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N° 262 Juillet 2012

Attendre l’Esprit pour en recevoir la pleine mesure!

Par le Dr Andrew Murray

Les hommes de l’Ancien Testament attendaient Dieu et s’attendaient à Lui (Ps. 40.2; 130.5; 25. 5; 27.14; 33.22; Es.30.18; 40. 31, etc.)1. Maintenant que Jésus a accompli la rédemption voulue par le Père, notre attente doit se concentrer principalement sur la grande promesse qui nous révèle l’amour du Père et du Fils, réunis ensemble dans le don de l’Esprit Saint en nous! C’est pourquoi Jésus ressuscité recommanda à ses disciples d’attendre la promesse du Père dont il leur avait parlé, à la suite de Jean Baptiste (Ac 1.4-5).

Attendre la promesse du Père, s’attendre au Souffle de sainteté.
On pourrait se demander si ces mots ne se rapportent pas exclusivement à l’effusion de l’Esprit le jour de la première Pentecôte et s’ils s’adressent encore à nous aujourd’hui puisque l’Esprit a été envoyé à l’Église… On pourrait objecter aussi que, pour le croyant qui a déjà l’Esprit en lui, il y aurait presque une inconséquence à attendre la promesse du Père puisqu’il doit croire que l’Esprit demeure en lui et s’en réjouir.

Mais le Saint-Esprit ne nous est pas donné comme une possession dont nous puissions nous rendre maître pour en user à notre gré. Non, il nous est donné pour que ce soit lui qui devienne notre maître et qui nous prenne sous sa direction. Ce n’est pas à nous de nous servir de lui; c’est à lui de se servir de nous. Chaque jour, dans un lien d’amour, nous devons le demander au Père d’une manière aussi précise et confiante que si nous avions à le demander pour la première fois. Quand Dieu nous donne l’Esprit, il se donne lui-même à nous, avec la puissance de la vie éternelle, continuellement et sans interruption. Lorsque Jésus promettait une source intarissable d’eau vive à ceux qui croiraient en lui (Jn 4.14 et 7.38), il n’entendait pas parler d’un seul acte de foi qui ferait d’eux, une fois pour toutes, les possesseurs indépendants de cette grâce, mais il parlait là d’une vie de foi qui ne pourrait recevoir ses dons qu’en le recevant lui-même toujours à nouveau. Ainsi, ce précieux mot attendre («il leur recommanda d’attendre»), se réfère non seulement au passé, mais à ce qui doit advenir en nous par le Saint-Esprit actuellement. L’attente des disciples pendant les dix jours dans la chambre haute (Ac.1.12-14; 2.1) nous trace la voie à suivre. La grâce d’être remplie de l’Esprit, tel que nous le promet le Père, nous est accordée en raison directe de ce qu’est notre attente plus ou moins grande et sincère.

Ceci ne nous explique-t-il pas pourquoi tant de croyants ne reçoivent que si peu de la joie et de la puissance qu’apporte l’Esprit Saint? Cette injonction du Christ «il leur recommanda d’attendre la promesse du Père», ils l’ont entendue, certains en ont vivement désiré l’accomplissement, ils ont ressenti douloureusement l’absence de cet hôte divin, ils ont essayé de croire, essayé de saisir, essayé d’être remplis de l’Esprit, mais jamais ils n’ont su ce que c’était que de l’attendre et ce que signifiait «heureux tous ceux qui s’attendent à Lui», «ceux qui s’attendent à Lui renouvellent leurs forces» (Es 30.18; 40. 31).
 
Fonder notre prière sur la bonne base
Avant tout, laissez-moi vous dire que ce que vous devez attendre, vous qui êtes croyants, c’est la manifestation de la puissance de l’Esprit qui est déjà en vous. Le jour de sa résurrection, Jésus a soufflé sur ses disciples en leur disant: «recevez le Saint-Esprit» (Jn 20.22), néanmoins ils devaient encore» «attendre» le baptême de feu et de puissance (Lc 24.49; Ac 1.8). Comme enfant de Dieu, vous avez déjà l’Esprit Saint; voyez comment l’apôtre Paul peut dire à des croyants qu’il qualifie de «encore charnels» et de «petits enfants en Christ»: «ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous?» (1 Co 3.1-3,16; 6.19-20). Et aux Galates en danger d’égarement: «Avez-vous reçu l’Esprit par les œuvres de la loi ou par la prédication de la foi?... Après avoir commencé par l’Esprit, voulez-vous finir par la chair?» (Gal 3.2-3). Et «parce que vous êtes fils, Dieu a envoyé dans vos cœurs l’Esprit de son Fils» (Gal 4.6). Avant la Pentecôte déjà, les douze n’auraient pas pu reconnaître en Jésus le Messie et le Fils de Dieu sans le Saint-Esprit agissant sur eux (Mt 16.17; 1 Co.12.1-3). Et lors de la nouvelle naissance, l’Esprit de Dieu vient en nous (Ez 36. 26-27; Jn 3.5).

Cultivez donc en vous cette paisible assurance, si vous avez reçu Christ par la foi: «le Saint-Esprit demeure en moi». Si vous n’êtes pas fidèle en ceci, vous ne pourrez pas attendre davantage. Présentez-vous à Dieu ­ dans votre temps de prière ­ jusqu’à devenir intimement convaincu que vous êtes le temple du Saint-Esprit. Après cela vous serez dans la disposition voulue pour faire un pas de plus, pour demander à Dieu très simplement, très tranquillement, de vous accorder l’action efficace de son Esprit pour être capable d’être témoin du Christ et de son Règne (Ac 1.8)! L’Esprit est en Dieu et il est en vous aussi. Ce que vous demandez au Père, c’est qu’il vous envoie une manifestation plus vivante de son Esprit tout-puissant, c’est que l’Esprit qui habite en vous agisse avec plus de force. Appuyez-vous sur ses promesses. Votre cœur pourra vous paraître encore obscur et froid, mais ne doutez pas de ce qu’il va faire et fait déjà, peu importe que vous sentiez alors quelque chose ou non.

Alors commence l’attente, l’attente tranquille et décrispée. Donnez au Saint-Esprit le temps de produire et d’affermir en vous l’assurance que Dieu lui permettra d’agir avec puissance. Mais il faut qu’il y ait parallèlement une reddition du moi, comme une mort de notre volonté propre, le renoncement à toute confiance en nos propres forces, en notre propre justice, en notre sagesse humaine… Cette attente exprime à la fois le vide que vous éprouvez et le besoin de tout recevoir de l’Éternel! Tout le long de votre vie chrétienne ces deux sentiments vont aller de pair.
 
Ne réprimons pas la soif spirituelle. La Pentecôte, c’est pour tous les jours
Si Paul demandait très distinctement pour les Éphésiens, déjà scellés du Saint-Esprit (Ep 1.13), que le Père leur accordât l’Esprit de sagesse (1.17), nous ne pouvons guère nous fourvoyer en demandant tout aussi distinctement l’Esprit de puissance. «Celui qui sonde les cœurs connaît quelle est la pensée de l’Esprit» (Rm 8.27) et il nous exauce, non selon l’expression plus ou moins correcte de nos prières, mais selon les désirs que l’Esprit nous inspire. Nous pourrions aussi citer cette autre prière de Paul dans la même lettre: «qu’Il vous accorde la grâce d’être puissamment fortifiés par son Esprit dans votre être intérieur» (3.16) et en réclamer pour nous l’exaucement. Quelle que soit la manière dont nous formulons nos prières, il est certain que c’est à genoux, en «priant sans cesse» (1 Th 5.17), en nous attendant à Dieu, que nous obtiendrons de Lui ce que nous Lui demandons, la puissance de l’Esprit manifesté
.

Après avoir ainsi attendu notre Dieu, il nous faudra vaquer à nos devoirs quotidiens avec la confiance que Dieu lui-même veillera à l’accomplissement de sa promesse et répondra à notre attente. Si vous vous mettez à prier ou à lire la Parole de Dieu, faites-le avec la confiance que le Saint-Esprit dirige votre prière et conduit votre pensée. Persévérez dans cette attente au milieu de tous vos devoirs et travaux, selon ces mots: «je m’attends à toi tout le jour» (Ps. 25.6). Renouvelez chaque jour cet exercice et, autant que possible, prolongez-le en silence. Ce n’est pas du temps perdu que de vous soumettre pleinement au contrôle de l’Esprit et de viser sa plénitude! La Pentecôte est là pour témoigner dans tous les âges de ce que Jésus, remonté au Ciel, fait pour son Église; et dans tous les âges aussi, les dix jours d’attente enseignent aux croyants quelle est la disposition à avoir pour se tenir devant son trône et éprouver que les grâces de la Pentecôte continuent d’être accordées!

Ce n’est pas en arrière que nous devons chercher notre Pentecôte. La Pentecôte des Actes devait faire connaître à l’Église de Christ les privilèges attachés à la nouvelle ère spirituelle. L’Esprit de Dieu nous est envoyé comme la pluie qui vient et revient sans cesse, comme le vent qui souffle et doit souffler encore.

Ainsi que le Christ est venu accomplir la Loi et les Prophètes, l’Esprit vient à présent accomplir et réaliser tout l’Évangile. Tout ce que Christ a fait de nous ne servirait à rien si le Saint-Esprit ne venait pas nous l’assimiler.
 

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NOTE
1 : Plusieurs de nos versions rendent parfois ce verbe par le terme espérer, mettre son espoir en. (ndlr)


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Note sur l'auteur
Andrew Murray est plus connu des Francophones par son commentaire de l’épître aux Hébreux «Le Voile Déchiré» ou encore les méditations «Demeurer en Christ». Cet article est tiré du livre, «l’Esprit de Christ». Ce livre peut-être téléchargé gratuitement en cliquant sur le lien suivant (~352 Ko) :
Murray-Esprit-Christ


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