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N° 265 Avril 2013

La prophétie biblique et les derniers temps

Par Jean-Pierre Besse

De nombreux chrétiens hésitent à lire les livres des prophètes parce qu’ils ignorent à quoi ceux-ci font allusion dans leur époque. En outre, il n’est pas aisé de savoir à quel temps se rapportent les prédictions annonçant certains événements à venir. D’autres lecteurs au contraire, sont très friands de ces révélations parce qu’ils veulent à tout prix y voir des indications sensationnelles pour les quelques années où ils vivent.

Pour connaître dans quel contexte historique tel ou tel prophète s’est exprimé, il est nécessaire de lire leurs écrits en parallèle avec les livres des Rois et des Chroniques et, pour les prophètes tardifs, avec les livres d’Esdras et de Néhémie. Renseignez-vous sous quels rois ou dans quelle période le prophète que vous lisez a exercé son ministère. L’on comprendra alors beaucoup mieux leur message
1 !

Pour la question des temps visés par les prophéties, les lignes ci-dessous devraient vous donner quelques clés. Mais ne cherchons pas fébrilement des indications sur les nations actuelles en y plaquant artificiellement des images et des nombres qui sont à prendre le plus souvent dans un sens spirituel et symbolique, même si des réalités historiques concrètes sont bel et bien en jeu dans les temps derniers (= entre la première et la seconde venue du Messie Jésus).

Une clé pour comprendre les prophéties du premier Testament (AT)
Celles-ci se situent dans certains cas sur 2 ou 3 plans historiques à la fois que nous pouvons aujourd'hui distinguer :

1) Premier plan : l’époque où le prophète parle.
Les prophéties annonçant des événements se rapportant souvent d’abord à un futur proche par rapport au prophète qui parle et concernant Israël et les nations voisines : elles peuvent annoncer soit un événement heureux pour peu que le peuple et ses chefs placent en Dieu leur confiance2 ; soit des conséquences fâcheuses si la voie suivie est de retomber dans l’idolâtrie et l’injustice sociale. Le but, dans ce cas, n’est pas que la prophétie menaçante arrive, mais au contraire que le malheur annoncé ne se produise pas si le peuple se repent de son endurcissement et retourne à son Seigneur3! Mais hélas, ce ne fut pas toujours le cas. Dans ce sens, il est arrivé que l’une ou l’autre prophétie ait été l’équivalent d’un décret divin inéluctable parce que le mal avait atteint un point de non-retour : par ex. l’invasion annoncée des Assyriens sur l’Israël du nord (Ephraïm) en l’an 722 av. J.-C. s’est produite après bien des avertissements et des délivrances partielles : ce royaume a été anéanti et ses habitants déportés dans certaines nations voisines. On peut dire la même chose des dernières prophéties de Jérémie au royaume de Juda quant à l’invasion babylonienne et l’exil du peuple au début du 6ème s. av. J.-C.

2) Deuxième plan : un accomplissement plus général, plus lointain et plus profond. Certaines de ces prophéties annoncent en même temps une ère nouvelle, une alliance nouvelle avec des bases nouvelles, une libération plus radicale que celle de l’Exode. Elle annonce aussi la venue d’un Roi différent des autres, appelé souvent Messie ("fils de David") c’est-à-dire ”Celui qui reçoit l’onction directement de Dieu” et qui sera en même temps un Grand Prêtre parfait et durable (Ps.110). Il établira un nouveau régime plus efficace que celui de la Loi pour changer l’homme puisqu’il inscrira la volonté de Dieu à l’intérieur de ceux qui ont fait alliance avec l’Éternel. Ce plan-là nous concerne tous aujourd’hui, de toute nation, puisque rétrospectivement, nous y reconnaissons la venue de Jésus-Christ et du régime de la Grâce et du don de l’Esprit !

Pour ces deux premiers plans, nous pouvons vérifier aujourd'hui l'exactitude de ces prophéties par l'accomplissement de ce qu'elles annonçaient, parfois jusque dans les détails : par ex. la bénédiction des nations au travers de la descendance d’Abraham (Gen.12.1-3 : plus de 2 milliards de personnes concernées actuellement), la conquête de Canaan annoncée (Gen.12.7, etc.), les chutes définitives de Tyr et de Babylone (prophétisées par Esaïe et Jérémie, entre autres), l’exil de Juda et son retour partiel 70 ans plus tard (Jérémie, Ézéchiel), la venue d’un prophète précurseur du Messie (Esaïe 40, Malachie 4, on y reconnaît Jean Baptiste). Tous ces faits ont été annoncés et se sont réellement produits. Et surtout, nous voyons bien l’accomplissement de beaucoup de prophéties concernant Jésus comme ”Sauveur souffrant pour les pécheurs” et aussi comme ”Roi vainqueur de la mort et du péché”
4, l’annonce d’une ère de la grâce et du régime de l’Esprit prenant place à l’intérieur de l’homme régénéré5.

3) Le 3ème plan : notre futur, la fin de l'âge présent et le triomphe de l'ère à venir.
Ces prophéties annoncent ”Le Jour de l’Éternel” (par ex. Sophonie) : Il s’agit du triomphe de la Justice divine et du jugement de ceux qui l’auront refusée. La venue en puissance du Roi messianique y est annoncée ainsi que la gloire accordée aux siens à la fin de l’âge présent qui est le nôtre (Daniel). Au final : ”des nouveaux cieux et une nouvelle terre, une Jérusalem céleste” 6: on trouve souvent ces prophéties-là dans les derniers chapitres de la plupart des livres prophétiques7 La plupart des prophéties de ce 3ème plan ne sont pas encore accomplies et sont donc l'objet de notre foi dans l'espérance. Elles nécessitent beaucoup de prudence dans leur interprétation ! Certains ont voulu, à tort, schématiser d’avance les temps. Rappelons-nous que les religieux d’Israël n’ont pas reconnu Jésus, en partie parce qu’ils avaient codifié de manière trop rigide les signes permettant de reconnaître la venue du Messie. Donc prudence !

Nous sommes parfois déroutés parce que les plans 2 et 3 ci-dessus semblent désigner une même époque. C'est ainsi que la majorité des Juifs l'ont compris : quand Jésus est venu dans l’humilité et l'abaissement, comme un Serviteur sans pouvoir politique, mais comme l'agneau du sacrifice, ils n'y ont pas reconnu le libérateur oint (le Messie ou Christ, en grec). Les promesses prophétiques semblaient annoncer le rétablissement triomphal et glorieux du ”royaume de David” (interprété dans un sens nationaliste) ; or, elles ne se sont pas manifestées ainsi pendant le ministère terrestre de Jésus. De ce fait, les contemporains juifs de Jésus l’ont rejeté, en particulier dans l’aspect incontournable qui devait se produire en premier : l’abaissement volontaire de l’Agneau de Dieu immolé. Notons que la parfaite sainteté de Jésus et les miracles prodigieux, les délivrances et les guérisons qu’il accordait comme une anticipation du Royaume n’ont pas suffi pour la majorité, surtout dirigeante, du peuple.

Avec le recul que nous donne la première venue de J.-C., nous voyons que ces prophéties doivent être comprises comme se réalisant en deux temps distincts :
­ l'un se rapporte à une première révélation d'un Messie, souffrant et serviteur, tout à la fois souverain sacrificateur et Agneau mourant pour les péchés,

­ l'autre désigne l'Avènement final et définitif du même Sauveur messianique, mais cette fois dans la puissance et la gloire du Lion de Juda, du Règne de Dieu

Une comparaison : si nous avons l’occasion d’observer des chaînes de hautes montagnes au loin, nous pouvons avoir l’impression que deux montages sont voisines, apparemment sur le même plan, à la même distance, alors qu’en réalité elles peuvent être séparées par de larges et longues vallées. Il en est de même des prophéties par rapport aux époques. Les prophètes eux-mêmes ne percevaient probablement pas que de longues durées les séparaient.

Les prophéties du Nouveau Testament.
Elles ne peuvent évidemment plus faire référence aux deux premiers plans mentionnés plus haut. Elles ont trait au troisième plan :

soit pour parler des signes précurseurs de la fin, caractérisant les derniers temps : troubles, catastrophes et guerres, faux enseignants, faux prophètes, persécutions, apostasies (= rejet plus ou moins volontaire de la vérité révélée)
8...

soit pour annoncer l'avènement final du Seigneur, la résurrection des morts, l'enlèvement de l'Église, le Jugement dernier, la Jérusalem céleste descendant comme une Épouse préparée pour les Noces.

On trouve les signes précédant la fin dans les discours de Jésus sur les réalités dernières (discours dits ”eschatologiques”), surtout : Mat. 24, Marc 13, Luc 17 et 21. Chez les apôtres, voyez : Rom.11 ; 1Cor 15. 20-28 ; 2Thes. 2 ; 1Tm. 3.1-5 ; 1Jn. 2.18-19 ; Ap. ch. 6 à 10.

Les annonces de la chute de l'ancien monde et de l'avènement du Royaume dans sa gloire sont souvent présentes dans le langage imagé des apocalypses : l'Apocalypse de Jean tout spécialement, surtout les ch. 11 à 22. Il en est de même à la fin des discours eschatologiques de Jésus dans les 3 premiers évangiles, de même qu’en Actes 1.9-11 ; Rom. 8. 20-22 et ch.11 ; 1Cor. 15. 51-55 ; 1 Th. 4.13 à 5. 3 ; Héb.12. 25-27 ; 2Pi. 3.

Trois réalités prophétiques non répétitives, donc uniques, marquent le calendrier spirituel de la révélation biblique des derniers temps :

A) L'évangélisation de tous les peuples (littéralement ”ethnies”, concept plus précis et plus petit que les États - nations actuelles) : Mat.24.14 ; Mc.13.10. ”Cette bonne Nouvelle sera prêchée dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin”. C’est un grand défi, mais très réjouissant, propre à stimuler notre témoignage et la Mission !

Ces deux références sont très claires. Je les comprends comme l'occasion donnée par Dieu à chaque ethnie d'avoir pu prendre connaissance de la Bonne Nouvelle avant le retour du Seigneur :

­Par l’arrivée de missionnaires qui évangélisent et font des disciples

­Par la distribution des écrits bibliques si possible dans la langue de chaque ethnie

­Par le rayonnement de l’Évangile de certaines émissions radio - TV - réseaux Internet…

­Par l'implantation de communautés chrétiennes vivantes (même de simples ”cellules”) accessibles sans trop de difficulté.

On n'est plus très loin de ce but. Il reste encore quelques centaines d’ethnies non atteintes (en général petites), mais n’oublions pas que dans les nations déjà touchées, il y a encore d’immenses foules non atteintes ou qui ont oublié la connaissance de la Parole de Dieu, de Jésus comme Sauveur et Seigneur et de Dieu comme Père ! Au travail donc, avec et par le Saint-Esprit !

B) L'émergence de l'Antichrist mondial final :
2 Thes. 2. 3-12 ; Ap. 13. Voilà qui est plus sombre. Il s’agit de l’incarnation du "mystère de l'iniquité" révélé aux apôtres Paul et Jean ; cette puissance du mal trouvera sa réalisation finale dans ce que Paul nomme "le fils de la perdition”, ”l'adversaire qui s’élève contre”… (v. 3-4) et "l'homme du péché, l'Impie" (v. 8-9).

Cette révélation rejoint ce que Jésus, à la suite du prophète Daniel
9, nommait "l'abomination de la désolation”, le "Dévastateur"10. Ce temps est marqué par de faux prophètes, de faux miracles, de faux docteurs, même de faux messies et une persécution probablement mondiale (ce qui ne signifie pas qu'elle sévira partout en même temps !)

Jean dans sa première lettre nomme cet esprit menteur en voie d’incarnation : l'Antichrist
11. Il précise : ”il y a maintenant plusieurs antichrists… sortis de chez nous, mais ils n’étaient pas des nôtres…”. Il donne des critères pour différencier l’esprit qui les anime de l’Esprit du Christ (voir les ”suggestions pratiques”, plus bas).

Apocalypse : le ch.12 présente la victoire cosmique du Christ (l’enfant mâle né de la femme
12 et son allié l’archange Micaël) qui précipite le dragon, figure de Satan, du Ciel sur la Terre avec ses ”anges” (v.12). Surtout, le chap.13 évoque, sous le nom de la Bête, le double aspect de cette puissance ennemie du Christ et de son Église (représentée par la Femme protégée au désert), puissance ennemie qui cherche à trouver sur la Terre son représentant (contrefaçon diabolique du Messie, du Fils) :

1)" La Bête qui monte de la mer" : la mer des nations, en perpétuelle agitation comme les vagues, avec son pouvoir politique oppresseur visant le totalitarisme appuyé sur la force armée et financière et le contrôle policier.

2)” La Bête qui monte de la terre", appelée aussi "le faux Prophète"… elle est l'agent de propagande séductrice et religieuse de la première bête, avec une apparence rassurante (corne de l'agneau), mais au langage diabolique (celui du dragon). Elle est douée de la capacité de faire des prodiges surnaturels pour égarer les foules.

Cette Bête à double face exerce sa séduction mauvaise pendant 3 ans et demi symboliques (” un temps, des temps et la moitié d'un temps”) ou ”42 mois” ou encore ”1260 jours” (la moitié d’une semaine d’années).

Le "terrain spirituel" qui lui permet de régner est "la grande Babylone" (Ap.17-18) appelée aussi la ”grande Prostituée qui séduit les nations”. Rutilante dans son luxe, elle siège au bord des eaux des peuples, mais en réalité c’est un désert spirituel (ni grâce, ni vérité, ni vie), elle est assise sur le Dragon ! ”Prostituée” parce que, ayant eu l’occasion de se ”fiancer” à Jésus-Christ, elle a choisi de forniquer avec la Bête à laquelle elle finit par ressembler. Sa fin est déjà programmée puisque Satan et ses ”anges” ont déjà été vaincus et dépouillés de leur autorité à la croix (Col. 2.15, Phil 2. 6-11 ; Ap.12. 9-10). Mais son pouvoir prendra fin quand le Seigneur l'anéantira par le Souffle de sa bouche et par l'éclat de son avènement
13.

C) La conversion du peuple juif à Jésus-Christ : Romains 9-11.
C'est là encore un "mystère" 14 révélé à l'apôtre Paul (dont certaines prophéties de l’AT sont un écho). Cette prophétie de Rom.11 révèle ceci : si le peuple juif a été mis à l’écart pour un temps par son endurcissement contre Jésus, Dieu s’est servi de cette ”déchéance” pour permettre aux nations païennes d’entrer dans l’Alliance nouvelle en J.-C. (c’est le ”temps des nations”). Et inversement, quand la plénitude des élus issus des nations sera entrée, alors le Seigneur va réintégrer le peuple juif qui avait reçu le premier les promesses et les alliances15 (le frère aîné, l’olivier cultivé). ”Ainsi tout Israël sera sauvé” (v. 26 et 12). GLORIEUX !

« Or si leur chute (des Israélites) a été la richesse du monde et leur défaite la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi de leur complet relèvement (v.12)… Car si leur mise à l’écart a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration sinon le passage de la mort à la vie ? (v.15)
16 ».

Cet éclairage de haute révélation prophétique laisse entendre qu’il y a un lien étroit entre l’achèvement de l’évangélisation des nations en cours actuellement et l’illumination d’Israël concernant son Messie et le sens de son élection pour le monde. Cette coïncidence entre ces deux faits engendrera comme un ”passage de la mort à la vie” : la résurrection des morts ? La manifestation du Royaume de Dieu ? En tout cas une étape ou un accomplissement qui fera notre joie à tous !

Mais il nous faut prier pour que cela se produise, car il est possible de hâter
17 cette restauration universelle et la révélation des fils de Dieu18.

MARANATHA ! Le Seigneur vient ! VIENS SEIGNEUR JESUS ! (Avant-dernier verset de la Bible).

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NOTES
1 : Les Bibles d’étude aident beaucoup dans ce domaine. Vous pouvez acquérir ou télécharger gratuitement ”Aide ­ Conseils, Lire et Etudier la Bible” sur ce site dans la zone des téléchargements. Cet ouvrage contient un plan historique qui présente les livres bibliques dans leur contexte historique.

2 : Par exemple 1Rois 3.10-14 (Salomon) ; 20.13-29 (Achab) ; 2Chr. 20 (Jachaziel et Josaphat) ; 19.19-35 (Ezéchias) 2Chr.15.1-2, 7-15 (Azaria- Oded et le roi Asa)

3 : Voyez le livre de Jonas ch.3 ; 1R. 13.1-5 ; 17.1 ; 2R.17.13-15 ; 2Chr. 22.19-28 (Hulda et Josias) 

4 : cf. en particulier les "chants du Serviteur" d'Esaïe (ch. 42, 49, 50, 53), les Psaumes 16, 22, 110, 146 ; Zach. 9 ; 12.10, etc

5 : Jérémie 31-32, Ezéchiel 36-37, Joël 3, Michée 4, etc.
6 : Es. 65.17-18 ; 2Pi. 3.13

7 : En particulier chez Esaïe, surtout les ch. 35, 51-52; 54, 60-66, Jérémie 33, 51; Ezéchiel 36-37, 38-39, 47; les livres de Daniel, Joël et Zacharie dans leur partie apocalyptique finale.

8 : Plusieurs de ces annonces peuvent déjà être vérifiées aujourd’hui, en particulier la destruction du Temple de Jérusalem (en l’an 70) annoncée par Jésus 40 ans plus tôt.

9 : Dan. 7. 25-26; 9. 27; 11. 31

10 : Mt. 24.15 ss. et parallèles

11 : 1Jn 2. 18-23; 4. 3

12 : Israël (”concentré” en Marie mère de Jésus)

13 : 2Thes 2.8; Ap. ch. 19-21

14 : Rom.11. 25

15 : Rom.11.25-26 (cf. 9.4)

16 : Cf. aussi v.30-31

17 : 2 Pi. 3.12

18 : Rom. 8.19


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