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N° 217 Avril 2002

Pour que nos cellules retrouvent leur élan

Par Jean-Pierre Besse

On constate — peut-être plus spécialement en Europe — qu’un certain nombre de groupes de maisons tournent en rond, sans impact sur l’entourage. Pourquoi ? Nous n’allons examiner ici que deux raisons, avec leur remède.

Une première raison est que beaucoup de cellules ne sont pas tournées vers les gens du dehors et ne cherchent pas à se multiplier : on est devenu une " amicale de chrétiens ", un club d’ " anciens combattants " qui se contente de faire de la maintenance. Encore pourrait-on le comprendre pour des personnes très âgées ou, temporairement, pour des groupes comportant plusieurs personnes avec de gros problèmes intérieurs. Mais, en dehors de ces cas, peut-on imaginer le Seigneur restreignant ses possibilités glorieuses au-dessous des capacités de chacun ? Et ainsi priver une nation ou une ville de la Source de vie ? Le Dieu vivant n’est pas un Dieu de routine qui ménage un petit espace pour notre petit confort (" on est bien comme ça "). Il veut au contraire déployer sa gloire ! En ce sens, l’article principal de ce n° apporte une réponse de première importance.

Le remède est, qu’avec l’aide des dirigeants, tous les membres de nos communautés de maisons soient rendus aptes à cultiver des relations authentiques avec quelques personnes. A mettre ces personnes en relation avec le Fils de Dieu pour les faire grandir dans l’amour et former de nouveaux groupes. Alors, la cellule devient passionnante, Dieu peut faire des choses nouvelles, on ne s’ennuie pas ! On grandit et on multiplie ! Voilà le mouvement qui permet à la cellule de " garder la forme ", la musculature, la souplesse, la jeunesse et la capacité de se reproduire à la gloire de Dieu.

Il y a aussi
une autre dimension : l’oxygénation, la respiration par le haut, avec le Père.

Nous constatons souvent que la relation au Père céleste est insuffisante, voire inexistante. Beaucoup de Chrétiens semblent n’avoir de relations qu’avec Jésus. Certes, cette relation est excellente et indispensable puisque tout don de Dieu passe par son Fils qui les contient tous. Mais une relation qui ne va pas jusqu’au Père manque de maturité. Cette absence est souvent le signe d’un malaise ancien, d’un manque affectif ou de blessures non nettoyées ni guéries par rapport aux figures d’autorité de notre enfance. La connaissance du Père au travers de Jésus va les guérir :
" Je leur ai fait connaître ton Nom et je le leur ferai connaître afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux et que moi aussi je sois en eux " (Jean 17.26).

Bien des Chrétiens ne prient quasiment jamais le Père. Pourtant Jésus nous a enseigné à dire
" notre Père " parce que " le Père lui-même vous aime " (Jn.16.27). Jésus est lui-même soumis au Père et il a toujours dirigé l’attention vers le Père (même au plus fort de sa popularité) car c’est le Père qui doit être glorifié en Lui (Jn.14.13) ; et à la fin, le Fils lui-même remettra tout pouvoir au Père pour que Dieu soit tout en tous (1 Cor.15. 27-28). Ne prier que Jésus est un peu comme quelqu’un qui, au lieu de s’adresser au visage de quelqu’un, s’adresserait à son bras. Dans certaines cultures, on n’ose pas regarder son père dans les yeux en lui parlant. Il y a certes la volonté de marquer du respect ; mais il y a aussi un élément de peur et de manque d’intimité confiante qui impose une distance inutile. Cette gêne n’existe pas chez le Père céleste qui ne l’impose pas à ceux qui sont devenus ses enfants par son Fils. Lisez 1 Jean 2. 12-13 : d’abord  Je vous écris, petits enfants, parce que vos péchés vous sont pardonnés ", mais ensuite : " je vous ai écrit jeunes enfants, parce que vous avez connu le Père " . Il y a une maturation !

Il est maintenant reconnu que ce sont les pères (au sens terrestre) qui, quand ils sont matures, confirment leurs enfants dans leur identité, même si c’est de manière peu consciente. A plus forte raison, avons-nous besoin tous les jours du Père céleste pour parvenir à être des fils et des filles sécurisés, reconnus, confirmés et stables. Les meilleurs responsables de cellules sont ceux qui reflètent les qualités du Père.

Des familles ouvertes !
Voilà ce que peuvent devenir nos groupes de base. Quand les Chrétiens sont assurés de leur identité par leur Père céleste commun, ils se savent reconnus et acceptés, ils sont donc des frères et des sœurs.

- Ils n’ont rien à prouver fébrilement pour se faire admettre à tout prix par les autres

- Ils éprouvent de moins en moins ce manque affectif, ce vide qui les oblige à
compenser par un engagement inquiet, un légalisme agité, ou à fuir dans des ivresses porteuses de mort.
- Ils ne sont plus démolis parce qu’on ne leur montre pas la reconnaissance et l’attention qu’ils attendaient.
- Ils n’ont plus besoin de réagir aux déficiences de leur entourage. Au lieu de constamment réagir et condamner, ils peuvent agir et relever !
Mon Père agit jusqu’à présent, moi aussi j’agis (Jn.5.17) parce que le Père aime le fils et lui montre tout ce qu’Il fait (Jn.5.20, lisez aussi le v.19 et Jn. 15.15 !).

Que les cellules de base et les églises reçoivent cette respiration, ce Souffle de l’Esprit qui unit le Fils au Père et le Père au Fils ! Alors, elles deviennent, elles aussi, des lieux de vie et de communion, des familles unies autour du même Seigneur, animées par la même force d’aimer. Ce Souffle de vie anime chaque membre, lui insuffle des capacités créatrices et l’oriente vers les autres. C’est tout simplement Christ qui agit et se révèle en chaque disciple. Son visage est reconnaissable dans la communauté, rendue disponible. Le Saint-Esprit y communique les dons les plus appropriés aux situations. Christ, dans la cellule, attire tous les hommes à Lui ! Voilà vers quoi nous voulons tendre. Quelle joie pour tous !


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