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N° 233 Avril 2005

Tout est possible à celui qui croit

Par Jules Thobois

«Tout est possible à celui qui croit» (Marc 9 : 23).

Cette parole de Jésus est absolument sûre. Ce n'est pas une tromperie, ce n'est pas une promesse fausse.
Oui, tout est possible à celui qui croit au Seigneur, à celui qui croit en la Personne de Jésus. Tout est possible à celui qui croit au Fils de Dieu, venu de Dieu pour nous. Nous sommes conviés avec force par le Maître, par la Parole elle-même, à croire que Jésus veut et peut sauver, guérir, délivrer ceux qui se confient en Lui.

Dans l'Évangile, nous lisons l'histoire d'un père désespéré, dont le fils épileptique, est possédé par un mauvais esprit qui le jette souvent dans l'eau et dans le feu pour le faire périr. L'enfant tombe par terre quand l'esprit le saisit, il écume, grince des dents et devient tout raide (Matthieu 17 : 14-21).
Ce père a demandé aux disciples de chasser l'esprit et ils n'ont pas pu. Il se tourne donc vers Jésus lui-même qui vient de descendre de la montagne ou il a été transfiguré. Car ce père n'est pas sûr, après l'échec des disciples, que le Seigneur pourra faire quelque chose, d'où son appel suppliant: «Si toi, tu peux quelque chose, viens à notre secours, aie compassion de nous.»

Et Jésus lui dit: «Si tu peux ?... Mais tout est possible à celui qui croit.» Aussitôt le père de s'écrier: « Je crois, viens au secours de mon incrédulité. » Ce père découvre tout à coup l'amour et la puissance de Jésus qui chasse l'esprit impur. Le démon est obligé de quitter l'enfant. Jésus le libère, le délivre totalement, et le rend guéri à son pauvre père.

Ensuite, Jésus déclare à ses disciples: «
C'est à cause de votre incrédulité que vous n'avez pas pu chasser ce démon. En vérité, je vous le dis, si vous aviez de la foi comme un grain de moutarde, vous diriez à cette montagne: transporte-toi d'ici là, et elle se transporterait; rien ne vous serait impossible» (Matthieu 17:20). Voilà donc deux affirmations semblables que Jésus nous donne: «Tout est possible à celui qui croit», et «Si vous avez de la foi, rien ne vous sera impossible».

Accomplir l'impossible
L'Évangile, c'est cela: accomplir l'impossible; c'est l'impossible qui devient possible. En effet, tout ce que Jésus enseigne à ceux qui croient en Lui, ce sont des choses impossibles, l'impossible dans notre vie personnelle, d'abord, et puis l'impossible dans le domaine extérieur à nous-mêmes. A chaque page de l’Évangile, ce sont sans cesse des choses impossibles que Jésus nous propose d'expérimenter, des choses qu'il nous demande d'accepter dans la foi.

Le sermon des choses impossibles.
Le sermon sur la montagne n'est-il pas exactement cela ? le sermon des choses impossibles auxquelles Jésus nous appelle à souscrire.(Matthieu 5:39-48)

- Tendre la joue gauche quand on nous a frappé sur la droite.
- Prier pour nos ennemis.
- Faire du bien à ceux qui nous persécutent.
- Pardonner à ceux qui nous font du mal.

A ces versets s’ajoutent aussi les enseignements des apôtres que l’on trouve dans les épîtres :

Renoncer à nous faire valoir, et, au contraire, nous abaisser et nous faire serviteur de tous.

- Considérer les autres comme supérieurs à nous-mêmes.
- Repousser les tentations et résister à toute forme de mal.
- Faire passer l'intérêt général avant notre propre intérêt.
- Ne devoir rien à personne, si ce n'est de nous aimer les uns les autres.
- Apporter au Seigneur dîmes et offrandes avec joie.
- Accepter les humiliations sans murmurer.

Toutes ces choses ne sont-elles pas impossibles? Ce sont pourtant elles que Jésus nous demande d'accepter dans notre vie personnelle, avec bien d'autres encore et toutes plus impossibles les unes que les autres.

Vous me direz: il est impossible aux hommes de réaliser de telles demandes! Et pourtant, ami lecteur, ce sont ces choses impossibles que Jésus veut rendre possibles dans chacune de nos vies.

L'impossible dans ton expérience personnelle
Oui, en tout premier lieu, as-tu la foi, crois-tu que Jésus veut t'aider à réaliser l'impossible dans ton expérience personnelle? Or, la plupart du temps, quand les hommes pensent aux choses impossibles qui devraient s'accomplir par la foi, ils ne songent pas du tout aux obstacles qu'il faut renverser dans leur vie intérieure, dans leur vie personnelle. Les hommes ne pensent pas aux montagnes d'orgueil, aux montagnes d'égoïsme, aux montagnes de convoitise et de péché qui sont dans leur coeur, et auxquelles il faudrait dire dans la foi au Seigneur, «
jetez-vous dans la mer, afin que nous devenions fils de notre Père qui est dans les cieux. »

Oui, nous refusons facilement cet « impossible » qui concerne notre vie personnelle, car nous avons le sentiment que, si cet impossible s'accomplissait, c'est-à-dire pardonner, aimer, supporter, partager, nous serions plus ou moins lésés.
Aussi,
quand il est question de réaliser l'impossible, beaucoup de gens, et même des chrétiens, pensent à des manifestations extérieures, spectaculaires, miraculeuses, prodigieuses: marcher sur les eaux, apaiser la tempête, guérir !es malades, et même ressusciter les morts...

Certes, ces choses impossibles sont mentionnées dans l'Évangile, ce sont des oeuvres miraculeuses, extérieures, visibles. Et voici que Jésus les a faites, ces oeuvres miraculeuses, et nous sommes prêts à les faire à notre tour, Nous les recherchons même d'autant plus que cela ne nous lèse pas du tout, mais contribuerait à notre gloire personnelle.

Et voilà que, dans ce domaine extérieur, très peu de grandes choses se produisent. Nous espérons et croyons à l'impossible sans douter, et pourtant l'impossible tarde à s'accomplir. Ce retard dans les manifestations miraculeuses visibles, n'est-il pas dû à une chose que nous n'avons pas prise suffisamment au sérieux?

Ne serait-ce pas que nous n'avons pas été assez vigilants dans les miracles de la vie intérieure, que nous n'avons pas voulu suffisamment l'impossible dans notre coeur?

Alors Dieu ne manifeste pas non plus l'impossible dans les oeuvres miraculeuses. Tel est le sens de son reproche dans la prophétie de Malachie 3: 10, qui peut être développée ainsi:

Mettez-moi à l'épreuve dans votre vie intérieure
Laissez le Saint-Esprit vous transformer par l'oeuvre miraculeuse de la croix et devenez obéissants et fidèles dans ce que je vous demande. Et vous verrez si je n'ouvre pas sur vous les écluses des cieux, si je ne répands sur vous la bénédiction en abondance. (Malachie 3: 10) Non, la main de Dieu n'est pas trop courte pour bénir,
mais l'attitude de notre coeur empêche son bras d'agir. Vous manquez de foi, disait Jésus à ses disciples, mais le manque de foi se manifeste aussi par un manque d'amour, de pardon, d'humilité, de consécration, de soumission.

Il suffit que quelqu'un garde de l'amertume dans son coeur contre un frère pour que le bras de Dieu retombe, comme s'il était paralysé. Il suffit qu'un membre du Corps de Christ soit infecté par quelque souillure, pour que tout le corps souffre et que Dieu ne puisse bénir autant qu'il le voudrait. Il suffit d'une petite fissure dans une digue pour que les flots de la mer la pénètrent et finissent par la renverser et tout envahir.

Mais, au contraire, si nous voulons, chacun pour notre part et tous ensemble, accepter les miracles de l'amour, du pardon, de l'unité, de l'humilité, de l'obéissance, de la fidélité, de la pureté dans nos vies personnelles et dans la vie du Corps de Christ - si nous désirons l'oeuvre miraculeuse de Jésus dans nos coeurs et dans notre être intérieur - alors les signes, les prodiges, les miracles que nous attendons ne tarderont pas à paraître et à manifester visiblement la gloire du Dieu vivant.

Voulons-nous former la cohorte de ceux qui, non seulement prient pour des miracles, mais qui croient de tout leur coeur à l'oeuvre miraculeuse de Jésus dans leur vie intérieure ? Voulons-nous être de ceux qui acceptent que le Seigneur agisse jusqu'au plus profond de nous, pour que sa gloire soit préparée, comme elle doit l'être, non comme une façade, mais comme une réalité profonde et véritable?


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