TEMOIGNAGE
T1-208
FOI ET BROUILLARD
Charles Inglis, lévangéliste bien connu, racontait volontiers lhistoire suivante: "Lorsque je me rendis en Amérique pour la première fois, je me trouvai sur un navire dont le capitaine était un chrétien très fidèle. Lorsque nous eûmes passé Terre-Neuve, il me dit: Monsieur Inglis, la dernière fois que je naviguai ici, il y a cinq semaines, il se passa une chose tout à fait extraordinaire qui révolutionna toute ma vie de chrétien. Jusqualors javais été un chrétien quelconque. Nous avions un homme de Dieu à bord, Georges Müller, de Bristol. Je métais tenu sur le pont pendant les dernières vingt-quatre heures sans le quitter, lorsque je sentis quelquun me taper sur lépaule. Cétait Georges Müller.
-Capitaine, dit-il, je dois être à Québec dimanche après-midi. Cétait mercredi.
-Impossible, répondis-je.
-Très bien; si votre navire ne peut pas me transporter, Dieu trouvera un moyen de locomotion pour my amener. En cinquante-sept ans, je nai jamais manqué un engagement.
-Je vous aiderais bien volontiers, mais comment le pourrais-je? Je suis impuissant.
-Descendons dans votre cabine et prions.
Je regardai cet homme tout en me demandant à moi-même de quelle maison de santé avait pu séchapper ce déséquilibré.
-Monsieur Müller, dis-je, vous rendez-vous compte de la densité du brouillard?
-Non, répliqua-t-il, mes yeux ne sont pas sur la densité du brouillard, mais sur le Dieu vivant, qui contrôle toutes les circonstances de ma vie.
Puis il se mit à genoux et prononça une prière des plus simples. Je me disais: "Voilà qui conviendrait à une classe denfants de huit ou neuf ans. Cette prière disait à peu près ceci: "0 Seigneur, si telle est ta volonté, dissipe, je te prie, ce brouillard en cinq minutes. Tu connais lengagement que tu as toi-même préparé pour moi à Québec pour dimanche. Je crois que cest ta volonté.
Quand il eut terminé, je mapprêtais à prier, mais il mit sa main sur mon épaule et me dit de ne pas le faire.
-Premièrement, ajouta-t-il, vous ne croyez pas que Dieu le fasse; et secondement, je crois quIl la fait. Il nest donc nullement nécessaire que vous priiez pour la même chose.
Je le regardai, et Georges Müller me dit :
-Capitaine, voici cinquante-sept ans que je connais le Seigneur, et pas un seul jour je nai manqué davoir un entretien avec le Roi. Levez-vous, Capitaine, et ouvrez la porte, vous verrez que le brouillard sest dissipé.
Je me levai, sortis, le brouillard avait disparu. Le dimanche après-midi, Georges Müller était à Québec.
LE LIEN DES CELLULES DE PRIERE