C2-205
Confesser ses fautes !
par Charles-Louis Rochat
Celui qui cache ses transgressions ne prospère point, Mais celui qui les avoue et les délaisse obtient miséricorde. (Proverbes 28:13)
De ce verset dintroduction ressort limportance de la confession. Voici un sujet particulier pour notre "Lien". Ne risque-t-il pas de mettre en évidence certaines divergences au sein de la chrétienté?
En effet, sans entrer dans une inutile et stérile comparaison théologique, on doit quand même mentionner deux idées reçues tenaces:
1.La confession implique la notion du confessionnal. Elle est ressentie parfois dans un sens péjoratif sous-entendant une petite dérision: "Aller à confesse", implique lidée dune cage grillagée doù lon nous extorque des aveux pénibles, mais avec la compensation dune sorte de "remise à zéro du compteur". Le pardon ayant été accordé, on repart gaillardement dans la vie!
Nous savons bien que cette caricature, ne correspond en rien
aux sentiments réels de beaucoup
de pratiquants. Mais il faut aussi reconnaître que pour dautres,
cest un rite ayant perdu son sens originel.
2. À lopposé, dautres, pensant jouir
dune ligne directe avec Dieu le Père, simaginent être
dispensés de toute oreille humaine pouvant intercepter ce quils
auraient à "avouer". Sil peut y avoir des
moments destinés à la confession, cest plutôt dans
le contexte liturgique de loffice religieux.
Abrégeons des propos risquant dentraîner de malsaines comparaisons partisanes; laissons plutôt parler lÉcriture.
Le passage proposé se trouve dans la description dun important réveil religieux à Ephèse, suite au ministère de lapôtre Paul:
Actes 19: à lire dès le v. 13. Suite au v. 18: Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce quils avaient fait. Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces dargent. Cest ainsi que la parole du Seigneur croissait en puissance et en force.
Ce texte dynamique nous indique demblée que la confession ne relève pas de diverses "sensibilités" religieuses; elle est à la base de la réelle relation normale de tout chrétien avec son Sauveur. Sapprocher de Dieu, lui donner son cur, recevoir le pardon et lassurance du salut implique dès le départ la confession des péchés. Cela ressort avec encore plus de force dans lépître de Jean:
1 Jean 1: 7-9: Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous navons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité nest point en nous.
Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité.
Ces paroles éclairantes devraient pouvoir être qualifiées de définitives. Malheureusement lobservation nous montre que pour nombre de personnes, rien nest clair ni définitif.
Les causes cachées de la médiocrité.
Il est certain que la marche titubante du christianisme actuel est largement imputable à labsence dune véritable confession des péchés.
On est devenu chrétien comme on aurait adhéré à un parti politique ou une société quelconque ou un club!
Certes, le désir de suivre Dieu et de lui être fidèle existe, mais on na pas pris le temps et la peine de régler la question du péché.
Le message de lévangile accommodé à la sauce de notre époque nest guère contraignant. Bien sûr, conformément à lÉcriture, Il insiste judicieusement sur la grâce dun Dieu qui nous aime, et la joie et la paix quil donne. Accepter Jésus comme "Sauveur personnel", procure donc un grand bonheur, voire parfois la réussite et la prospérité ou des tribulations!
Mais tout cela est néanmoins dramatiquement incomplet! Le pardon est absolu pour autant que nos péchés soient confessés!
Les exigences de Dieu sont précises.
On dit parfois: "péché confessé est
à moitié pardonné". Mais à cette boutade lÉcriture
répond:
Péché pas ou à moitié confessé nest
pas pardonné.
Comprenez ceci par la lecture de quelques passages:
Le Ps. 32; le Ps. 51, (en relation avec la faute de David); Dan. 920; Marc 15; Jacq. 516 etc. En fait, tout le culte judaïque est orienté sur la recherche de la rédemption après que le prêtre ait confessé les péchés du peuple.
Nous nous bornerons à aborder ici laspect personnel de la confession individuelle. Mais attention de ne pas se méprendre.
Idée dun aveu.
Lévocation de la faute de David dans le Ps. 51 fait suite à lintervention du prophète Nathan dévoilant son péché. (2 Sam. 12)
Une très mauvaise compréhension de la confession serait de lenvisager sous la forme dun aveu arraché. Tant quun péché peut être dissimulé, on sen accommode; ce nest que lorsque nous sommes découverts que lon passe à la confession! Malheureusement, nombre de personnes dissimulent une importante face de leur existence, tout en offrant une apparence de piété pour leur entourage.
Dans lÉvangile, on lit avec quelle verve Jésus sen prend à cette hypocrisie, le plus souvent dissimulée sous un vernis religieux. De même aujourdhui, dans ce que lon appelle lÉglise, existe hélas un formidable amas de mensonges, magouilles, infidélités conjugales, vices et passions impures, pratiques occultes, spiritisme, fétichisme etc.
On apprend avec consternation que des gens auxquels on "aurait donné le Bon Dieu sans confession" sont en fait sous lemprise du péché. Telle personne que lon portait aux nues savère soudain être impliquée dans un scandale! Cela fait "blasphémer les ennemis de lÉternel". Il est vrai que dans le monde public, chaque jour apporte son contingent, "les affaires" comme on dit aujourdhui. Mais Jésus dit: "Quil nen soit pas de même parmi vous!"
Jeter le premier la pierre!
Sil est facile de débusquer et dénoncer tous les désordres, cela ne sert pas à grand-chose, sinon faire jaser. Et le véritable fauteur de trouble, Satan laccusateur est plutôt honoré que lon parle tellement de son travail.
Notre propos sur la confession ne veut donc rien avoir dun procès où se côtoient juges, dénonciateurs et plaignants. De toute façon, le verdict est déjà prononcé; cest la peine capitale. Tous ont péché. Même si lon na pas transgressé les préceptes de la loi morale du décalogue, (tuer, voler, commettre adultère etc.) on a négligé le premier et le plus grand commandement: "Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force." (Marc 1230).
Un avocat!
Jean assure que nous avons en Christ un avocat auprès du Père (1 Jean 21). Nous ne pourrions être mieux défendus! Mais Dieu ne revient pas pour autant sur la sentence; elle est appliquée, lexécution a eu lieu, Jésus sétant offert Lui-même en rançon; cest Lui que lon a exécuté sur la Croix. (1 Jean 22).
Nous rappelons ici ce drame de la rédemption pour démontrer
le rôle capital de la confession. Les péchés que nous confessons
sont "effacés", lacte de condamnation étant cloué
à la croix, (Col. 213-15). Le terme "deffacer" est de
la plus haute importance. Il nimplique pas de fâcheuses séquelles,
ce qui serait le cas si Dieu se bornait à "biffer" ce qui a
été mauvais dans notre vie. Que penseriez-vous si dans votre portrait
écrit on trouvait lexpression: "Cétait
un fieffé menteur"!
Certes, on la rayé, mais nest-ce pas plutôt que lon a souligné trop haut?! Jésus a effacé; Il décrit le menteur racheté et guéri par: "Il aime la vérité"!
La conviction de péché.
Or Jésus, notre Avocat nous annonce le ministère du Saint-Esprit, le Consolateur, nous conduisant dans la vérité. Nous nentrons donc pas dans un processus daveux forcés parce quon est dévoilé devant un tribunal. Notre époque nest pas avare de grands procès, avec attitudes grandiloquentes. La culpabilité est certaine, mais il y a presque inversion des valeurs. On appelle bien ce qui est mal, et mal ce qui est bien! (Es. 520)
Par contre, la juste confession chrétienne sera le fruit du travail du Saint-Esprit:
Jean 168: Et quand il sera venu, il convaincra le monde de péché, et de justice, et de jugement:
Elle nest pas le fait du remords ni dune contrainte à cause de la détérioration de notre image. Sauver la face découle de la chair, de lorgueil, pas du travail du Saint-Esprit.
Lorsque nous passons par la conviction de péché, nous ressentons globalement notre état général de pécheur. Le fardeau de notre péché, dont nous prenons conscience nous écrase. Ayant péché toute notre vie, on ne peut tout évoquer à la fois. Mais nous sommes invités à tout déposer à la croix. Le pardon reçu est global. Jésus en effet a porté le poids du péché de toute lhumanité et sest écrié: "Tout est accompli!"
Il en résulte une grande libération, et nous devenons vraiment enfants de Dieu. Jésus nous a acceptés tels que nous étions. Mais pas pour nous garder dans létat où il nous a accueillis! Il va nous changer. Et après la confession du péché, le Saint-Esprit va nous conduire dans la confession des péchés!
Ils confessèrent tout ce quils avaient fait. (Actes 19:18b)
Nous avons commis les péchés un à un, Il est donc parfaitement logique et normal de les confesser isolément. Toutefois, on doit les différencier, non pas tant pour savoir sils sont grands ou petits, graves ou "mignons". Devant la Sainteté de Dieu, ils sont tous également abominables.
Par contre on distinguera ceux qui ont des conséquences vis-à-vis de notre prochain. Dans divers cas, (vol par exemple), la confession ne sera pas complète sans restitution. Tels péchés contre Dieu seul sont à confesser à Dieu seul. Mais, toute une variété de péchés sont à confesser aussi aux hommes et devant eux. Il est impossible dentrer ici dans toute la description de ce qui doit être fait. Dans certains cas, il sera utile et même nécessaire davoir recours à de laide spirituelle. Mais il faudra veiller à ce que tout demeure dans la stricte confidentialité. On a vu parfois des étalages malsains, où la confession publique devient un moyen de se mettre en évidence et de se glorifier! Cela sonne faux. Celui qui passe par une authentique repentance éprouve dès lors de la haine pour le péché, bien que gardant tout son amour envers le pécheur!
Le pardon divin revêt un aspect définitif. Mais cela ne veut pas dire que tout a été réglé de notre côté. On peut se rendre compte en cheminant, que le malin a encore des droits, à causes de péchés non confessés. Cela savère particulièrement avec les séquelles de pratiques occultes, où subsistent des pactes avec lennemi. Il peut donc y avoir dans notre vie, même bien après notre conversion, des mises en ordre demandées par le Saint-Esprit.
Si tel est le cas, il faut éviter de paniquer en remettant tout en question. Nombre de problèmes découverts au cours de notre cheminement ne signalent pas une reculade, mais tout simplement lacquisition dune plus grande maturité et un meilleur discernement. La chose sombre que lon découvre nest pas nouvelle, mais elle était jusqualors cachée par une autre plus grosse, maintenant éliminée.
Il nest pas rare de devoir confesser des péchés très anciens, complètement oubliés, surgissant soudain sous le projecteur du Saint-Esprit! Il suffit alors de le confesser selon les directives du Seigneur. On enlèvera ainsi toute possibilité à laccusateur de planter une culpabilité lancinante. On évitera dentrer dans le processus erroné de faire pénitence. Au contraire la confession honnête et sans contraintes désarmera les puissances de lenfer, là où règne le prince du mensonge!
Pas un système!
Il est important de mettre en garde contre une systématisation. Nos expériences profondes sont personnelles, donc pas normatives. Ce que nous vivons ne saurait devenir une méthode applicable aux autres!
Dans notre époque de médiatisation intense, beaucoup de témoignages pourraient, pour des personnes sensibles, être perçus comme un passage obligé, une sorte de marche à suivre, engendrant de graves troubles dintrospection maladive. Ne passez pas votre temps à vous creuser la tête pour savoir quel péché vous pourriez encore avoir commis. Rassurez-vous: même si vous navez ni tué ou commis un hold-up, vous avez transgressé le premier et plus grand commandement, par conséquent commis le plus grand péché! Nous sommes sauvés par grâce; cette certitude nous abrite dune autre méprise: celle du salut par les uvres.
Quand David se creusait la tête, cétait pour se demander quel bien il pourrait encore faire aux descendants de Jonathan! (2 Sam. 91) La joie de savoir nos dettes payées devrait en toute logique nous conduire à la bienveillance envers notre prochain. Le rôle de lEsprit Saint conduisant progressivement à léradication complète du pouvoir du péché dans nos vies engendre une attitude sereine procurant et produisant la paix.
Remarque: Nous avons abordé le thème de la confession nous en tenant à la signification la plus classique du terme: Avouer son péché, mais avec la joie de se savoir pardonné.
Un terme revenant parfois dans loriginal grec (par ex. 1 Jean 19) est celui d"homologeo" ayant donné homologuer en français, ce qui souligne laspect de conformité!
Il existe encore plusieurs autres significations où la confession nimplique pas même le péché, mais tout simplement le credo ou le témoignage. Paul cite à Timothée: Sa belle confession. Parfois le terme utilisé est plutôt "Professer".
Cela implique une très grande limpidité, labsence de masque. Une relation détendue.
Conduit à des propos ouverts et joyeux, où lêtre se montre dans toute sa vérité.
Ps. 171: Prière de David. Éternel! écoute la droiture, sois attentif à mes cris, Prête loreille à ma prière faite avec des lèvres sans tromperie! Que ma justice paraisse devant ta face, Que tes yeux contemplent mon intégrité!
Ps. 17: 3: Si tu sondes mon cur, si tu le visites la nuit, Si tu méprouves, tu ne trouveras rien: Ma pensée nest pas autre que ce qui sort de ma bouche.
LE LIEN DES CELLULES DE PRIERE