole mondiale et m’a rapporté des millions, mais ce succès m’a aussi privé de la seule chose au monde dont nous avons tous besoin ­ une relation d’amour durable ! »

Y a-t-il autre chose que les relations qui puissent vraiment satisfaire le coeur humain sur la durée… à long terme ? Les autres choses ne sont-elles pas soumises à l’usure et à l’habitude comme le dit le proverbe « tout casse, tout passe, tout lasse » alors qu’une amitié authentique ou une relation conjugale vivante et épanouie apporte une satisfaction sans cesse renouvelée.

L’Evangile : une réponse relationnelle
La réponse de Dieu au problème de l’humanité -- la Bonne Nouvelle de l’Évangile -- est une réponse relationnelle ! Le coeur du christianisme c’est la restauration de relations : d’abord de l’homme avec Dieu, ensuite de l’homme avec lui-même et fi nalement de l’homme avec son prochain !

La réalité c’est que nous avons beaucoup de peine à être en relation. Les ruptures relationnelles se multiplient, entre amis ou voisins, entre employés et patrons, collègues ou collaborateurs, frères et soeurs (de sang ou dans la foi), entre conjoints, avec la famille, la belle-famille etc.

Ne sommes-nous pas un peu des illettrés sur le plan relationnel ? N’avons-nous pas beaucoup à apprendre ? Apprendre à nouer et créer des relations, les maintenir, les cultiver et les réparer lorsqu’elles ont été cassées ? Quel autre terme que l’amour décrit et défi nit mieux cette qualité relationnelle à laquelle nous sommes appelés et à laquelle nous aspirons tous ? Et nous savons que l’amour est au coeur du message biblique. Ne devrions-nous donc pas être des modèles en matière de relations, une démonstration d’amour dans les rapports que nous entretenons avec les autres ? Jésus n’a-t-il pas dit : « à ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples si vous avez de l’amour les uns pour les autres » ?

L’apôtre Jean va jusqu’à dire : « quant à nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie parce que nous aimons nos frères. Celui qui n’aime pas demeure dans la mort. » « Mes enfants, que notre amour ne se limite pas à des discours et à de belles paroles mais qu’il se traduise par des actes accomplis dans la vérité. C’est ainsi que nous saurons que nous appartenons à la vérité. » (1 Jn 3.14, 18).

Lorsque nous avons des relations vraies et constructives notre être peut fl eurir parfois même au milieu de diffi cultés et de souffrances. De plus, par nos relations de qualité nous honorons Dieu en refl étant quelque chose de la nature profonde de la Trinité. « Pour autant que cela dépende de vous, dit l’apôtre Paul, soyez en paix avec tout le monde ! »

Si nous voulons développer nos qualités relationnelles, nous devons nous laisser transformer sur deux plans. ?

Le fond — les qualités intérieures. Notre mauvais caractère, notre égoïsme inné, notre orgueil multiplient les obstacles à des relations harmonieuses. L’amour sincère, l’abnégation, la maîtrise de soi, la générosité intérieure… sont des attitudes fondamentales qui doivent grandir en nous pour développer un réseau relationnel vivant. J’aimerais surtout m’arrêter et développer quelque peu le deuxième plan : ?

La forme — la communication.

Bien que la communication non verbale soit très importante, la parole reste l’instrument principal de la communication. Nous devons nous rappeler que nos paroles ont un impact et une portée qui souvent nous échappe. Par une parole légère, négative ou critique nous pouvons heurter et causer des blessures qui prendront parfois des années à guérir…

« La mort et la vie sont au pouvoir de la langue : vous aurez à vous rassasier des fruits que votre langue aura produits. » (Pr 18.21).

« Ne laisser aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent aux besoins et aide les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent. » (Ep 4.29).

« Amertume, irritation, colère, éclats de voix, insultes : faites disparaître tout cela du milieu de vous, ainsi que toute forme de méchanceté. » (Ep 4.31).

« Une réponse douce calme la fureur, mais une parole dure excite la colère… La langue douce est un arbre de vie, mais la langue perverse brise l’âme. » (Pr 15.1, 4).

Le langage est un art subtil ! Il est le reflet de ce qu’il y a au fond de nous. Jésus disait que c’est de l’abondance du coeur que la bouche parle.Il y a des principes et des outils de communication qui non seulement peuvent nous aider à éviter des tensions, des malentendus, des blessures mais qui vont nous permettre au contraire d’ouvrir le dialogue, d’écouter et de construire la relation.

1. Renoncer à la critique et à la condamnation Personne n’aime se faire critiquer. Et pourtant nous succombons si facilement à ce travers. C’est comme s’il y avait quelque chose dans notre nature déchue qui avait besoin de dénigrer l’autre pour se sentir soimême meilleur et supérieur !

La critique constructive est un art difficile et délicat. Avant d’exprimer des choses négatives sous prétexte d’aider quelqu’un, vérifions les vraies motivations de notre coeur et assurons-nous que toutes les conditions sont remplies pour que nos paroles effectivement construisent l’autre !

La critique (négative) est à bannir parce qu’elle est vaine. Elle met l’individu sur la défensive et le pousse à se justifier parce que son amour-propre a été blessé et qu’il n’est donc pas en mesure d’entendre ce que nous voulons dire.
Un prédicateur très connu avait bien compris ce point et avait renoncé à toute forme de critique. Un jour ­ pour le tester ­ ses enfants lui demandent innocemment ce qu’il pense du diable. L’homme de Dieu réfléchit et puis répond : « Eh bien ! il fait très bien son travail ! »

Nous pouvons et parfois nous devons nous faire une opinion : C’est bien et juste. Mais nous devons faire très attention avant de porter un jugement et de condamner.

« Ne condamnez pas, dit Jésus, pour ne pas être vous-même condamnés. » (Mt 7. 1)

Nous devons être particulièrement vigilants lorsque nous parlons de quelqu’un qui n’est pas présent. On se laisse aller à dire des paroles négatives, à émettre des critiques ou simplement des propos légers ou méprisants. Or, il arrive souvent que nos paroles reviennent aux oreilles de cette personne et font alors deux fois plus mal, que si on les avait dites en face !

Qu’elles soient dites en face ou par-derrière, les paroles de critiques et de jugement doivent être abandonnées si nous voulons construire des relations vraies et durables.

Il en est de même pour toute forme de mépris et de propos sarcastiques. Le sarcasme est censé faire rire… Il est peut-être drôle au cinéma ­ et encore ­ mais il n’est jamais drôle dans la vraie vie pour celui qui en est l’objet.

2. Encourager et exprimer le positif
Il n’y a qu’un seul vrai moyen d’amener les gens à agir ou à changer, c’est de susciter en eux le désir. La force, la contrainte ou la menace ne produisent pas d’effets positifs à long terme. Un des besoins universels des êtres humains est celui d’être important et reconnu. Tous ont ce désir profond d’être appréciés, honorés. Celui qui est capable de répondre à ce besoin chez les autres, non seulement se fera des amis, mais aura manifestement une influence sur leur vie.

Nous aimons tous recevoir des compliments et des paroles d’encouragement. Pensons au bien que cela nous fait lorsque quelqu’un nous fait un compliment sincère ou relève quelque chose de positif que nous avons fait.

Qu’est-ce qui nous motive le plus à persévérer, à changer, à faire des efforts supplémentaires ? Sont-ce les reproches et les critiques même bien intentionnés ? Ou les encouragements et les paroles positives ? Pourquoi alors avons-nous tant de peine à voir le positif chez les autres et à l’exprimer ? Notre tendance humaine est d’exprimer spontanément les défauts et les failles que nous voyons et de critiquer ce qui ne va pas. Et nous avons de la peine à voir ce qui va bien et qui est positif. Pire encore, lorsqu’il nous arrive de le voir nous le gardons pour nous-mêmes au lieu de l’exprimer et de la sorte bénir et encourager les autres autour de nous. Si nous voulons construire des relations solides qui seront source de vie, nous devons apprendre à être généreux en paroles d’encouragement, en compliments et en propos positifs. Exprimons avec sincérité aux personnes concernées le bien que nous pensons d’elles ou de ce qu’elles ont fait.

Je vous donne encore un secret supplémentaire : dites le bien que vous pensez de gens qui ne sont pas présents. Dites ce que vous appréciez ou que vous admirez chez telle ou telle personne qui n’est pas là. Vous pouvez librement et généreusement parler « dans le dos des gens » pour dire d’eux du bien. Et comme les reproches qui sont dits par-derrière et qui reviennent à nos oreilles font deux fois plus mal que s’ils nous avaient été dits en face, de même les compliments qui ont été exprimés en l’absence des personnes concernées les béniront deux fois plus et feront deux fois plus de bien s’ils reviennent à leurs oreilles. Benjamin Franklin (président des États- Unis) disait :
« je ne dirai de mal de personne et je dirai le bien que je sais de tous ceux que je connais ».

3. Éviter les « toujours », les « jamais » et autres absolus
L’utilisation de mots comme toujours, rien, jamais, tout le temps etc. dans une remarque, un reproche ou un commentaire au contenu négatif, provoque chez celui à qui ils sont adressés une réaction automatique de repli, voire de rejet et le met instantanément sur une position défensive. C’est comme si ces mots entraînaient immédiatement la fermeture des oreilles et l’arrêt de toute écoute de celui à qui l’on parle et à qui on voudrait précisément transmettre quelque chose. Il y a plusieurs raisons qui font que ces mots provoquent un blocage émotionnel.

Premièrement ils sont en général inexacts. En effet celui qui entend cet absolu pensera immédiatement aux occasions où le reproche n’est pas justifié ­ car c’est bien en général dans des propos négatifs que nous sommes tentés d’utiliser ces mots. Il y a donc une réaction émotionnelle vive contre ce qui est perçu comme faux et injuste. Si par exemple sur un ton irrité je dis : « tu es toujours en retard… » mon interlocuteur pensera immédiatement aux quelques rendez-vous où il était à l’heure, même si ce n’est effectivement pas son habitude !

Si au contraire je dis : « tu es souvent en retard… Et cela me stresse » la personne ne se sent pas acculée par l’absolu. Et même si elle essaie de se justifier, il est probable qu’elle s’excuse et que s’ouvre un dialogue positif. Si je dis : « tu ne fais jamais rien pour la communauté… » c’est une condamnation qui bloquera tout partage et toute possibilité d’échange constructif. Apprendre à utiliser des termes relatifs comme : parfois, souvent, peu, beaucoup etc., surtout s’ils sont employés conjointement avec l’expression d’un sentiment personnel comme : « je trouve que… », « Il me semble que… », « j’ai le sentiment… », « j’ai l’impression… » fait une grande différence et peut éviter la rupture du dialogue ou même de la relation.

Exemple : Au lieu de dire
« comment peux-tu dire cela quand tu ne sais rien de la situation », dire plutôt « je m’étonne que tu puisses dire cela quand il semble que tu n’es que peu au courant la situation ». Au lieu de dire : « tu n’as jamais exprimé la moindre reconnaissance… », dire plutôt « je ne me souviens pas de t’avoir entendu exprimer de la reconnaissance ».
4. Parler en « je » plutôt qu’en « tu » Lorsque nous sommes contrariés par une situation, blessés par un comportement où qu’un problème nous exaspère, nous cherchons instinctivement le coupable. Nous nous adressons alors à la personne concernée en lui exprimant nos reproches et nos critiques en commençant les phrases par « tu ».

Or, « tu » pointes un doigt accusateur. Notre but en engageant une conversation ne doit pas être d’ouvrir une séance de tribunal pour accuser et condamner ! Mais d’ouvrir un dialogue. En utilisant le « je » j’exprime mon impression personnelle, ce que j’ai cru comprendre. En disant ce que j’ai ressenti, je parle de mon sentiment et de ma perception. L’autre n’est pas agressé et je lui ouvre la porte pour exprimer sa perception et ses sentiments. Parallèlement à l’utilisation de la première personne du singulier je dois veiller à montrer clairement que je veux m’attaquer au problème pour le résoudre et non à la personne pour la blesser. De ces deux formulations, laquelle va le plus ouvrir au dialogue et construire la relation ?

A « Je voudrais te rappeler que l’autre soir chez les amis, tu m’as complètement mis de côté et ignoré. Tu étais complètement centré sur toi-même, c’est toi qui parlais tout le temps. Même eux, tu les as complètement envahis et tu ne leur as fait aucune place. En plus ce que tu as dit des vacances n’était pas vrai. »

B « Je voudrais te faire part de quelques impressions de notre visite chez des amis l’autre soir. D’abord pour moi, j’avais le sentiment que j’étais oublié et qu’il n’y avait pas de place pour moi dans la discussion. Je me suis aussi demandé si les amis eux-mêmes ne se sont pas sentis un peu envahis. Et puis au sujet des vacances, je dois dire que je vois les choses un peu différemment… Avec le recul je me demande comment tu ressens cela ? »

5. Ecouter
Dieu nous a donné deux oreilles et une bouche ! C’est certainement pour que nous écoutions deux fois plus que nous ne parlions !

Savoir écouter est une qualité merveilleuse et indispensable si nous voulons avoir des relations profondes et édifiantes. Exprimer ce que nous pensons et ce que nous ressentons est un besoin quasi universel, tant cela nous fait du bien de pouvoir dire et mettre en mots ce qu’il y a au fond de nous-mêmes. Mais parler dans le vide ne sert à rien. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous écoute. Et comme tout le monde a besoin de parler, ceux qui sont capables d’écouter sont rares ! C’est peut-être une des raisons pour lesquelles il y a de plus en plus de « psy » qui sont payés pour écouter ! Si écouter l’autre est nécessaire et important dans le cadre d’une relation saine, cela devient indispensable, voire vital, lorsqu’il y a un malentendu ou que la relation est tendue, délicate ou explosive.

Les choses profondes sont souvent difficiles à exprimer. Cela demande du temps, un climat d’écoute et de confiance. Sans écoute authentique et sans confiance, ces choses profondes ne pourront pas venir à la surface, les blessures ne pourront pas être guéries, les peurs ne pourront pas s’apaiser, les blocages ne pourront pas être déverrouillés…
Tant que notre interlocuteur n’a pas l’impression d’avoir été entendu, d’avoir pu exprimer ce qu’il pensait ou avait besoin de dire, il ne pourra pas vraiment écouter et entendre ce que nous avons à dire. Ecouter n’est donc pas seulement une marque de respect pour l’autre, une manière de démontrer qu’il a de la valeur et de l’importance, c’est aussi préparer le terrain pour qu’il puisse recevoir ce que nous avons à dire et que cela ne tombe pas dans le vide !

L’écoute ­ comme peu d’autres qualités ­ apaise l’irritation, calme la tension, et crée un climat constructif au dialogue et donc à la rencontre, à la compréhension mutuelle voire à la réconciliation. « Soyez prompts à écouter… lents à parler », nous exhorte l’apôtre Jacques (Jc 1.19). Quelle sagesse !

Conclusion
En cherchant à changer notre manière de parler, nous serons naturellement confrontés à des attitudes profondes et nous serons amenés à faire un travail important sur nous-mêmes. Pour changer la forme nous devons changer le fond ! Avec l’aide du Saint Esprit c’est notre caractère qui petit à petit sera transformé et ressemblera de plus en plus à Jésus et aux qualités qu’il manifestait lui-même dans ses rapports avec les autres. Cette transformation en profondeur nous conduira à de meilleures relations avec les autres. Nous serons nous-mêmes plus heureux, plus épanouis et nous honorerons davantage le Dieu qui nous a créé relationnels.

Écouter !
Il faut de l’amour pour écouter lorsqu’on a soi-même envie de parler. ?

Il faut de la maîtrise de soi pour écouter lorsqu’on a envie de se justifier et de se défendre parce que l’on se sent accusé à tort. ?

Il faut de la patience pour écouter lorsqu’on a déjà la réponse mais que l’autre n’a pas fini d’exprimer sa position. ?

Il faut de la compassion pour écouter alors que nos propres émotions sont chamboulées et qu’on a besoin de les exprimer. ?

Il faut de la grâce pour écouter lorsque les choses qui sont dites ne sont pas justes, pertinentes ou réalistes.

Écouter vraiment :
— ce n’est pas seulement laisser parler l’autre ce qui représente déjà pour beaucoup un exercice difficile et un exploit ­ c’est entendre ce que l’autre cherche à communiquer — c’est écouter sans porter de jugement — c’est écouter sans être distrait par la réponse que l’on s’impatiente de donner ! — c’est écouter jusqu’au bout. Permettre à l’autre de dire tout ce qu’il a à coeur d’exprimer. — c’est écouter pour comprendre. C’est donc aussi poser respectueusement des questions dans le but de comprendre. — c’est s’assurer qu’on a bien compris en résumant les propos entendus — c’est chercher à connaître l’autre en essayant d’entrer dans sa réalité.


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