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N° 231 Octobre 2004

La sexualité, un projet de vie!

Par Guy Chautem

À l’heure où Dieu crée, à son image, Adam et Ève (Genèse 2 : 26-27), Il leur fait cadeau de la sexualité. Ainsi, à leur tour, homme et femme, ils pourront transmettre, de génération en génération, l’image de Dieu et y trouver du plaisir. Quel honneur ! Pas étonnant que l’ennemi, après la chute de l’homme, envoie ses armées d’esprits impurs, afin de conduire l’humanité à pervertir ce don, ce chefd'oeuvre, capable de transmettre l’image même du Créateur en concevant la famille. Pas étonnant non plus que le Fils de Dieu déloge, partout où il les rencontre, ces esprits impurs ; pas étonnant encore que ses disciples soient revêtus de son autorité pour en faire autant. Ainsi s’accomplit la prophétie de Genèse 3 : 15 : Un jour viendra où la postérité de la femme, en la personne de Jésus, écrasera la tête du serpent. A l’heure de la Croix, la défaite du diable a été prononcée par l’obéissance sans faille du Fils. Nous arrivons bientôt à la fin de l’Histoire et les armées d’anges s’apprêtent à proclamer sa défaite éternelle. Entre ces deux venues du Christ, l’Église militante est appelée à reprendre les terrains usurpés et volés par l’ennemi.
Ainsi s’accomplit aussi la promesse donnée à Josué et qui vaut pour nous : «Tout lieu que foulera la plante de tes pieds, je te le donne » (Jos:1:3). Et s’il est un territoire — à côté de celui de l’argent-Mammon — où nous devons mener le combat, il s’agit bien de celui de la sexualité !


Le rejet des valeurs judéo-chrétiennes !

En Occident, depuis la fin des années 60, les divorces se multiplient, la cohabitation se généralise, l’homosexualité prend dans tous les pays ses quartiers officiels, la pornographie via Internet entre dans de nombreux foyers (et l’Afrique est en train de prendre le même chemin…). Qu’il en soit ainsi dans le monde qui ne connaît pas Dieu ne nous surprendra pas, mais que l’Église soit, elle aussi, atteinte par cette « lèpre» doit nous choquer, nous jeter à terre dans une prière de supplication : Seigneur, éclaire-nous et donne-nous de reconquérir ces terrains qui t’appartiennent !

La stratégie de l’ennemi !
Comment l’ennemi s’y est-il pris pour faire passer, en 40 ans, les divorces de 10% à presque 50 % dans la majorité des pays occidentaux ? Comment a-t-il fait pour déclencher la même augmentation concernant les taux de cohabitation et de naissances hors mariage ? Nous ne prétendons pas cerner tous les aspects de sa stratégie et nous ne voulons pas aborder les questions liées à l’individualisme galopant de nos sociétés ainsi qu’ à la multiplication des moyens anticonceptionnels. Nous mettrons l’accent sur le point principal : l’attaque en bonne et due forme des commandements de Dieu tels que nous les découvrons dans l’Ecriture, la subtile mise en doute de la Parole du Créateur : « Dieu a-t-il vraiment dit?»(Genèse 3 : 1).

— Penser faux fera agir faux ! Ce n’est pas pour rien que Paul invite les Romains à travailler au renouvellement de l’intelligence (Ro. 12 : 2) : lorsque toute une société pense et réfléchit de façon insensée, bien fou apparaît celui qui tiendra un autre langage. Et les fous de cette sorte seront rapidement mis hors d’état de parler. Ils seront accusés d’être dans le «socialement incorrect» !

Des «peaux de bananes» qui font glisser… et tomber ! 1er piège — Paul écrivant aux Corinthiens (1 Cor. 6 : 13) avertit les jeunes chrétiens ! La « peau de banane » que jette l’ennemi sous vos pas, la voici : il vous fait croire que la sexualité est un simple besoin physiologique qu’il est impératif de satisfaire (au risque de tomber malade par exemple) ! Ainsi, la sexualité réduite à une fonction animale, il devient normal qu’on « couche » comme on mange et que l’on jette les restes !

2e piège — Dans le même passage ; Paul signale une deuxième tromperie : la liberté chrétienne telle qu’il l’a souvent prêchée (suppression des jours sacrés et profanes, des interdits alimentaires, des tabous frappant le monde créé, (relisez Colossiens 2 : 16 ss) ne peut justement pas s’appliquer aux relations sexuelles car celles-ci créent un lien d’une profondeur telle que toute la vie spirituelle s’en trouve affectée. C’est pourquoi Paul nous avertit (1 Cor. 6 : 12, 16, 18) : votre liberté chrétienne est grande certes, cependant, si « tout vous est permis », « ne vous laissez asservir par rien »… Attention, « celui qui s’unit à une prostituée devient une seule chair avec elle»… « fuyez les unions illégitimes. »

Une première question posée par de nombreux chrétiens
Ce que Paul déclare me concerne-t-il vraiment ? Certes je ne suis pas marié, mais j’aime mon ami(e) ! Qu’est-ce qui empêche donc que je couche avec elle (lui) ? Vous n’allez pas dire que je vis dans « l’impudicité » — autre traduction pour « une union illégitime » ? Lisez alors le chapitre 7 v. 9 de la même épître : «Toutefois, s’ils ne peuvent pas se maîtriser en ce domaine, qu’ils se marient, car mieux vaut se marier que de se consumer en désirs insatisfaits. »Y a-t-il enseignement plus simple et plus clair ?

Voulez-vous un exemple d’un tel style de vie, lisez alors Matthieu1 : 18 ss.

Joseph et Marie sont fiancés mais ils n’ont pas vécu ensemble. Jésus est vraiment né « de la vierge Marie » comme le déclare une des plus vieilles confessions de foi. Le mystère de l’incarnation ne pouvait s’accomplir que dans un couple respectant le commandement de Dieu. Le cadre du mariage est bien celui d’une alliance publique, prononcée devant les hommes et devant le monde invisible. C’est dans ce cadre seulement que toute vie sexuelle peut commencer et s’épanouir. Là, et là seulement, Dieu accorde sa bénédiction.

L’alliance du mariage comprend donc un engagement public définitif et l’Église l’a bien compris, il suffit de relire les promesses de bénédiction des liturgies d’Église, en particulier les mots de conclusion : «vous vous promettez fidélité jusqu’à ce que la mort vous sépare» !

Une deuxième question souvent posée.
« Dieu peut-il alors nous bénir si nous avons commencé par cohabiter avant de nous décider à nous marier ? » Oui, bien sûr, il le fera pour tous ceux qui sauront reconnaître qu’ils ont pour un temps ignoré ou douté de la Parole de Dieu… qu’ils ne l’ont pas prise au sérieux.

Le fait de reconnaître que nous nous sommes trompés et que nous avons été piégés ou séduits par l’ennemi nous conduira à entendre de manière toute nouvelle la Parole du Dieu qui a fait alliance avec nous. Mais il faudra peut-être bénéficier de soins curatifs car ceux qui ont vécu en dehors de l’Alliance divine et de l’obéissance à laquelle elle nous appelle sont parfois en bien mauvais état : « De la plante des pieds jusqu’à la tête rien n’est en bon état : ce ne sont que blessures, contusions et plaies vives qui n’ont été ni nettoyées, ni bandées, ni soignées avec de l’huile. »(Esaïe 1 : 6).

Vers la libération
Le chemin vers une vraie liberté comprend des étapes que nous devons respecter. Nous allons en décrire les plus importantes:

1.— «Je renonce à Satan et à ses oeuvres ». Dans un des plus vieux textes de baptême, le catéchumène au terme d’un enseignement de quarante jours, fait cette déclaration avant d’être immergé. Cet acte est capital. L’ennemi ne lâchera prise que si nous ne lui donnons plus la main, même pas le petit doigt. Ainsi, lors d’innombrables entretiens nous avons pu constater l’importance de mettre des mots très clairs sur les choses auxquelles nous renonçons : adultère, pornographie, rêves érotiques, fantasmes, pratiques obsessionnelles, homosexualité, etc. Dans la plupart des couples, Dieu, dans sa sagesse, permet que nous soyons facilement éclairés sur les choses auxquelles nous devons renoncer. Cet éclairage nous est fourni par le conjoint à l’heure où celui-ci ou celle-là ne se sent pas heureux et épanoui par notre manière de vivre les relations sexuelles.

2.— « Seigneur, tu as entendu, et Satan aussi a entendu. Étends ta main puissante et lie-le !»
ainsi continue l’ancien texte d’Hyppolite de Rome ! La plupart du temps nous avons besoin d’un acte de libération opéré par tel ou tel membre de l’Église revêtu de l’autorité de Jésus. Ce qui signifie qu’il nous faudra prendre notre courage à deux mains pour partager avec cet ancien ou ce pasteur ce qui nous fait souffrir. La recommandation que nous donnons dans cette matière, c’est que notre confession ait lieu pour une femme en la présence d’une autre femme, pour un homme en présence d’un autre homme ; ceci pour autant que ces derniers soient reconnus par la communauté pour exercer un tel ministère. D’une part, on évite ainsi tout risque d’une écoute plus ou moins complaisante ; d’autre part, l’on permet à Dieu d’entreprendre une vraie libération au pied de la Croix où l’ennemi est déjà vaincu.

3.— « Répands l’onction sainte de ton Esprit ! Et que les démons et les puissances des ténèbres soient chassés par le nom du Seigneur Jésus », voilà la suite de cette prière pour le baptisé ! Jésus lui-même enseigne que nous sommes comme une maison qui doit être balayée et mise au propre pour recevoir Dieu lui-même dans la personne de son Esprit. L’Esprit Saint, et lui seul, opérera les nettoyages et la purification dont nous avons besoin. Voilà pourquoi Paul déclare que nous avons à recevoir de la personne même de Dieu soit le charisme du mariage, soit celui du célibat (1Cor 7 : 7).

Le charisme est lié à la venue de l’Esprit que nous devons accueillir dans toutes les parties de notre personne. Et jusque dans les profondeurs de notre sexualité.
 
Quitter, s’attacher, devenir une seule chair
Voilà trois étapes que les couples doivent « reparcourir » tout au long de leur vie.

Ainsi l’Esprit Saint veut nous faire découvrir le chemin d’une vie qui se guérit et se redresse dans la communion du Christ Jésus et du Père Créateur.

A l’heure où Dieu crée le couple, Il donne un ordre qui concerne d’abord l’homme :
« Celui-ci quittera son père et sa mère, s’attachera à sa femme et ils deviendront une seule chair » (Genèse 2 : 24).

Bien des couples ont de la peine à vivre une vie conjugale épanouie parce qu’ils n’ont pas pris en compte ces trois étapes. La plupart de nos contemporains passent aisément par-dessus les deux premières et en viennent très rapidement à la dernière. Ces mêmes personnes connaissent alors d’innombrables déboires dans leur vie de couple.

Quitter !
Comme Abraham doit rompre les attaches qui le lient à son Père Térach et certainement aussi à sa mère, pour aller vers la Terre Promise, ainsi mari et femme vont eux aussi au-devant d’une terre promise. La vie du couple ne sera ni à l’image de la famille de Monsieur, ni de celle de Madame… la « terre promise » du mariage devra être conquise, inventée, créée. Nous pouvons dire qu’il n’y aura pas de couples heureux sans cette recherche d’une identité nouvelle, d’habitudes nouvelles (jusque dans la cuisine !), de manières de vivre nouvelles… Bien sûr il y aura dans cette nouvelle création les apports de l’un et de l’autre, mais jamais uniquement le style de vie de Madame ou celui de Monsieur.

Plus important : il n’y aura pas de couple vraiment heureux sans que celui-ci ne réponde pleinement à l’appel particulier que Dieu lui adresse : nous avons à consulter Dieu en tout domaine avec confiance : enfants, travail, lieu d’habitation, entente, amis, voisins, église… Nous n’avons rien à imposer à l’autre mais à rechercher ensemble et à nous reposer en Dieu.

Notons encore 3 points : - Les époux ne peuvent bien quitter leurs parents que dans la mesure où ils se sont bien entendus avec eux. Dans le cas de mésententes, il faudra apprendre à pardonner à son père ou à sa mère.

- Quitter ne veut pas dire : laisser de côté les conseils des aînés, mais élargir le cercle de ses références !

- Enfin « quitter » n’est pas synonyme de « ne plus prendre soin de nos vieux parents », mais devenir soi-même directement responsable de sa famille devant le Seigneur.

S’attacher !
En général (pas toujours !) les épouses se plaignent de manquer de moments d’amitié avec leur conjoint. S’attacher c’est grandir en amitié ! Jésus dit : « Je ne vous appelle plus serviteurs, je vous appelle mes amis parce que je vous ai fait connaître tout ce que j’ai appris de mon Père. »(Jean 15 : 15). Quelle belle définition de l’amitié ! Pratiquer l’attachement dans le couple, c’est partager les joies et les peines, et c’est aussi partager la vie spirituelle, dire ce que l’on vit avec Dieu, ce que l’on reçoit de Lui.

Devenir une seule chair
Pour parler de la vie sexuelle, la Bible emploie le verbe connaître. Adam connut Eve ! C’est aussi le même verbe hébreu qui est utilisé pour parler de la connaissance que nous avons de Dieu. La vie sexuelle arrive au terme d’un chemin de communication ; ce devrait être une manière de « sceller » un acte de connaissance de l’autre.

Malheureux, ceux qui ne vivent pas les deux premières et indispensables étapes : ils sont voués tôt ou tard à être déçus : ce qu’ils pensaient être un sommet ne sera qu’une vallée et parfois un abîme… d’incompréhension. Et pour cause.

En conclusion
Ne devient-il pas urgent de mener une prière de combat pour que nos Églises deviennent des lieux où les chrétiens ne pensent plus de travers mais reviennent à la Parole de Dieu ?

Ne devient-il pas urgent aussi d’offrir une prière ferme et inspirée par la Parole de Dieu à tous ceux qui ont perdu le terrain des promesses ? Ne devons-nous pas, avec ceux qui se sont égarés et qui ont souffert des attaques du diviseur, travailler à reconquérir le pays promis !

Pour des informations sur le couple et la famille consulter le site:
http://www.oikos-famille.com


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