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N° 091 Octobre 1969

Les cellules de prière et l’Église

Par Georges Martin

Les cellules
"Si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux… Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux." (Mat. 18:19-20). Le fondement biblique des cellules de prière est résumé dans ces paroles de Jésus.

Depuis une trentaine d’années, les cellules de prière se sont multipliées dans le monde. Ce qui les caractérise, comment les créer, sont des sujets traités dans les petites études que nous publions.

En résumé, on peut dire qu’indépendamment de tout rite ou tradition ecclésiastique, elles ont pour centre le Christ Ressuscité. Il nous est révélé par le Saint-Esprit qui nous met en relation personnelle avec lui. Ces paroles de Jésus prennent alors tout leur sens pour nous:
"Je suis au milieu d’eux…" ou cette autre promesse: "Je suis tous les jours avec vous" (Mat 28:20).

D’autre part, dans cette communion avec le Christ, le Saint-Esprit établit une relation toute nouvelle entre les croyants qui le louent et l’adorent. C’est ce qu’on vit dans les cellules de prière.
 
Le corps
Mais, une cellule d’un corps n’est pas le corps, même si chaque cellule contient dans ses chromosomes tous les caractères du corps. Les cellules se groupent pour former des organes différents, et ceux-ci, tous ensemble, dans leur diversité et leur interdépendance forment le corps.

Il en va de même pour l’Église, comme le dit l’apôtre Paul qui utilise aussi cette image du corps (2 Cor. 12:12-27). Il nous montre par là que l’esprit de rivalité aussi bien que l’individualisme n’ont pas leur place dans l’Église qui est le corps du Christ. Ce message reste actuel.
 
Individualisme
C’est ainsi qu’on rencontre aujourd’hui des gens qui disent: "je crois en Dieu; je prie; cela me suffit; je n’ai pas besoin de l’Église." Ces personnes oublient l’élément essentiel de l’évangile: l’amour. Si Jésus est venu nous réconcilier avec Dieu, il fait aussi de nous des frères pour nos semblables. Et l’Église est le lieu où nous apprenons à vivre cet amour, afin de le transmettre au monde. C’est pourquoi, l’apôtre Jean écrit:
"Celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, comment peut-il aimer Dieu qu’il ne voit pas? Que celui qui aime Dieu aime aussi son frère." (1 Jean 4:20-21).

Dans le même ordre d’idée, l’apôtre Pierre utilise l’image des pierres nécessaires pour la construction d’une maison:
"Vous-mêmes, comme des pierres vivantes, édifiez-vous pour former une maison spirituelle." (2 Pierre 2:5). Chaque chrétien est comparé à une pierre. Celles-ci doivent être assemblées selon un plan pour devenir une maison. Des chrétiens individualistes, sans relation avec les autres, sont comparables à un tas de pierres. Même si elles sont bien taillées, elles ne servent à rien. C’est parfois aussi un danger pour les cellules de prière de s’isoler. Certains en viennent à dire: "nous sommes bien ensemble, cela nous suffit." Chose plus grave encore, ils en viennent à critiquer les autres groupes de prière ou l’église qu’ils ne trouvent pas assez vivante, au lieu de s’en sentir responsables.
 
Églises de maisons
Dans certains pays privés de liberté religieuse, où l’église est persécutée, elle n’a souvent subsisté que grâce à des rencontres, parfois même secrètes, dans des maisons. C’est pourquoi, on les a appelées "Églises de maisons". Des rencontres de ce genre, dépourvues de tout formalisme, sont de très bons moyens d’évangélisation ou de formation de disciples, même chez nous. C’est une occasion d’inviter des voisins ou des connaissances qui ne se rendraient pas dans un culte. Mais, cela ne doit en aucun cas devenir des cercles fermés qui ignorent le reste de l’Église.
 
L’Église locale
Puisque l’Église est le corps de Christ, il est normal et élémentaire que tous les chrétiens d’un même endroit fraternisent dans le respect de leurs différences en gardant la vision de l’ensemble de l’Église. Voici ce qu’écrit Héribert Mülhen dans son livre
"Vous recevrez le Saint-Esprit": "Là où il y a communauté, elle est "communauté" ou "église", mais à la seule condition qu’elle soit en communion avec les autres communautés ou Églises. L’indépendance de la communauté particulière est aussi étrangère au Nouveau Testament que la domination d’une communauté sur les autres." À l’origine, les chrétiens se réunissaient dans des maisons privées. Or, malgré cela, l’apôtre Paul n’écrit pas à ces groupes séparément. Il écrit à l’Église qui est à Corinthe, à l’Église des Thessaloniciens, aux Églises de Galatie. Cela nous montre que les chrétiens d’un même lieu ou d’une même région étaient en étroites relations les uns avec les autres.
 
L’Église universelle
Si le Christ veut être pleinement présent dans l’Église locale, il l’est en même temps partout où la Bonne Nouvelle est prêchée, dans le monde entier. Il poursuit ainsi son ministère à travers son Église. Dans ce but, il distribue des dons par le Saint-Esprit et adresse des vocations pour divers ministères. Mais il ne faut pas identifier nos organisations humaines de l’Église avec le corps de Christ. Elles n’en sont qu’une manifestation imparfaite et passagère, mais nécessaire sur cette terre. Jésus ne l’aime pas moins.
"Il s’est livré lui-même pour elle, pour la sanctifier.. Il veut la faire paraître devant lui glorieuse, sans tache, ni ride…" (Eph. 5:25-27).

Vouloir nous ériger en juges de cette Église, c’est nous juger nous-mêmes. Enfin, si l’apôtre Paul appelle l’Église le corps du Christ, Jean nous parle des noces de l’Agneau, dont l’Église est l’épouse (Apoc. 19:7-8). C’est la fête éternelle qui se prépare. Cette attente nous stimule à témoigner afin que beaucoup soient encore sauvés et y participent.
 
Conclusion

1. Les groupes de prière sont des lieux où l’on n’a pas peur d’être interpellés par la Parole de Dieu et par le Saint-Esprit.

2. Cherchons à nous retrouver avec des membres d’autres communautés dans une même soumission au Christ et à l’Esprit Saint. C’est la base d’un vrai œcuménisme.

3. Ces groupes n’existent pas pour eux-mêmes. Ils sont des laboratoires pour un renouvellement de la vie des Églises et communautés toujours en danger de sclérose.

4. Certains pensent qu’il faut une certaine maturité spirituelle pour faire partie d’une cellule de prière. Au contraire, les cellules les plus dynamiques invitent des gens qui ont des problèmes ou qui cherchent Dieu et les amènent à la conversion. Ainsi sont préparés des membres libérés de tout conformisme qui renouvellent la vie de l’Église.

5. Demandons à Dieu les dons de son Esprit pour être ses instruments dans nos cellules de prière et dans nos Églises et communautés.


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